Pourquoi Oscaro.com s’allie avec le CEA Leti ?

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(Crédits : DR)
L’un est l'un des leaders européens de la distribution de pièces automobiles neuves en ligne, l’autre l’un des principaux centres de recherche appliquée en microélectronique au niveau mondial. Ensemble, ils veulent s’attaquer aux freins qui peuvent encore peser sur le commerce en ligne. Décryptage.

Avec 400 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 2017 pour près de 1 000 salariés (répartis entre ses deux entrepôts logistique et ses centres d'appels), le fournisseur en ligne de pièces détachées neuves pour l'automobile Oscaro.com est déjà bien loin de ses débuts.

Lancé en 2001 par l'entrepreneur Pierre-Noël Luiggi, diplômé d'HEC, Oscaro se positionne aujourd'hui comme l'un des leaders mondiaux dans son domaine et livre ses pièces détachées à l'échelle mondiale. Basé à Paris, le distributeur a pourtant fait appel au centre de recherche grenoblois du CEA Leti pour bâtir un partenariat stratégique.

"Aujourd'hui, nos ventes reposent surtout sur la confiance accordée aux transporteurs, mais cela ne suffit plus, car les clients sont de plus en plus exigeants concernant le suivi de leurs commandes", affirme Pierre-Noël Luiggi.

C'est une rencontre avec le patron du Leti, Emmanuel Sabonnadière, qui l'a convaincu des intérêts d'une telle collaboration.

"L'objectif est de développer une application qui permette à nos clients d'être en contact direct avec leur colis tout au long du processus, en glissant une puce qui permette de "tracker" le colis avec une précision de quelques dizaines de mètres", détaille le patron.

Avec, également, des informations sur les chocs éventuellement subits ou des ouvertures intempestives en cours d'acheminement.

Pour cela, le e-commerçant a souhaité faire appel au Leti, en vue de développer la partie "hard" du dispositif (le capteur électronique). La partie plus "soft" de ces trackers GPS a fait l'objet d'un partenariat avec la société toulousaine spécialisée dans les télécommunications, Sigfox, en vue d'améliorer le positionnement spatial de ces importantes flottes de capteurs.

"Il existe déjà de tels dispositifs qui circulent dans certains colis en France, mais tout l'enjeu est de miniaturiser les capteurs et de faire descendre les prix afin de les intégrer à plus grande échelle", estime Pierre-Noël Luiggi.

Et pour cause : Oscaro vise ensuite à implanter cette technologie à travers une dizaine de millions de colis qu'il expédie chaque année. "Nous avons besoin de faire très vite, on ne parle pas de plusieurs années de R&D, mais d'un cycle de 18 mois, à l'issue duquel un produit devrait pouvoir être produit, à destination du grand public".

Un centre de R&D en Isère

Il ne s'agit pas de la seule incursion que le leader du e-commerce pour l'automobile réalise en Isère. Oscaro a ouvert, il y a quelques mois dans le plus grand secret, un centre de R&D à Bernin, l'Oscarolab, à quelques pas de Soitec et des acteurs de la filière de la microélectronique iséroise.

"Nous nous sommes installés ici afin de nous rapprocher de l'écosystème du CEA Leti et de ses partenaires", souligne son fondateur.

Le site emploie actuellement une quinzaine de personnes, principalement des techniciens et ingénieurs, qui planchent sur les derniers projets de R&D du groupe. Avec, parmi eux, un projet emblématique pour le groupe, qui souhaite développer un kit d'électrification à destination des véhicules thermiques.

"Nous développons nos kits d'électrification, intégrant nos propres packs batteries lithium, nos cartes électroniques et logiciels embarqués associés", glisse Emmanuel Flahaut, directeur de l'Oscarolab.

Un système qui permettrait ainsi de transformer n'importe quelle voiture ou presque en véhicule électrique, en vue de répondre à un enjeu à la fois écologique et financier, selon Pierre-Noël Luiggi : "En un peu moins de 15 ans, près d'un milliard de voitures ont été produites au niveau mondial. Notre objectif serait déjà d'en équiper quelques millions".

Si le fondateur se montre encore discret sur le projet, il glisse tout juste que ce nouveau produit vise en premier lieu à équiper des voitures "récentes et glorieuses", telles que des Fiat 500, ou encore des Mercedes... "Mais pour cela, nous devrons déjà vérifier la faisabilité de ce projet, en matière d'industrialisation, avant de pouvoir produire de premières séries sur notre ligne pilote d'ici environ un an".

D'après Emmanuel Flahaut, ce projet vise en premier lieu à électrifier des gammes de pickups. "Les batteries sont pour l'instant produites sur notre ligne pilote de Bernin avant un lancement de production série en 2019".

Sur ce projet, Oscaro collabore notamment avec des acteurs de la filière comme la société grenobloise Wattalps, spécialisée dans la gestion d'énergie, pour la production série des batteries modulaires, ou encore le fabricant allemand GTE Automotive.

Une diversification de son offre qui permettrait de soutenir la croissance du pure-player de l'automobile, qui prévoit de passer la barre des 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2020.

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Commentaires
a écrit le 28/07/2018 à 16:25 :
M. Luiggi n'est pas diplômé d'HEC, il suffit de regarder son profil Linkedin pour voir qu'il a étudié à Science Po.
a écrit le 16/07/2018 à 16:02 :
Bonjour,

Encore fraudrait-il que Oscaro paye ses fournisseurs. Entreprise en difficulté, ça arrive mais qui dépense autant en publicité, en sponsoring, en évènements...

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