Nuit de l'entreprise positive :  place à la bienveillance et à la méditation

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(Crédits : SB)
Carton plein pour la seconde Nuit de l'entreprise positive. Pendant 6 heures, près de 1 000 dirigeants, DRH, entrepreneurs, mais aussi étudiants, demandeurs d'emploi et quelques curieux hors catégories se sont pressés ce jeudi 22 septembre à l'Université Catholique pour écouter trois grandes conférences dont les maîtres-mots étaient bienveillance, exigence... et méditation ! Une soirée riche en savoirs et en réflexion, organisée par l'Institut français du leadership positif, et à laquelle Acteurs de l'Economie-La Tribune s'associait. Ambiance.

En cette fin d'après-midi, le hall d'accueil de l'Université Catholique de Lyon ressemble à une journée de rentrée universitaire. Mais s'il y a quelques étudiants dans la foule, la majorité des visiteurs a déjà quitté les bancs de l'école depuis quelques années. Ce qu'ils viennent faire ici ? "On vient se sortir la tête du quotidien et écouter les nouvelles tendances", résume un entrepreneur.

Comme lui, ils sont près de 1 000 "leaders" à s'être inscrit à la Nuit de l'entreprise positive, autant attirés par la thématique proposée que par les intervenants qui vont se succéder sur scène jusqu'à 23 heures.

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La méditation modifie le cerveau en profondeur

Robe rouge de moine bouddhiste, petite lunette transparente, regard doux et un sourire qui illumine une salle tout acquise, Matthieu Ricard ouvre les débats.

"La bienveillance, c'est accorder de la valeur à l'autre, se sentir responsable et solidaire de son sort", précise le docteur en génétique cellulaire.

Néanmoins, dans un monde compliqué, les sceptiques de la pensée positive sont nombreux. Pourtant, le mal recule.

"Malgré les apparences, nous vivons dans la banalité du bien ce qui fait que les exceptions nous frappent. La violence n'a cessé de diminuer depuis cinq siècles. La bonne nouvelle, c'est que la bienveillance et l'altruisme se propagent plus vite dans notre cerveau comparé à un nouveau gêne positif", souligne-t-il.

Depuis 15 ans, Antoine Lutz, chercheur au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (Inserm) étudie le cerveau du moine bouddhiste. Et tente de transformer une notion qui relève de l'attitude, de valeurs morales et comportementales en une donnée scientifique, facilement mesurable.

"Nous avons démontré que 8 heures de méditation modifient déjà la structure du cerveau et une pratique régulière voire intensive de la méditation peut avoir des conséquences positives sur son attitude vis-à-vis des autres", explique Antoine Lutz.

Dans ce cas, faut-il obligatoirement méditer pour devenir meilleur ?

"C'est en pratiquant qu'on devient vertueux, méditer n'est pas obligatoire, mais ça aide ", répond, amusé, Matthieu Ricard.

Dans la même logique, le "philosophe et écrivain du bonheur", Frédéric Lenoir, qui invite à la fin de son intervention l'ensemble des salles à s'initier à la méditation, vient de lancer une fondation pour apprendre la méditation et la philosophie à l'école.

La bienveillance au service de la performance économique

mur de la bienveillance

"Le mur de la bienveillance" destiné à recueillir les intentions des spectateurs

L'expérience change donc la structure du cerveau. Comme l'impact négatif du stress n'est plus à démontrer, la bienveillance ainsi acquise a des conséquences positives sur la performance économique.

Ceux qui défilent sur scène en sont convaincus.

"Mon rôle, c'est d'aider les gens à découvrir qu'ils ont des ailes et les aider à s'envoler. Nous avons une seule vie et une petite chance d'impulser du changement dans la planète", s'exclame Jodie Berg, la survitaminée présidente de Vitamix, la référence américaine du blender.

Héritière de l'entreprise, elle a fait de la passion et de l'inspiration la base de sa culture d'entreprise, avec des conséquences positives sur son chiffre d'affaires. 

Chez Innocent drinks, le n°1 du Smothie et des jus de fruits frais, on casse les codes tout en assumant l'idée du profit. Une philosophie pensée dès l'origine, et qui fonctionne encore, 16 ans plus tard.

"Chez nous, la capacité des collaborateurs à s'intégrer à nos valeurs est le premier critère de recrutement avant l'expérience professionnelle. Nous vendons toujours plus, mais nous redistribuons 10 % de nos bénéfices à notre fondation qui lutte contre la faim dans le monde", précise Nicolas Marotte, directeur général d'Innocent drinks.

Le leader altruiste et bienveillant

Une entreprise où il fait bon vivre accroit ses performances. Si l'impulsion peut venir du sommet, elle peut aussi émerger des initiatives des salariés.

"Etre bien n'est pas seulement synonyme d'un bon salaire. Selon une étude de l'OCDE sur le bien être au travail, la question du salaire arrive en numéro 6. C'est la qualité des relations humaines qui prend la première place", rappelle Antoine Lutz.

Chez Sanofi-Pasteur, une communauté spontanée est née de l'envie de travailler ensemble. Ils sont aujourd'hui 4 000 à collaborer à travers le monde. Chez Innocent, on encourage les salariés à prendre des initiatives et on abonde leurs congés pour qu'ils puissent s'engager auprès de la fondation. Tous deviennent ainsi leader, à leur façon, altruiste et bienveillant.

Alors, convaincus par cette nuit de réflexion et par le leadership positif ?

"C'est très intéressant et confirme que ce que nous mettons en place au quotidien a du sens. Cette nuit positive fait un bien fou dans un univers quotidien parfois pesant", conclut une cheffe d'entreprise du secteur de l'aide à domicile, tout sourire.

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