Hollande à la rencontre de la France qui gagne en Isère

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(Crédits : REUTERS/Christian Hartmann)
Pour couper court à la morosité économique et faire entendre la petite musique de la "France qui gagne", le président de la république François Hollande effectue jeudi un déplacement au pied levé en Isère sous le signe de l'innovation, durant lequel il a rencontré les entreprises Sigma Composites et Serge Ferrari, présentées comme des fleurons isérois. Il a également annoncé une troisième levée pour le Grand Emprunt.

Après une visite de Dassault Aviation à Mérignac et de Webmedia à Paris, François Hollande poursuit sa tournée des "réussites de l'économies françaises" en se rendant ce jeudi en Nord-Isère.

Présenté comme un creuset d'innovations, ce déplacement de dernière minute en Isère vise à insister sur la "France qui gagne", dans un contexte où la croissance de l'Hexagone reste faible (+0,4% en 2014), contre +1% pour l'Allemagne.

Mais le chef de l'Etat entend bien démontrer que "la reprise est là", comme il l'avait clamé haut et fort vendredi au Luxembourg alors que la Commission européenne table désormais sur une croissance de 1% pour 2015 en France.

Une 3e levée pour le "grand emprunt"

"On est ici dans l'un des départements français qui a le plus d'innovation, de recherche et de dynamisme. C'est le message que je veux porter, celui de l'excellence pas celui du refus de la concurrence. Quand la France réussi, elle n'a pas besoin d'avoir peur", a estimé François Hollande au cours de sa visite.

Face au recul de la devise européenne au cours des derniers jours, le président a tenu également à se montrer rassurant, en affirmant : "Il y aura un effet favorable pour l'activité avec un euro qui est maintenant à sa bonne parité".

Après avoir affirmé que "des capitaux sont nécessaires au développement des entreprises innovantes", le président en a profité pour annoncer, à l'issue d'une table ronde avec les acteurs économiques, l'arrivée "d'une troisième levée de fonds pour le grand emprunt" dont le montant n'a pas encore été précisé. Elle visera notamment à financer des mesures en faveur du développement et du soutien aux entreprises.

Lancé en 2010 par Nicolas Sarkozy, le programme Investissements d'Avenirs (PIA), majoritairement financé par le grand emprunt, avait permis de débloquer une première tranche de 35 milliards d'euros, suivie d'une seconde tranche de 12 milliards d'euros lancée par François Hollande en 2013. Une annonce qui va dans le sens du commissaire général à l'Investissement Louis Schweitzer, qui avait plaidé début mars pour une troisième tranche du PIA de 10 milliards d'euros.

Deux leaders mondiaux

Pour porter ce message de confiance, le président s'est rendu ce jeudi matin dans l'usine Sigma Composites, rachetée par le leader mondial des télécabines Poma, à Veyrins-Thuellin (38). Un fleuron du bassin nord-isérois, puisque le groupe enregistre un chiffre d'affaires de près de 300 millions d'euros, dont près de 60 % à l'exportation, avec des contrats en Amérique du Nord, Asie, ou Amérique Latine dans le domaine des transports d'hiver et des transports urbains. Le groupe emploie 900 salariés dans le monde, dont 300 en France.

Il a ensuite visité l'entreprise Serge Ferrari, leader elle aussi sur le marché des matériaux composites souples pour l'industrie, l'architecture et le grand public, à Saint-Jean-de-Soudain (38). L'entreprise familiale, créée en 1970 est désormais cotée en bourse, et réalise un chiffre d'affaires de près de 140 millions d'euros en 2013, dont 75% à l'exportation dans 80 pays, notamment au Brésil pour la couverture de stades lors de la Coupe du monde de football 2014.

Durant cette visite, le président a également tenu à rencontrer six entreprises innovantes de la région, dont les grenobloises Aledia, Fluoptics, SymbioFCell et ISKN, ainsi que Ryb Eliot (Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs) et Ulis (Veurey-Voroise), mais aussi le directeur du CEA de Grenoble, Jean Therme, qui a impulsé une mutation vers le secteur des nouvelles énergies.

Les départementales dans le viseur

Selon une source proche du cabinet du président, "il ne s'agissait pas de faire des annonces. Le président voulait se rendre sur le terrain pour voir les entreprises qui ont réussi à s'adapter au marché et à développer des innovations, créer des emplois". Une manière de confirmer les propos du ministre des finances, Michel Sapin, qui parlait de 2015 comme d'une année de "frémissement" ?

Reste qu'à moins de deux semaines des départementales, cette visite illustre également la volonté de la présidence de s'aventurer sur des terres où le Front National est annoncé comme un risque. Hasard de calendrier : une conférence de presse qui était prévue à cette même date avec les candidats du PS en Nord-Isère vient d'être reportée en raison de la venue du président. Le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, ainsi que l'ancien maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, ont d'ailleurs fait le déplacement.

Depuis son élection, il s'agit de sa 4e visite, dans un département dirigé par le socialiste Alain Cottalorda, qui avait pris la suite d'André Vallini, entré au gouvernement en avril 2014.

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