Entreprendre, un risque savoureux

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(Crédits : Acteurs de l'Economie)
Le risque, les patrons créateurs/repreneurs le connaissent bien, puisqu'il est l'acte même d'entreprendre.

C'est d'ailleurs souvent en réaction aux scléroses imposées dans les organisations traditionnelles que les « quadras » désertent l'entreprise et décident d'entreprendre. «Ils veulent se mettre dans un risque qu'ils n'ont pas exercé pendant leur carrière, ou que l'organisation n'a pas reconnu, ou encore qui a servi l'intérêt d'une hiérarchie peu exemplaire » observe Bénédicte Haubold, directrice d'études chez Entreprise & Personnel. Ces rebelles, lassés d'être bridés, recherchent un «sens » à leur existence professionnelle, que les risques nouveaux qu'ils vont devoir emprunter sont susceptibles de nourrir. Et que leurs emplois précédents en entreprise étaient incapables de construire. Cette réorientation, Bénédicte Haubold l'a elle-même choisie : «Après avoir travaillé huit ans en entreprise, j'ai senti que je ralliais la logique de sécurité et de conformisme car c'est elle qui allait servir le mieux mon intérêt dans l'entreprise. J'ai alors décidé de franchir le pas et de m'installer en libérale ».
Le particularisme du « risque entrepreneurial » est qu'il est anticipé, initié, circonscrit par son auteur. Au contraire de celui, incontrôlable et protéiforme, qui s'exerce sur les salariés des entreprises. Et qui produit un stress et un sentiment de précarité d'autant plus anxiogènes qu'il est souvent brutal, imprévisible, et qu'il échappe à toute maîtrise. Frédéric Julia goûte cette différence depuis qu'il a repris en 2005 la société Strucore, fabricant grenoblois de panneaux thermoplastiques en nid d'abeilles. « Ma carrière chez Rhodia, qui a duré vingt ans, a été interrompue par les restructurations ; puis j'ai exercé dans une entreprise japonaise qui doublonnait tous les postes et prenait des décisions de manière irrationnelle. Enfin, j'ai travaillé dans une PME familiale dont j'ai été évincé au seul motif que je ne plaisais plus à l'humeur du patron. La principale vertu du « risque entrepreneurial» est que l'on en contrôle une grande part. Surtout, il est au service d'une cause qu'on a choisie».

Cette distinction des risques, Michel Coster, directeur du Centre des entrepreneurs d'EM Lyon, l'élargit à l'exercice des fonc¬tions. «Au contraire du manager, qui est l'optimisateur d'un existant et doit conduire une mission d'un point  A à un point B connu, l'entrepreneur est un défricheur et écrit sur une page blanche. Ce type de binôme est d'ailleurs très efficace pour piloter une entreprise nouvellement créée». Les entrepreneurs doivent avoir pour particularité de ne pas être effrayés par le vide. Et d'aborder le risque de manière rationnelle. 

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