Grenoble, prochaine ville sous tutelle ?

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(Crédits : Marie Lyan)
À trois semaines du premier tour des élections régionales, le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle a annoncé une journée de fermeture exceptionnelle du service public pour sensibiliser les Grenoblois à la situation économique de la ville. En cause : les baisses de dotations de l'Etat, qui pèseraient gros sur le budget 2016 de la ville. Le maire n'hésite pas à brandir la menace d'une mise sous tutelle. Coup de com' ou véritable risque ?

Accompagné de quatre de ses adjoints, le maire de Grenoble a tiré la sonnette d'alarme avec un message-choc : "Agir ou faillir". "Si nous n'agissons pas, Grenoble sera la première grande ville de France à passer sous tutelle", a déclaré le maire écologiste. Celui qui s'était élevé en décembre 2014 en brandissant une banderole contre l'austérité du gouvernement récidive par un nouveau coup d'éclat : la ville de Grenoble a décidé de fermer ses services publics durant toute une journée (hors services de sécurité et CCAS notamment), le 25 novembre prochain, pour "informer et sensibiliser les Grenoblois".

Un trou de 20 millions d'euros d'ici 2017

"Nous sommes arrivés à la fin d'un cycle où l'on pensait avoir l'abondance des ressources naturelles et financières", a estimé le maire, qui brandit la menace d'une mise sous tutelle pure et simple de la ville, notamment suite aux baisses de dotations de l'État.

"D'ici 2017, ce seront 20 millions d'euros qui seront amputés au budget de la ville. Cela représente la totalité des subventions de la ville, ou 80% des subventions au CCAS", a annoncé l'adjoint aux finances, Hakim Sabri.

Alors que la nouvelle équipe EELV-Parti de gauche refuse d'augmenter les impôts, comme l'on fait 40% des grandes villes de France à l'annonce de la baisse des dotations de l'État, et s'engage à maintenir les niveaux d'investissement, les marges de manœuvre seraient faibles.

 Une menace de tutelle ?

Brandie par la municipalité, la menace de la mise sous tutelle, effective dès lors qu'une ville a un déficit supérieur ou égal à 5% des recettes de fonctionnement, ne serait pourtant pas si immédiate. "Si nous avions continué comme avant, sans prendre de mesures à notre arrivée, le déficit aurait été atteint fin 2016 début 2017", résume Eric Piolle. Reste que les 20 millions d'euros à trouver d'ici 2017 seront difficiles à remplacer.

Lire aussi : Eric Piolle : "Notre logique n'est pas la fuite en avant"

A l'aube du débat d'orientation budgétaire qui doit se tenir au prochain conseil municipal de novembre, la nouvelle équipe espère que ce message-choc sera entendu par tous les partenaires :

"Nous avons déjà pris des mesures depuis l'an dernier avec des efforts de sobriété, mais nous allons devoir avoir des discussions sur le périmètre de l'action de la ville", a ajouté le maire.

En cause, les dépenses liées aux compétences transférées à d'autres échelons, telles que l'enseignement supérieur et la recherche désormais compétence de la Métropole, pourraient notamment être revues.

"Sans ressources , il y a des projets comme la plateforme Photonique, l'école Phelma qu'on continuait à financer malgré le transfert de compétences et qui faudra retravailler avec nos partenaires", annonce le maire.

De nouveaux efforts ?

En plus des efforts déjà engagés, tels que la stabilisation de la masse salariale, la poursuite de l'effort de rationalisation des services et des dépenses des élus (avec la baisse déjà amorcée de 25% des indemnités des élus et la revente des 15 berlines officielles), la ville de Grenoble compte impulser de nouvelles mesures.

Lire aussi : Grenoble : la méthode Piolle sous l'œil du monde économique

Elle envisage notamment des pistes de financement participatif et de mécénat voire de partenariats, ainsi que l'optimisation de l'immobilier municipal, qui représente près de 700 bâtiments pour 900 000 m2. "Des projets qui ont du sens pour Grenoble comme l'ancien musée de peinture ou l'hôtel Lesdiguières devront être également gelés si nous n'avons pas de financements", a ajouté Eric Piolle.

L'adjoint aux finances, Hakim Sabri, se défend toutefois de solutions toutes faites : "Nous allons devoir construire un débat, rien n'est acté tout est à construire".

Pour le maire, ce type de discours n'est pas alarmiste :

"Je suis convaincu que nous sommes sur le bon chemin et que ce qui se passe aujourd'hui à Grenoble se passera demain en France".

