Municipales 2020 : A Grenoble, quel programme économique pour quel candidat ?

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Ils ne sont désormais plus que sept candidats à l'approche du scrutin, prévu le 15 mars prochain, pour briguer le fauteuil du maire sortant, Eric Piolle.
Ils ne sont désormais plus que sept candidats à l'approche du scrutin, prévu le 15 mars prochain, pour briguer le fauteuil du maire sortant, Eric Piolle. (Crédits : Andrei Kazarov/Fotolia)
A un peu plus d’une semaine du premier tour des municipales, l’écologiste Eric Piolle restera-t-il aux commandes de Grenoble ? Face à celui qui avait été le premier maire EELV à administrer une ville de plus de 100 000 habitants lors de son élection en 2014, se dressent désormais six autres candidats qui briguent la tête de la capitale des Alpes. Mais qu’en est-il du programme économique proposé par les principaux candidats ? Nul doute qu’au sein de la 4e ville la plus embouteillée de France, l’économie se mêle à la question des transports et de l’accessibilité pour l’ensemble des candidats.

Ils ne sont désormais plus que sept candidats à l'approche du scrutin prévu le 15 mars prochain, rejoignant différentes sensibilités : Catherine Brun (LO), Alain Carignon (La société civile pour l'alternance), Émilie Chalas (LREM), Mireille d'Ornano (sans étiquette mais ex-candidate FN et Les Patriotes), Bruno de Lescure (collectif citoyen ralliant des militants du NPA, FI, PC, etc), Olivier Noblecourt (Parti socialiste et partis de gauche), ainsi que le maire sortant Éric Piolle (Europe Écologie - Les Verts).

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Et d'après les derniers sondages, l'écart se resserre puisque la dernière étude IPSOS Sopra Steria (commandée le 24 février dernier par France Bleu Isère et Le Dauphiné Libéré) faisait état de 36% des intentions de vote au premier tour pour le maire sortant. Suivi par l'ex-maire de Grenoble, Alain Carignon (20%), puis par l'ancien adjoint de Michel Destot à la maire de Grenoble, Olivier Noblecourt (19%), et enfin par la députée LREM de l'Isère, Emilie Chalas (16%).

Alors que les quatre principaux candidats multiplient les prises de paroles et les débats à moins de deux semaines du premier tour, qu'en est-il de leur programme économique ?

"Grenoble en commun", Eric Piolle

Le maire sortant, soutenu par EELV, Ades, Place publique, Nouvelle donne, PCF, et une partie de Génération.s, mise sans surprise sur la continuité, avec un programme visant à "accompagner les transitions environnementales et énergétiques". Sa vision pour le monde économique de demain ?

"Les acteurs économiques du territoire ont compris que tenir la promesse de la COP21, ici à Grenoble, est aussi une opportunité pour eux", répond l'édile.

Mobilités de demain, travaux publics, chimie et industrie verte, lowtech, commerce de ville, monnaies locales... Chez l'élu sortant, le programme économique est donc mis au service de la transition, avec le souhait de "fédérer les acteurs du territoire au sein d'un projet commun", qui pourrait être notamment la candidature de la ville comme capitale verte européenne.

Une candidature sous le signe de la continuité, mais qui fait également place à une liste renouvelée pour moitié, et sur laquelle on retrouve notamment des acteurs du monde universitaire, tels que Nicolas Kada, professeur agrégé de droit public, mais également des commerçants (Barbara Schuman), des cadres dans le domaine de l'énergie (Céline Deslattes), etc.

Avec, parmi les projets phares de cette liste :

  • Remettre de l'emploi au cœur de la ville à travers l'organisation de quatre grandes zones d'activités (Technisud, La Poterne, GrandAlpe et le Front urbain de la Presqu'île),
  • Promouvoir le numérique vert,
  • Encadrer le développement de la 5G en prenant en compte les aspects sanitaires,
  • Accompagner le commerce de proximité en luttant contre les grandes surfaces,
  • Faciliter l'accès au centre-ville en proposant un accès aux transports gratuits le week-end et doubler le réseau Chronovélo,
  • Soutenir la création d'une foncière commerciale au niveau de la métropole pour lutter contre les loyers trop élevés,
  • Mettre en place un pôle de logistique mutualisé, destiné à centraliser les livraisons en périphérie de la ville,
  • Accompagner le développement de fermes urbaines locales,
  • Défendre le projet d'un RER à la grenobloise qui permettrait une "desserte cadencée" de l'agglomération, à travers le nouveau syndicat mixte des transports (SMMAG).

"Grenoble le changement", Alain Carignon

"Faire redécoller Grenoble". Tel est le crédo de l'ex-maire de la ville (1983-1995). A travers sa "liste citoyenne", l'ancien élu de droite, condamné pour corruption en 1996, qui conduit désormais une liste citoyenne (soutenue néanmoins par le président des Républicains, Christian Jacob), évoque "une métropole en perte d'attractivité, en raison d'un grand nombre de facteurs, dont des problèmes d'accessibilité et de mobilité, de pollution de l'air, d'insécurité, ainsi que d'espaces verts de plus en plus réduits et d'une bétonisation qui produisent des effets répulsifs".

