Urby : la logistique de demain selon La Poste et ses partenaires

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Philippe Wahl, président-directeur général du groupe La Poste, a rappelé les ambitions de la Poste, qui souhaite accompagner, à travers ce projet, la logistique du 21e siècle.
Philippe Wahl, président-directeur général du groupe La Poste, a rappelé les ambitions de la Poste, qui souhaite accompagner, à travers ce projet, "la logistique du 21e siècle". (Crédits : ML)
Proposer des solutions de stockage et de livraison mutualisées à l’échelle des grandes métropoles. Tel est l’objectif d’Urby, un réseau d’acteurs, lancé officiellement ce vendredi à Grenoble. Composé de professionnels de la logistique et de collectivités locales en fonction des villes ciblées, ce réseau regroupe déjà 7 centres logistiques à travers l’Hexagone depuis fin 2017 et compte passer à la vitesse supérieure d’ici 2020.

Presque quatre années après les premières réflexions entamées à Grenoble, le projet Urby entre dans une nouvelle phase de développement avec le lancement officiel de sa nouvelle entité, ce vendredi en Isère. Une première à l'échelle nationale.

Issu, à l'origine, d'un Appel à manifestation d'intérêt (AMI), auquel avait souhaité candidater Grenoble-Alpes Métropole et le SMTC, le projet, qui visait à créer un centre de distribution urbaine afin de réguler le trafic en ville, avait d'abord pris la forme d'un consortium, appelé Evol (Espaces de valorisation et d'optimisation logistiques). Avec, comme partenaires principaux, le groupe La Poste, mais aussi l'opérateur lyonnais City Logistics, le coursier à vélos Vélocité, le bureau d'études Job@vélo ainsi que le transporteur express Fret'Vite.

La seconde étape s'est déroulée fin 2018, lorsque de nouveaux partenaires ont rejoint le projet pour réaliser une augmentation de capital (montant : NC) et donner naissance à une nouvelle société, Urby.

S'adresser aux derniers kilomètres à parcourir

Co-détenue désormais par le Groupe La Poste (à travers sa filiale GéoPost), la Caisse des dépôts, le groupement Les Mousquetaires, Cet'up, GNvert, GEG, FNTR ainsi que Vélo cité services, ce nouveau consortium vise à proposer un nouveau modèle de distribution urbaine, afin de répondre à l'essor du e-commerce, aux enjeux liés à la pollution et l'amélioration de la qualité de l'air, en proposant notamment des services pour effectuer les livraisons des derniers kilomètres.

Avec une spécificité : son organisation et son siège social diffèrent en fonction de chaque ville où elle opère, à chaque fois, aux côtés de partenaires du territoire.

"Il était nécessaire pour un groupe comme la Poste d'inventer de nouveaux métiers et notamment la logistique du 21e siècle. Car lorsqu'on sait que des segments comme le e-commerce augmentent de 10% par année, il ne faut pas que cela se traduise par une régression écologique et économique", a affirmé Philippe Wahl, président-directeur général du groupe La Poste.

Une première nationale en province

Et c'est la ville de Grenoble qui a été la première à franchir le pas, en récupérant sur la commune de Fontaine un ancien centre de dépôt des magasins But, situé à seulement 4 km du centre-ville de l'agglomération. Depuis sa mise en service début 2018, le concept compte déjà une vingtaine de clients et un chiffre d'affaires de 200 000 euros sur l'année écoulée.

"L'objectif est de parvenir à l'équilibre d'ici 2020", confirme à demi-mots Anne-Sophie Louvat, présidente d'Urby Grenoble, sans évoquer de chiffres.

En plus de proposer des services de livraison dits "propres" à vélos, en véhicules légers électriques ou aux normes de pollution Euro6 ainsi qu'en poids lourds (Euro6 ou au gaz naturel), Urby défend aussi une logique de logistique renversée, en proposant aux commerçants de récupérer, lors de ses livraisons, des produits, matériel, cartons, etc.

Des services de stockage sont également disponibles, dans cet entrepôt de près de 1 300 m2. Tous types de publics sont visés : commerçants, mais aussi artisans, transporteurs et messagers, collectivités et plus largement entreprises... Seules les denrées alimentaires sont proscrites, puisqu'une démarche similaire a déjà été engagée sur la métropole par le Marché d'Intérêt National (MIN).

"A Lyon, une grande partie de la clientèle est composée de messageries alors qu'à Grenoble, c'est un public moins présent pour le moment. Tout dépend de la culture du territoire", met en avant une source grenobloise.

Alors que d'autres villes ont suivi le mouvement en 2018, telles que Toulouse, Lyon, Montpellier, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne et Bordeaux, de nouveaux déploiements sont attendus cette année à Strasbourg, Rennes, Nice, Nantes, Nancy, Aix-Marseille et Orléans. Avec un objectif : atteindre une vingtaine de villes en 2020.

Si la capitale n'est pas encore comprise dans les premières étapes de déploiement, elle est clairement visée, "mais plutôt à compter de 2020 car il est difficile de trouver des lieux sur Paris", fait valoir cette source.

En attendant, Paris pourra s'inspirer des initiatives qui fleuriront d'abord en province, avant d'adresser la question, plus épineuse, des livraisons de la capitale.

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