Lyon Saint-Exupéry : les élus veulent plus de vols

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(Crédits : Aéroports de Lyon)
Lyon-Saint Exupéry, espère devenir la 2e plateforme aéroportuaire de France d'ici 2020. Aéroports de Lyon s'en donne les moyens avec un nouveau terminal en chantier. Mais il reste la question de la privatisation, conditionnée au déblocage des droits au trafic par le Grand Lyon et la Région.

La semaine dernière, les décideurs économiques étaient montés au créneau pour demander l'ouverture de droits au trafic supplémentaire à Lyon Saint-Exupéry. Ce vendredi, les élus en ont remis une couche, lors de la pose de la première pierre du futur terminal 1. Le nouvel équipement, qui entrera en service en 2016, représente 180 millions d'euros d'investissement. C'est l'outil de base pour devenir potentiellement le 2e aéroport de France d'ici 2020. Mais l'Etat laissera t-il Saint-Ex voler de ses propres ailes?

"Solution gagnant-gagnant"

Dans l'optique de la privatisation, le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne et le président du Grand Lyon, Gérard Collomb n'ont pas manqué de rappeler la position des trois collectivités locales, actionnaires de la société Aéroports de Lyon pour un total de 15 %.

"Nous ne sommes opposés à rien. À une condition, que cela permet de développer les vols ! C'est une condition sine qua non, que nous avons posée au ministre de l'Économie. Nous comprenons que pour l'État ce soit une simple question financière. Mais, cela doit déboucher sur une solution gagnant-gagnant" a martelé Gérard Collomb.

La question Air France

"Il faut que cesse la centralisation de l'aviation dans notre pays. C'est une condition du développement de notre aéroport", insiste Jean-Jack Queyranne. Élus et acteurs économiques reprochent à l'État et la DGCA de "protéger" Air France en restreignant les droits au trafic aux compagnies étrangères. Depuis 2013, la compagnie nationale a reculé de 11 % à Saint-Ex. A contrario, par exemple, Emirates souhaiterait pouvoir déployer sa ligne Lyon-Dubaï 7 jours sur 7 contre 4 aujourd'hui. "Lyon Saint Exupéry s'est développé avec les compagnies étrangères et le lowcost", souligne Jean-Jack Queyranne, rappelant que Paris représente 90 millions de passagers quand Lyon n'en réalise 8,5 millions. Mais pour Philippe Grillot, actuel président de la CCI de Lyon, 2e actionnaire d'Aéroports de Lyon : "l'État reste le seul maitre du jeu".

Pas d'attitude protectionniste

Pour les élus politiques, sur le fond, la privatisation n'est pas en soi une hantise. Quant au risque que l'investisseur choisi soit étranger, Jean-Jack Queyrane tempère également :

"Avec Toulouse, il y a eu un vent de panique. N'ayons pas une attitude protectionniste. Si nous voulons un aéroport international, il faut des capitaux internationaux."

Dans le cahier des charges du futur appel d'offres, les collectivités demandent néanmoins l'existence d'un droit de véto pour les décisions stratégiques qui concerneront l'avenir de l'aéroport.

La valeur d'Aéroports de Lyon est estimée, pour la fourchette basse, à 600 millions d'euros et 800 millions pour la fourchette haute. Dans le processus de privatisation, l'État opterait pour la cession de 49,9 % du capital, sur le même modèle que pour Toulouse Blagnac. Actuellement, il détient 60 % du capital, la CCI de Lyon en possède 25 %, la région Rhône-Alpes, le Grand Lyon et le département du Rhône 5 % chacun.

