Stress : les sept facteurs de tension en entreprise

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(Crédits : DR)
Quand on parle du monde de l'entreprise, les termes de bien-être, qualité de vie au travail ou encore bonheur ne cessent de revenir. Plus que de simples expressions à la mode, ce sont aujourd'hui de réels enjeux pour les managers et dirigeants. Mais lorsque l'on aborde ce genre de sujet, il est indispensable de ne pas penser à leur opposer, cet élément source d'inconfort de mal-être en entreprise : le stress. Patrick Leconte, président-fondateur de TTI Success Insights France, explique pourquoi.

Aujourd'hui, le problème avec le stress c'est que l'on en a tellement parlé que l'on n'ose plus le faire. Ou alors que l'on ne souhaite plus. Pourtant, nous connaissons tous quelqu'un qui se dit "stressé au travail", voire pire qui a connu un burn out. Du coup, plutôt que de véritablement pointer du doigt le problème, on préfère mentionner ce qui se passerait s'il n'existait pas. Seulement, nous ne sommes pas dans un monde utopique où tout va bien constamment. Pour passer un obstacle, il ne faut pas l'éviter, mais trouver le moyen de le franchir.

C'est pourquoi, il est indispensable de mettre des mots sur le mal-être de ses collaborateurs et de comprendre ce qui le crée. Parler de solutions est une chose, comprendre pourquoi elles sont nécessaires en est une autre.

Les sept facteurs de stress

Quels éléments peuvent être à l'origine du stress d'un collaborateur/collègue ? Nous sommes tous uniques et avons donc tous des zones d'inconfort différentes. Ainsi, on distingue sept situations récurrentes et génératrices de stress :

  • La charge de travail est inadaptée pour le salarié, il est noyé sous ses tâches. "Sous l'eau", il n'arrive pas à répondre à ce qui lui est demandé, la définition des postes peut être à redéfinir, ou la charge de travail à revoir. Il s'agit du stress généré par la demande.
  • Le salarié entreprend de nombreux projets et initiatives pour contribuer à l'entreprise. Malgré son investissement, il connaît une grande frustration de ne pas voir son travail récompensé comme il se doit. On parle alors de stress lié à l'équilibre entre efforts et récompenses.
  • L'employé a de nombreuses responsabilités au sein de son équipe. Mais le rôle est trop pesant pour lui, l'empêchant de s'épanouir et d'être efficace. Il n'arrive pas à gérer et à contrôler son environnement. On fait face à un stress dû à un manque de contrôle.
  • L'organisation interne a été redéfinie, les rôles sont changés. Le leadership s'en ressent, créant du malaise pour les équipes qui n'arrivent pas à se faire aux bouleversements connus par l'entreprise. Il est ici question d'un stress causé par le changement d'organisation.
  • Une pression démesurée est imposée par un responsable de l'entreprise sur un (ou plusieurs) collaborateur. Ce dernier en souffre et son travail s'en ressent. C'est ce qu'on appelle un stress créé par le manager.
  • Le salarié a beau travailler en équipe, il ne se sent pas soutenu par ses collègues. Isolé, il est en situation d'inconfort qui l'empêche d'être efficace dans ses tâches, mais surtout qui le rend profondément malheureux. C'est un stress engendré par le manque de soutien.
  • L'employé ne parvient pas à transformer ses acquis, a du mal à valoriser ce qu'il a pu faire. Il est incapable de se demander "que ferai-je si je ne fais plus partie de l'entreprise demain ?". On peut appeler ça un stress lié à la sécurité de l'emploi.

Pourquoi aborder le sujet ?

Quel est l'intérêt de parler d'un sujet que personne ne veut entendre ? Tout simplement parce que c'est une porte d'entrée vers un environnement plus sain. Bien-être et stress sont indissociables, alors arrêtons de privilégier l'un et d'occulter l'autre. Il ne faut plus avoir peur des questions que ces deux termes peuvent soulever. C'est en comprenant ce qu'apporte la tension, qu'une équipe pourra aller sur le chemin de l'épanouissement. Mais cela implique un réel travail et l'implication de tous.

Leadership, cohésion d'équipe, performance, les résultats en valent réellement la peine. À condition de s'en donner les moyens.

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Commentaires
a écrit le 06/12/2016 à 19:05 :
7 facteurs de stress!!
Visiblement le statut de salarié n'est plus le Graal qui fait rêver !!!
Heureusement, l'avenir est plus radieux avec les nouvelles formes de travail qui émergent.
Plutôt que l'amélioration d'un système de salariat qui a atteint ses limites quelques soient les "bonnes idées" que peuvent apporter d'éminents consultants!

Pour preuve la génération Y et maintenant la génération Z sont de plus en plus adeptes de nouveaux schémas dans leur relation au travail, qui les rendent plus heureux.
Evolution vers un système de "fournisseur-apporteur de service" (accessoirement salarié) versus un "client-donneur d'ordre" (accessoirement employeur).

Pour ceux qui se complairaient encore dans le salariat de nos grands parents, l'auteur a fait l'impasse dans la liste de ses solutions, sur une condition nécessaire et déterminante avant toute autre amélioration.
Il s'agit du principe de SUBSIDIARITÉ qui devrait être érigé comme élément fondamental de gouvernance des entreprises "canal historique"
Pas évident en France où l'esprit centralisateur et l'hypertrophie des back office étouffent les front office!!
N'est ce pas cela le principal générateur du stress des "gens de terrains"?
Réponse de le 07/12/2016 à 11:10 :
La relation "fournisseur-salarié" - "client-employeur" que vous semblez préconiser ou présenter comme demandée par les jeunes générations sera t elle exempte des 7 facteurs de stress cités?? car le stress généré par la demande, la non -reconnaissance (y compris financière ) de l'effort fait, le manque de contrôle, le manque de soutien, etc ... caractérisent tout autant les conditions de la nouvelle relation destinée à remplacer un salariat considéré comme obsolète ...
Réponse de le 10/12/2016 à 22:30 :
@gen
Tout évolue à l'époque merveilleuse où nous vivons.
La ressource "humaine" est devenue stratégique pour les "clients-employeurs" qui créent de la valeur. (voir toute la littérature qui est pondu sur le sujet par les consultants "new wave")
De plus le "fournisseur-salarié" est devenu mobile et le monde est devenu un "petit village" pour lui.
Excepté les organisations publiques et les entreprises qui évoluent dans des secteurs monopolistiques (ou très protégés), ceux qui ne l'auront pas compris vont se retrouver rapidement et naturellement hors jeu.
Autre élément, la robotisation et la numérisation vont continuer à s'imposer pour la réalisation des tâches répétitives sans valeur ajoutée.
Et comme chacun sait, un robot n'a pas de stress.
Quel époque merveilleuse dans laquelle nous évoluons!
En effet, les positions acquises sont devenues éphémères et les constitutions de rentes sont de plus en plus difficiles.
La fin des rentes? n'est ce pas le début d'une nouvelle justice sociale!

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