Comment l'aéroport Grenoble Alpes Isère veut s'affirmer

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(Crédits : DR)
Bientôt deux ans après le changement de majorité au conseil départemental de l'Isère, la nouvelle équipe conduite par Jean-Pierre Barbier (LR) a multiplié les annonces concernant l’aéroport de Grenoble. Nouveau nom, nouveau terminal… Le nouveau président ne s’en cache pas : il croit désormais à l’avenir de cet aéroport. Et capitalise sur un positionnement complémentaire avec les aéroports de Lyon et Chambéry, eux aussi gérés par le délégataire Vinci.

Avec 310 000 voyageurs en 2016, l'aéroport Grenoble Alpes Isère (ex-Grenoble Saint-Geoirs) serait-il sur une nouvelle lancée ? C'est en tous les cas ce que défend son principal actionnaire, le conseil départemental de l'Isère, qui a pris le dossier de cet aéroport à bras le corps, avec l'objectif de doper son activité. Il mise sur une augmentation du trafic voyageurs de 8 % cette année, alors que le chiffre d'affaires de l'aéroport avait chuté entre 2014 et 2015, de 8,2 millions à 7,7 millions d'euros.

La majorité précédente, conduite par le socialiste André Vallini, avait indiqué qu'elle se prononcerait fin 2015 sur l'avenir de cet aéroport -qui emploie 50 permanents, 300 saisonniers et 600 emplois indirects-. Le nouveau président du département, Jean-Pierre Barbier (LR), a quant à lui affirmé qu'il n'existait "plus de doutes".

"Cet aéroport est pour nous un vecteur important de tourisme en Isère, et donc de notre économie", estime Jean-Claude Peyrin, vice-président du département aux déplacements.

A son arrivée, l'équipe a relancé les discussions avec les délégataires, annonçant la livraison d'un nouveau plan de travaux de 800 000 euros pour un nouveau terminal de 400 m² sur deux étages et de 1,5 million d'euros pour une nouvelle salle d'embarquement. Ces travaux ont été financés à 80 % par le département, le reste étant à la charge du délégataire, Vinci aéroports.

"Nous avons désormais un terminal d'affaires qui n'a à rougir devant aucun autre, avec un salon moderne et pas moins de quatre espaces d'attente", clame le vice-président.

Une activité saisonnière

Bien que la clientèle d'affaires représente encore un faible pourcentage de l'activité (environ 19 %), le département compte sur l'essor de cette clientèle pour doper les résultats de cet aéroport, dont la première mission reste de servir les stations de sports d'hiver.

"L'hiver est la période charnière, où l'on peut enregistrer jusqu'à 50 vols le samedi, et 25 le dimanche, contre 3 vols par semaine en été", explique Bassma Jarbouai, directrice de l'aéroport de Grenoble.

La clientèle d'affaires représente donc un axe de développement, au même titre que d'autres pistes comme la venue de nouvelles compagnies offrant de nouvelles destinations. "Notre particularité est que nos contrats sont souvent saisonniers et doivent donc reconduits d'années en années avec les compagnies", rapporte la directrice.

Sept nouvelles destinations en 2017

"Nous travaillions notamment avec Easy Jet, Ryanair, British Airways, Monarch", cite en exemple Bassma Jarbouai. L'objectif ? Augmenter le nombre de passagers en toutes saisons, mais aussi desservir de nouvelles destinations. "Nous avons cette année sept nouvelles destinations avec la Pologne, La Lituanie, la Belgique ainsi que deux nouvelles villes du Royaume-Uni. En cela, les conditions tarifaires que l'on offre par passager doivent être très attractives", rapporte Jean-Claude Peyrin.

Pour renforcer l'activité, notamment sur la période estivale, le département ouvre la possibilité à l'aéroport d'appliquer si nécessaire, des réductions aux compagnies sur les taxes gouvernementales. Ainsi, le montant maximal de compensation que peut apporter le Département à l'aéroport a été augmenté via un avenant passé au contrat de DSP. Parmi les pistes envisagées, l'aéroport vise aussi à relier des destinations plus "traditionnelles", comme le Maroc, la Grèce, la Turquie, la Sardaigne ou encore les Baléares, et ce, tout au long de l'année.

Le positionnement face à Lyon

Pour asseoir ce vent de renouveau, le département a misé sur un nouveau nom, qui incarne le nouveau positionnement. Et compte également s'appuyer sur le lancement de sa nouvelle marque territoriale, Alpes Is(h)ere, lancée début janvier. "Cela nous permet de gagner en visibilité et en attractivité", souligne le département.

Face à son voisin lyonnais, Grenoble Alpes Isère se positionne surtout "en complémentarité". Vinci venant de reprendre la gestion de l'aéroport de Lyon, l'idée n'est pas du tout d'aller essayer de leur prendre des lignes. "Nous avons notre place et notre identité, en étant l'aéroport qui sert Grenoble et le massif isérois alpin", note Jean-Claude Peyrin.

Pour Bassma Jarbouai, la reprise de Lyon étant intervenue en octobre dernier, "il est encore trop tôt pour parler des synergies qui pourraient se faire". Mais elle précise que Vinci a désormais la gestion de plusieurs aéroports en Auvergne Rhône-Alpes : Grenoble, Chambéry, Lyon, Clermont-Ferrand.

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"Il est d'ailleurs méconnu que nous sommes aussi une piste de secours pour Lyon quand il y a trop de brouillard ou de vent", glisse Jean-Claude Peyrin. Le vice-président nourrit d'ailleurs des espoirs à plus long terme... "Il existe encore de belles marges d'évolution, et même des options de complémentarité le jour où Lyon sera saturé... Par les temps qui courent, une piste supplémentaire n'est pas si facile à trouver".

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