Tour de France : les villes étapes en quête de retombées

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(Crédits : ASO B.Bade)
La Grande Boucle demeure le troisième événement sportif mondial après la Coupe du Monde de football et les JO. Résultat, les communes se battent pour recevoir l'épreuve malgré un ticket d'entrée de 70 000 à 300 000 euros, le Tour est un véritable levier de croissance qui peut générer jusqu'à 10 fois l'investissement initial pour certaines étapes.

Le Tour de France arrive en Rhône-Alpes ce week-end. Cinq étapes de la Grande Boucle sont prévues dans la région. Avec 3,5 milliards de téléspectateurs, 12 millions de spectateurs, 1 700 journalistes de 195 pays, 4 500 suiveurs au total, les chiffres du Tour de France ont de quoi donner le vertige et attisent les convoitises des municipalités qui désirent faire partie de cette aventure. Leur objectif : capitaliser sur leur image, mais aussi en retirer des bénéfices économiques directs ou indirects, mais avec des échelles différentes

L'Alpe d'Huez en a fait sa vitrine

C'est peut-être l'étape du Tour la plus célèbre avec les 21 virages de la fameuse montée de l'Alpe d'Huez. Le 25 juillet, la station accueillera la course pour la 29e fois et a su tirer parti de cette légende.

« Nos recevons les coureurs en moyenne une année sur deux. Pour nous, il n'y a pas mieux que le Tour. Nous payons 300 000 euros de ticket d'entrée, mais nos études prouvent qu'un euro investi génère 10 euros directement ou indirectement. Les hôtels et les restaurants sont pleins et pour cause, le jour de l'arrivée, on compte près d'un million de spectateurs sur la montée », rappelle Fabrice Hurll, responsable de l'office de tourisme local et référent de l'épreuve sur la commune

Fabrice Hurll met en avant la stratégie médiatique de la commune : « l'épreuve est retransmise en live dans près de 90 pays. Quel événement peut avoir autant d'impact à ce tarif-là ? Aucun. Pour exemple, 300 000 euros, c'est tout juste un spot sur TF1 pendant un match de l'équipe de France... À ce prix-là, le Tour nous offre une campagne de pub unique au monde. »

Chamrousse vise une clientèle étrangère CSP+

Le Tour a fait aussi escale dans des communes bien plus petites. Chamrousse (moins de 600 habitants à l'année) a ainsi accueilli l'épreuve pour la troisième fois en 2014. Ville arrivée, la commune a dû s'acquitter également d'un billet de 300 000 euros. « Ce n'est pas un problème, justifie, Franck Lecoutre, directeur de l'OT, car nous capitalisons sur la station. Économiquement, on sait qu'un spectateur dépense en moyenne 70 euros le jour J. Et quand vous savez que plus de 100 000 personnes sont sur le bord des routes... »

L'ancienne station des JO de Grenoble ne focalise pas uniquement sur les retombées financières rapides. « Notre objectif est avant tout de donner une vie à notre station l'été et ainsi d'équilibrer à terme le ratio hiver-été. De fait, nous avons décidé de postuler tous les trois ans au Tour. Pour que cela fonctionne, il faut s'inscrire sur la durée. Surtout pour toucher la clientèle étrangère CSP+ qui est l'une de nos cibles majeures et doit atteindre 50 % de nos recettes. Dans cette logique, le Tour est la meilleure vitrine du monde. »

Alpes d'Huez

L'Alpe d'Huez accueille le Tour en moyenne tous les deux ans.

Bourg-de-Péage cultive son image

Loin de ces pôles touristiques ou des grandes métropoles, on trouve aussi des villes plus discrètes comme Bourg-de-Péage (NDLR 10 000 habitants). Ville départ de la 16e étape, le 20 juillet, la commune drômoise appréhende l'événement avec plus de modestie, mais avec autant d'enthousiasme. Comme le précise son maire Nathalie Nieson : « Nous ne sommes pas une cité touristique et notre objectif n'est pas financier. Nous faisons un effort de 70 000 euros pour recevoir le Tour, car c'est une fierté qui mobilise l'ensemble de la population. Et puis cela donne une bonne image de notre ville, mais aussi de notre département en France et dans le monde entier. »

Sur le volet économique, l'élue concède même que : « les retombées sont mitigées, car on est obligé de fermer le centre-ville et certains commerçants en pâtissent. C'est ce que l'on a pu observer en 2010 quand nous avions déjà été ville départ. Je précise in fine que nous ne postulerons pas chaque année. Nous n'en avons pas les moyens ».

Des contraintes qui pèsent

ASO, l'organisateur du Tour, affirme que les retombées sont en moyenne de l'ordre de 6 par rapport à la mise de départ. Ce n'est pas forcément toujours le cas. Pour des villes comme Pau ou Metz, des études montrent que les revenus ont été ces dernières années que de 1.5 à 2 fois la mise. Les contraintes techniques peuvent également poser problème.

Le cahier des charges d'ASO impose entre autres une largeur de route de 6,5 mètres à l'arrivée pour laisser passer le peloton. Pour certaines communes, cela voudrait dire  investir dans la voirie des montants dont elles ne disposent pas actuellement en ces temps de réduction de dépenses.

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Commentaires
a écrit le 19/01/2016 à 9:27 :
bonjour

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