Grenoble : Sciences Po innove avec un grand oral d'Eric Piolle

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Pour la première fois en France, Sciences Po Grenoble inaugure ce mardi 21 avril une soirée de débat d'un nouveau genre, avec Eric Piolle un an après son arrivée à la tête de Grenoble. L'objectif : confronter le nouveau maire à des chercheurs universitaires.

Il a été élu à la tête de Grenoble il y a un an avec une coalition écologiste et citoyenne, et prônait la tenue de débats citoyens un peu partout dans la ville... Ce mardi 21 avril à 19h, Éric Piolle fera son premier grand oral pour une conférence d'un genre nouveau et ouverte à tous, organisée par Sciences Po Grenoble au Théâtre de Grenoble.

Face à 10 experts

L'objectif ? Confronter l'édile grenoblois aux questions et analyses de 10 chercheurs de Sciences Po, de l'UPMF et de l'école d'architecture. Le public possèdera quant à lui des cartons vert et rouge pour dire s'il a été convaincu par la réponse du maire, tandis que celui-ci disposera de trois jockers qui lui permettront de faire appel à un membre de son équipe pour répondre à sa place. "Cela permet non seulement de mettre la pression sur la réponse pour demander plus d'exigence, mais amuse aussi beaucoup les gens qui peuvent participer davantage que lors d'un débat classique, où l'on n'a souvent qu'une poignée de gens qui posent les questions", résume Raul Magni Berton, professeur de sciences politiques à Sciences Po Grenoble.

Durant la soirée, 11 questions précises, portant sur des thématiques larges (végétalisation des espaces, démocratie directe, plan local d'urbanisme, sécurité, politique internationale de la ville...) seront posées par une dizaine de chercheurs sélectionnés pour leur intérêt et leur expertise. "Dans chaque thématique, nous choisirons un angle précis afin de soulever un problème spécifique qui peut se poser et de pouvoir le comparer à ce qui existe ailleurs", souligne Raul Magni Berton.

Un concept qui vient de l'étranger

C'est en regardant ce qui se passait du côté de la Belgique et du Québec que ce professeur grenoblois a eu l'idée de monter une rencontre de ce type à Grenoble. "La différence, c'est qu'en Belgique, elle se faisait avec les candidats aux législatives du pays, ce qui est encore peu concevable en France. Mais il s'agissait à chaque fois d'états francophones où les élus sont proches de la population de par leur petite taille", précise Raul Magni Berton.

Bien que l'idée vise à favoriser une meilleure implication citoyenne, il reste encore du chemin à parcourir dans les esprits pour que ces grands oraux deviennent la norme en France :

"Souvent, les hommes politiques préfèrent passer à la TV pour avoir plus d'auditeurs, et le lien avec les universités est aussi plus éloigné. En Belgique, quand on veut développer une politique sur les autoroutes par exemple, les politiques vont chercher des universitaires spécialisés à ce sujet plutôt que d'embaucher une ressource. Alors qu'en France, on a souvent déjà le personnel en interne", ajoute le professeur.

Si ce débat, organisé au Théâtre de Grenoble (550 à 600 places) est un succès, le professeur ambitionne de renouveler l'expérience tous les ans, en s'orientant à chaque fois sur une évaluation des enjeux municipaux au sein de l'année écoulée. "La mairie est en principe partante, mais reste à voir comment sera accueilli le concept. L'an prochain, il pourrait aussi y avoir des gens provenant des sciences dures ou d'autres universités", glisse M. Magni Berton.

Quel sera donc le résultat de ce grand oral ? Pour les absents, la soirée sera retransmise sur la chaîne Youtube de Sciences Po Grenoble.

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Commentaires
a écrit le 22/04/2015 à 15:35 :
La politique participative est une vraie évolution, et ce type de rendez vous qu'ultramédiatisés y répond en partie. Attention toutefois, la démarche de politique citoyenne reste un moyen et non une fin. A Grenoble après 1 an de mandat, à part surfer sur la comm et sur les programmes de l'ancienne municipalité, il ne se pas grand chose...Il serait quand meme intéressant d'avoir un mandat avec 5 ou 6 objectifs clairs, et pas de la poudre de perlimpin...

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