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Commentaires
a écrit le 12/11/2015 à 13:41 :
C sur avec la politique actuelle sur le centre ville qui fait crever les petits commerçants au bénéfice des vélos
Rien ne va s arranger
a écrit le 12/11/2015 à 13:28 :
Hum, est-ce qu'il faut accorder beaucoup de crédit a quelqu'un fonctionnant à base d'idées toutes faites ,qui ont asséché le commerce grenoblois ? Les petites fleurs et le "peace and love", cela fonctionne pas bien dans la vie réelle , et guignol, c'est pour les enfants, à Lyon par exemple, mais à Grenoble ?
a écrit le 12/11/2015 à 10:24 :
Il serait temps que les maires gèrent leur commune comme des chefs d'entreprise et pas comme des idéologues à coté de leurs pompes ou je ne sais quoi où l'on dépense sans compter pour faire plaisir à tout le monde ( le clientélisme ). Savez-vous que dans certains pays proches de chez nous, il est interdit d'être en déficit !!!!
Que l'on s'y trompe pas, nous allons continuer à payer toujours plus d'impôts en France.
Le déficit actuel de la France est 2100 milliards d'euros et cela représente presque 100% du PIB.Cela prouve que nous vivons très au dessus de nos moyens et que malgré la petite accalmie d' impôts aujourd'hui ( les élections bien sur!!!!! !) tout reprendra après. Et que ceux qui ne sont pas d'accord , verront bien que nous n'avons pas de marge de manœuvre pour réduire les impôts ! A moins que d'ici là, l'économie redémarre et qu'il n'y ait plus de chômeurs !
Réponse de le 12/11/2015 à 12:53 :
pardon le voulais dire : La dette actuelle....2100 milliards
a écrit le 12/11/2015 à 5:20 :
les grenoblois n'échapperont pas a une hausse des impots locaux,que les écologistes le veuillent ou non.l'endettement a l'infini n'est plus possible!
a écrit le 11/11/2015 à 21:15 :
Budgets de fonctionnement

Annee 2000 215 millions
Annee 2015 285 millions

3000 employés municipaux dont 450 à la culture
Regardez le budget prévisionnel pour 2015 des tas de dépenses c'est Byzance

La ville dépense beaucoup plus que les villes de la même taille

Si les grenoblois veulent bien payer ok mais pas moi !!

Réponse de le 12/11/2015 à 11:05 :
Il est temps d'aller vivre ailleurs.
a écrit le 11/11/2015 à 20:40 :
Combien coûte à Grenoble la réforme des rythmes scolaires ? Une piste d'économie pourrait être de faire retravailler les écoles sur 4 jours (économies de chauffage, de ménage des locaux, de cantines scolaires) et de supprimer le périscolaire ou de le faire payer à prix coûtant.
a écrit le 11/11/2015 à 20:37 :
Ont-ils pensé à privatiser le service de l' eau ? Ca ferait quelques recettes.
Réponse de le 12/11/2015 à 11:02 :
Humm, cela rappelle les années Carignon ...
a écrit le 11/11/2015 à 20:32 :
"équipe EELV-Parti de gauche"... tout est dit. L'arrêt du contrat avec Decaux a supprimé 650000€ de recettes plus le coût du mobilier urbain que la ville doit maintenant acheter et entretenir. La première des choses à faire serait de revenir sur cette ineptie qui n'améliore pas d'un iota la qualité de vie à Grenoble , ça fait déjà un bon million de retrouvé.
a écrit le 11/11/2015 à 19:36 :
La gestion de cette ville par les Verts a été désastreuse. Il est temps que l'Etat y mette son nez...
a écrit le 11/11/2015 à 19:36 :
"En cause, les dépenses liées aux compétences transférées à d'autres échelons, telles que l'enseignement supérieur et la recherche désormais compétence de la Métropole, pourraient notamment être revues". Ce pourrait être une excellente occasion pour déléguer un peu plus de recherche et d' enseignement supérieur dans les communautés de la région qui sont asphyxiées par le tropisme (ou mégalomanie) grenoblois Les communautés de Valence, Chambéry et Annecy. qui rassemblent ensemble au moins autant d' habitants que la métropole Grenobloise, ont une présence ridicule dans l' enseignement supérieur et la recherche comparativement. Grenoble est condammé à partager avec ces agglomérations car la cuvette est n' est plus viable;
a écrit le 11/11/2015 à 19:32 :
Il y avait combien de fonctionnaire à la ville en l an 2000 et combien de budget ??
Si on laisse faire ils vont nous ponctionner jusqu'àu dernier sous

L'heure des économies à sonné àu Portugal on à licencie des fonctionnaires idem en grece et en Espagne notre tour arrive
a écrit le 11/11/2015 à 19:15 :
Il y avait combien de fonctionnaire à la ville en l an 2000 et combien de budget ??
Si on laisse faire ils vont nous ponctionner jusqu'àu dernier sous

L'heure des économies à sonné àu Portugal on à licencie des fonctionnaires idem en grece et en Espagne notre tour arrive
a écrit le 10/11/2015 à 21:48 :
700 bâtiments pour 1900 m2. Les bâtiments sont vraiment petits à Grenoble !
Réponse de le 11/11/2015 à 20:49 :
Certes, lol ! Ceci étant... 900000m2 d'immobilier municipal et 700 bâtiments, est-ce bien raisonnable ?
a écrit le 10/11/2015 à 19:17 :
La grève, on est libre de la faire ou pas.
Le maire de Grenoble prend les agents de la collectivité en otages pour servir son discours politique, eux n'ont d'autre choix que participer à SA journée du 25 novembre.
Pour une personne qui n'a de cesse de se vanter de privilégier la démarche participative, il est étonnant de le voir imposer sa volonté à 3000 de ses employés sans seulement prendre le temps de leur demander leur avis sur la question.
Réponse de le 13/11/2015 à 11:26 :
"imposer sa volonté à 3000 de ses employés sans seulement prendre le temps de leur demander leur avis sur la question"
peut-être va-t-il occuper cette journée à leur demander leur avis ? :-)

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