ERAI attend sa liquidation judiciaire

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ERAI compte 27 implantations à l'étranger dont celle, stratégique, de Shanghai
ERAI compte 27 implantations à l'étranger dont celle, stratégique, de Shanghai (Crédits : Reuters)
La subvention de fonctionnement d'ERAI soumise au vote des élus a été rejetée ce vendredi en Commission permanente du Conseil régional de Rhône-Alpes, par 89 voix contre, 58 pour et 8 abstentions. Chaque camp se renvoie la balle. La liquidation judiciaire d'ERAI semble être désormais la seule alternative.

La liquidation judiciaire d'ERAI (Entreprise Rhône-Alpes International) paraît inévitable après que la Commission permanente de la Région Rhône-Alpes a rejeté la subvention devant assurer le financement complémentaire de son exploitation pour 2015, ce vendredi Jean-Jack Queyranne, le président PS de l'Assemblée régionale l'écrit noir sur blanc dans un communiqué :

« Il reviendra au président (Daniel Gouffé) d'aller vers les tribunaux (le TGI de Lyon). Ce qui signifiera le licenciement des personnels et l'arrêt des contrats avec les entreprises. Il en sera de même pour les filiales à Shanghai, reconnue et efficace, à Stuttgart, Turin... Ce sont 130 personnes qui sont concernées ».

Elles sont réparties entre le siège lyonnais et pas moins de 27 implantations dans le monde, toutes déficitaires en 2013 sauf la filiale allemande.

"Tuer ERAI"

Jean-Jack Queyranne poursuit en pointant du doigt les groupes EELV (Europe Ecologie les Verts), qui tous ont voté contre ainsi que 37 des 39 élus de l'UDC (l'Union de la droite et du centre). Administrateur d'ERAI, Xavier Dullin s'est abstenu, lui, tout comme un autre conseiller régional UMP, Pierre Bérat. Jean-Louis Gagnaire, vice président du conseil régional en charge des affaires économiques, n'a pas hésité, lors d'une conférence de presse, à dénoncer  « une alliance de vote d'EELV et de l'UDC », laissant entendre que les premiers sont « allés chercher » les seconds. Dans le même temps, il a prêté à Laurent Wauquiez, investi par l'UMP pour les élections régionales de décembre prochain, la volonté de « faire un coup politique en donnant l'ordre (aux élus de son parti) de tuer ERAI ».

Un mauvais calendrier

« Wauquiez ne nous a jamais donné de consigne de vote », répond Xavier Dullin à Acteurs de l'économie. « Cela fait cinq ans que nous demandons la réforme de cet organisme. A un moment donné le groupe en a eu assez de faire l'appoint de la majorité ». A huit mois du scrutin régional « le calendrier politique était mal choisi pour présenter ce rapport », moque l'élu savoyard. Le 28 janvier dernier, l'abstention de l'UDC avait sauvé l'attribution d'une subvention d'urgence de 1,58 million d'euros à ERAI pour l'exploitation du premier trimestre 2015. Et l'exécutif régional espérait qu'il en soit ainsi encore en mars.

Non au gaspillage de l'argent public

« Ce n'est pas une combinaison politique. C'est un concours de circonstances si ce ballon (ERAI) nous explose à la figure. C'est le gaspillage de l'argent public », plaide pour sa part Jacques Mercier de EELV. « Je n'ai voté aucun budget d'ERAI car nous n'avions aucune visibilité. Cet outil était utile pour la Région mais dévoyé », appuie Fatiha Benahmed, conseillère écologique et administratrice de l'agence.

Jean-Jack Queyranne envoie aussi le coup de pied de l'âne au monde économique et lui reproche d'avoir pris « conscience qu'un peu tard des difficultés d'ERAI », alors qu'il est « majoritaire au conseil d'administration ». Le monde politique « m'a proposé des mesures de redressement mais elles n'ont pas suffi à susciter une vote positif », déplore t'il. La direction d'ERAI a t'elle failli ? A cette question Jean-Louis Gagnaire répond : « il y a eu de l'arrogance et de l'imprudence » précisant toutefois que « 40 % du budget annuel d'ERAI (environ 10 millions d'euros)  étaient financés par les contrats payés par les entreprises accompagnées ». Le solde de 60 % était subventionné par la Région. Tout ça pour en arriver là. Un vrai gâchis.

 Gouffé dénonce "l'irresponsabilité des élus"

« Dans un contexte de carence de subvention publique toutes les équipes d'ERAI restent mobilisées au quotidien et pour l'avenir », garantit Daniel Gouffé dans un communiqué. Le président de cette structure s'en prend à « l'irresponsabilité des élus » et l'instrumentalisation d'ERAI à des fins politiques ». A contrario il voit un salut du côté des "représentants des milieux économiques qui spontanément s'engagent à nos côtés afin qu'ERAI puisse poursuivre les missions qu'elle assure depuis l'origine ».

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Commentaires
a écrit le 08/03/2015 à 10:32 :
Si les présidents des différentes CCI et CCIR, CGPME, MEDEF etc... étaient un peu intelligents....?? ils se réuniraient pour réorganiser et reprendre ERAÏ.
Cette association a rendu de bons et beaux services à des entreprises exportatrices de la région.
Philippe LOUZON
a écrit le 07/03/2015 à 12:47 :
Erai enfin vaincu grâce ou à cause de l'ego surdimensionné de son vieillissant président Gouffé.
Un boulevard et la tranquillité s'offrent désormais au réseau des cci !

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