ERAI  : le vote de tous les dangers ce vendredi

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Erai est implanté dans 27 pays dont la Chine, avec un bureau à Shanghai
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L'agence Rhône-Alpes d'accompagnement des entreprises à l'international échappera t'elle à la liquidation judiciaire ? Les élus régionaux en décideront, ce vendredi 6 mars, en votant ou en rejetant la subvention de fonctionnement d'Erai pour les 9 mois restant de 2015 subordonnée, entre autres, au changement de gouvernance d'ici à avril.

Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI) retient son souffle. Son sort est entre les mains de la Commission permanente de la Région convoquée ce vendredi 6 mars au matin. Les conseillers régionaux sont appelés à se prononcer sur la subvention complémentaire d'exploitation devant « sécuriser » le financement pour le reste de l'année de cette agence créée en 1987 par la Région, pour accompagner les entreprises à l'international. La droite est considérée comme l'arbitre du vote. Mais aucune consigne de vote n'a filtré de la part du groupe UDC au Conseil régional.

Les Verts vent debout

En revanche, Philippe Meunier, député UMP du Rhône, contacté le 3 mars dernier ne faisait pas mystère, lui, de sa décision de rejeter le rapport. « Cette structure qui était un excellent outil s'est dévoyée sous la présidence de Jean-Jack Queyranne (Ndlr : au conseil régional). Elle est devenue un fromage. Ce n'est plus tolérable. La possibilité nous est donnée d'arrêter les frais et j'espère que tout sera mis sur la table».

Une position partagée par les conseillers d'Europe Ecologie les Verts (ELLV), les alliés de départ de Jean-Jack Queyanne qui participent encore à l'exécutif. « Nous avons lancé une procédure d'alerte en juillet 2014 qui a déclenché une enquête de la Chambre régionale des Comptes, en cours chez ERAI », rappelle Jean-Charles Kohlhass, co-président du groupe des élus verts. Le rejet du rapport, par la Commission permanente conduirait l'association, sans doute directement, à sa liquidation judiciaire. « La meilleure des choses pour faire toute la transparence », estime Jean-Charles Kohlhass.

Dans le pire des cas

Une telle issue, serait « un coup de folie » selon Jean-Louis Gagnaire, vice président de Rhône-Alpes en charge de l'économie. Mais ce dernier ne l'exclut pas. Il motive ainsi sa démission de son poste d'administrateur d'ERAI, le 30 janvier dernier, lors d'un conseil d'administration particulièrement houleux, et toujours présidé par Daniel Gouffé. « En ne siégeant plus à Erai je pourrai défendre à  la barre du tribunal de grande instance les projets de reprise d'activités qui seraient initiés par la Région car nous ne laisserons pas les entreprises sans accompagnement à l'international », assure t'il. Toutefois, il reste confiant : « Nous sommes dans la même configuration que le 28 janvier dernier », analyse t'il. L'abstention de l'UDC avait alors permis de faire voter, en urgence, une subvention forfaitaire de 1,579 million d'euros pour le premier trimestre 2015.

Mensualités sous condition

Par ailleurs, Jean-Louis Gagnaire met en avant toutes les précautions prises pour garantir la nécessaire évolution d'ERAI. Le rapport précise que la subvention d'exploitation (4,738 millions pour les trois trimestres restant) sera mensualisée et les versements conditionnés à des engagements précis. Celui du mois d'avril stipule la mise en place d'une gouvernance renouvelée ne se limitant pas à Daniel Gouffé. La présentation d'un plan de recentrage et de restructuration des activités constitue le préalable à la subvention de mai. Celle de juin est soumise à la présentation des comptes consolidés 2014 (autour de 500.000 euros de pertes nettes prévues mais un découvert bancaire de 2,49 millions). Un comité de suivi sera mis en place.

 Recentrage et restructuration

Sous réserve de la levée des conditions suspensives, le rapport propose que le conseil régional abandonne son droit de reprise de deux avances remboursables de 3,2 millions d'euros (transformées en subventions). Il stipule aussi l'octroi d'une subvention plafonnée à 0,75 million pour couvrir les coûts exceptionnels liés à la restructuration de l'agence forte de 126 salariés répartis entre le siège et pas moins de 27 implantations. « Nous sommes dans un pays où l'on doit verser des indemnités de licenciement et certains collaborateurs ont 17 ans voire 20 ans d'ancienneté », justifie Jean-Louis Gagnaire. « Dans cette structure il y a trop de cadres supérieurs et pas assez de cadres intermédiaires », observe t'il. La fusion avec l'Agence Régionale de Développement et de l'Innovation (ARDI) qui a été suspendue en janvier pour des raisons politiques n'est pas abandonnée. «  ERAI pourrait mieux collaborer également avec d'autres structures », considère l'élu évoquant le CRT (Centre régional du Tourisme) ou encore le réseau des CCI.

Pascal Nadobny, le favori

Lors du conseil d'administration du 30 janvier, Daniel Gouffé (75 ans), en place depuis 2005, a subordonné sa sortie  à la désignation de son remplaçant par le conseil d'administration. Un consensus existe pour que cette fonction revienne à un représentant du monde économique. Et, « il faut que le futur président soit toujours en activité », énonce Jean-Louis Gagnaire. L'homme désigné comme le meilleur candidat est Pascal Nadobny, dirigeant de Micel (produits d'isolation), dans la Loire, et président du comité régional des CCEF (conseillers du commerce extérieurs). Considère t'il que ses préconisations ont été prises en compte ?  Deux autres noms circulent : Patrick Martin, Pdg de Martin Belaysoud (négociant en produits pour les professionnels), lui aussi administrateur,  et Bernard Gaud, président du Medef Rhône-Alpes. Tous ont décliné notre demande d'entretien évoquant un dossier sensible qui avance.

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