Sa vision ?

"Changer l'environnement des grenoblois, pour donner un cadre plus favorable à l'activité des acteurs économiques".

On retrouve d'ailleurs "deux jeunes chefs d'entreprises de moins de 35 ans parmi les dix premiers candidats de sa liste", qui comprend également des chefs d'entreprises, commerçants et artisans.

Alors qu'Alain Carignon doit encore présenter son projet à la presse ce samedi, voici ses principales propositions dans le champ économique :

  • Créer un "Grand Grenoble" qui réunirait, à l'image du Grand Lyon, les territoires du Grésivaudan et du Voironnais, "en vue de proposer une organisation et une image unique",
  • Instaurer "un nouveau mode de transport suspendu à propulsion solaire et électrique" (monorail) entre Grenoble et Voreppe, comme une alternative moderne à la voiture,
  • Traiter la question de l'insécurité comme un frein au développement économique,
  • Améliorer le cadre de vie, comme facteur d'attractivité, avec la création de jardins et d'espaces verts,
  • Remettre à l'ordre du jour la question d'une ligne TGV entre Grenoble et Lyon

"Grenoble, Nouvel Air", Olivier Noblecourt

"Accompagner les acteurs économiques vers les transformations, qu'il s'agisse des impératifs écologiques ou de l'évolution des modes de consommation plus responsables".

C'est l'ambition de l'ancien adjoint à Michel Destot, et également ex-délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt, qui veut voir dans le monde économique "un partenaire" pour adresser "l'ensemble des défis à relever, qu'il s'agisse de l'urgence climatique, de la crise sociale, de la politique de déplacements, etc".

Il est soutenu quant à lui par Le Parti socialiste, mais également par Go citoyenneté, le Parti radical de gauche, Cap 21, le Mouvement républicain et citoyen, la Gauche républicaine et socialiste, ainsi que certains membres de Génération.s.

Avec, sur sa liste, des acteurs issus du monde universitaires tel que le président sortant de l'UGA, Patrick Lévy (3e place), mais également le cofondateur de Wizbii, Romain Gentil (7e place), ainsi qu'une cadre financière de HP, Emmanuelle Legoff (4e place).

Avec, parmi ses propositions dédiées au tissu économique :

  • Expérimenter une navette autonome à hydrogène entre Chavant et Porte-de-France,
  • Mettre en place rapidement d'un tramway vers le Grésivaudan,
  • Accompagner la création d'une ligne TGV Lyon-Grenoble,
  • Réinvestir sur l'image technologique de la ville,
  • Créer « une fabrique des transitions écologiques », réunissant les questions de smart city, mobilité et modes de consommation alimentaire,
  • Développer un lieu Totem pour fédérer les acteurs de l'ESS,
  • Des transports en commun gratuits pour les moins de 18 ans et les personnes précaires,
  • Soutenir les pépinières, incubateurs et au commerce de proximité avec un appui à la diversification.

"Un nouveau regard pour Grenoble", Emilie Chalas

Redévelopper le moteur de l'attractivité grenobloise, en l'engageant dans la transition écologique. Ce pourrait être le mot d'ordre de la députée LREM, urbaniste de formation.

Elle observe qu'il existe, "au sein même de la métropole, un certain déséquilibre entre la locomotive des nanotechnologies, qui fonctionne toujours très bien, et des emplois industriels qui sont sur-représentés face aux emplois tertiaires, liés au commerce, aux services et au tourisme".

Selon elle, il est donc nécessaire de se diriger vers la transition écologique, "mais en développant également la croissance économique afin de financer cette révolution, qui coûte cher". Avec, à ses côtés sur la liste, le chef d'entreprise Olivier Six, mais également un cadre du réseau CIC Lyonnaise de Banque, Philippe François, ou encore l'ancien adjoint à l'économie de Michel Destot, Gérald Dulac.

 Avec, parmi ses quinze premières propositions :

  • Lancer la desserte TGV Lyon-Grenoble,
  • Rouvrir l'avenue Agutte Sembat et le stationnement aux commerces,
  • Connecter Grenoble à ses montagnes par des téléphériques,
  • Démolir l'Office du Tourisme,
  • Des transports en commun gratuits pour les moins de 18 ans,
  • révision du plan de circulation ainsi que les modes de stationnement,
  • Poser les bases d'un péage urbain, dont le fonctionnement doit être discuté,
  • Faciliter l'installation et l'agrandissements de commerces en libérant du foncier,
  • Travailler au marketing et à la sécurisation de la Ville pour que le tourisme revienne,
  • Mettre en place des contrats de réciprocité avec les entreprises pour qu'elles s'engagent en matière de responsabilité sociétale et de participation à la vie de la cité.

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