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a écrit le 15/12/2014 à 20:36 :
Cela fait plus d'un demi siècle que le transport aérien "de masse" a pris son envol; et cela fait 50 ans que les élus locaux bassinent avec leurs fantasmes. Qui fera un jour l'historique des faillites, dans ce marché, et mettra en évidence la responsabilité des notables locaux ? Quand est ce que ces mêmes personnages comprendront que toutes les compagnies aériennes (enfin, pas certaines... suivez mon regard) sont confrontées à une réalité: la rentabilité. Et que même poser le plus petit des avions long courrier pour les besoins de quelques dizaines de passagers, "ça coûte". Qu'à cela ne tienne: leur credo c'est "on veut nos navions !!!"; dumping social, mise en faillite, impositions locales démentielles..., ce n'est pas un problème... "on veut nos navions !"...
Réponse de le 16/12/2014 à 1:07 :
justement demain je pars de Lyon pour aller à Honkong. comme le billet chez Emirates était 200€ plus cher au départ de Lyon, ben je vais en train jusqu'à Roissy et au passage je.ne paye pas les 15€ aller simple du Rhonexpress (55€ aller retour de train Lyon Roissy).
a écrit le 15/12/2014 à 8:32 :
Si l'aéroport veut se développer , qu'il commence par capter le trafic local et symbolique comme le beaujolais par exemple , cette année 7 boeing 747 se sont envolés pour Hong Kong à partir de Roissy . Quid du bilan carbonne pour acheminer ces cargaisons du beaujolais à Paris ??
a écrit le 13/12/2014 à 17:13 :
"Lyon Saint-Exupéry : les élus veulent plus de vols"

Oui, mais pas au dessus de leur maison.
Réponse de le 14/12/2014 à 21:13 :
Conçu dans les années 60, cet aéroport a été inauguré en 1975 !
Michel, un demi siècle après, vous auriez pu deviner que des avions volaient à proximité des aéroports !!! Lorsque vous déciderez de déménager, n'oubliez pas : sur les voies ferrées, il arrive de voir des trains, et sur les autoroutes... des camions !!!
Que vous vous opposiez à la construction d'un nouvel aéroport, d'une rocade ou autre infrastructure, ça peut se comprendre... mais s'opposer à l'utilisation optimale d'un équipement devient ridicule !! D'autant qu'on ne parle pas de vols de nuit, que je sache...
Réponse de le 15/12/2014 à 0:59 :
@lyon69

Le problème de votre "optimisation" de l'outil aéroportuaire c'est que les élus n'ont que faire des nuisances sonores subies par les habitants des communes périphériques et cette optimisation ne pousse pas au contournement de l'espace aérien de l'agglomération lyonnaise, sans compter la pollution de l'air que l'augmentation du trafic aérien engendre notamment par mesure de sécurité (vidange du carburant en plein vol).
Réponse de le 15/12/2014 à 12:15 :
Je ne conteste pas que le trafic engendre des nuisances... mais on achète pas une maison (moins cher, à cause des nuisances !) pour ensuite exiger la suppression de ces mêmes nuisances !! L'intérêt collectif, c'est le développement de St Exupéry !
Réponse de le 15/12/2014 à 12:21 :
"contournement de l'espace aérien de l'agglomération lyonnaise" !!! Vous voulez que les avions contournent l'aéroport lyonnais pour aller se poser ou ? A Clermont-Ferrand ? À paris ?? Votre commentaire confirme qu'après avoir acquis pour pas cher près d'un aéroport, vous voulez maintenant que cet aéroport soit contourné !!!
Réponse de le 15/12/2014 à 12:26 :
Vous voulez que les avions contournent la région... je suppose qu'une fois déposé à Roissy (Ben ouais, eux, ce n'est plus des nuisances !), le voyageur devra prendre le train (ah non : je suppose que vous vous opposez AUSSI à une ligne TGV !)... prendre la voiture (ah non : la rocade est doit redevenir une desserte locale !)... bon Ben... le voyageur, il a qu'à finir à pied ou à cheval ! (ouais, enfin, s'il ramasse le crottin !) Vous êtes drôles, Michel (ou pathétique : les deux termes collent )
Réponse de le 15/12/2014 à 18:10 :
Quand vous achetez un bien immobilier en banlieue sans couloir aérien au dessus de votre tête dont la décote n'est essentiellement due qu'à l'environnement socialement défavorisé des résidents, vous ajoutez à cela des nuisances sonores ainsi que la pollution aérienne et vous obtenez un cocktail explosif. Non, l'agglomération lyonnaise n'a aucun intérêt à détrôner l'agglomération parisienne dans toute sa médiocrité!

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