Santé : deux millions d'euros pour financer la recherche contre le cancer

 |   |  569  mots
(Crédits : Laurent Cerino / ADE)
L'institut pour l'Avancée des Biosciences de Grenoble (IAB) et le Centre de recherche en Cancérologie de Lyon (CRCL) portent un projet de recherche sur la plasticité des cancers. Ce programme a obtenu le soutien du fonds de dotation Msdavenir du laboratoire MSD France à hauteur de 2,1 millions d'euros pour quatre ans.

Le projet Erican pourrait être "une étape majeure dans la connaissance du cancer" affirme le professeur Pierre Heinaut, directeur de l'institut pour l'Avancée des Biosciences de Grenoble, à l'occasion de la présentation, en compagnie Patrick Mehlen, directeur adjoint du Centre de recherche en Cancérologie de Lyon, des objectifs de cette nouvelle recherche sur le cancer. Elle vise à comprendre les mécanismes moléculaires et cellulaires qui caractérisent les rechutes des patients traités.

"Ce programme correspond à un besoin sociétal important. Le poids des cancers dans la mortalité de la population diminue, parce que les traitements s'améliorent. Maintenant, nous faisons face à la vague suivante du problème : les rechutes. Ce n'est pas le même cancer qui revient, il a des caractéristiques plus sévères. Il faut alors repenser l'arsenal de traitement des patients en fonction de ces cancers profondément modifiés. Cela devient presque une maladie chronique, avec des modèles de traitement qui évoluent à chaque épisode de rechute," explique le professeur Pierre Heinaut.

Les recherches se baseront sur deux pathologies : le cancer du poumon et le cancer de la peau (mélanome). En effet, ils ont été parmi les premiers à bénéficier de traitements ciblés. Le taux de rechute des patients est donc significatif.

Comprendre l'évolution des cancers, le phénomène de plasticité pour mieux anticiper et prévenir les rechutes chez les patients, voilà l'application finale de ces recherches fondamentales.

Une expertise scientifique

Au-delà de son innovation médicale, le projet Erican se distingue par son portage privé/public. D'abord, il réunit deux centres de recherche à la pointe en matière de cancérologie. Une synergie possible grâce au Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône Alpes (CLARA), dont le rôle consiste à détecter, fédérer et financer la recherche en cancérologie dans la région.

"Ce projet est emblématique des objectifs du Cancéropôle. Il est un bel effort de convergence collective. Nous sommes fiers d'avoir réussi à mettre en synergie les deux fleurons de notre recherche d'excellence régionale," se félicite Véronique Trillet-Lenoir, présidente du comité de direction du Clara.

Lire aussi : Comment le cancéropole est parvenu à jeter des ponts entre chercheurs et entrepreneurs

Ainsi, 150 chercheurs lyonnais et grenoblois seront mobilisés sur ce programme.

"Ce projet est le résultat d'un long travail de mise en réseau, soutenu par le Cancéropôle. Les deux centres ont grandi ensemble depuis 15 ans," note Pierre Heinaut.

L'autre particularité d'ERiCAN, c'est le soutien accordé par une entreprise privée, à travers l'investissement de 2,1 millions d'euros de MSDAVENIR, fonds de dotation du laboratoire MSD France. Ce montant, prévu sur une durée de 4 ans, représente environ un tiers du budget total de ces recherches qui s'élève à 6 millions d'euros.

"La recherche ne peut exister sans partenariat public/privé, c'est fondamental. Le laboratoire n'aura aucun retour sur investissement, si ce n'est un 'avantage de premier regard' par son implication dans le suivi du projet," assure le Dr. Dominique Blazy, directeur médical de MSD France et président du comité scientifique de MSD Avenir.

Il faudra compter une dizaine d'années avant que la recherche ne soit appliquée aux patients du centre Léon Bérard à Lyon, puis une nouvelle dizaine d'années avant la commercialisation des molécules sur le marché.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :