Datas : "Des alternatives existent à l’utilisation de Google ! "

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Certains pensent que les "datas", les données numériques améliorent la société, d’autres considèrent au contraire leur utilisation comme dangereuse et intrusive. Entre avantages sociétaux et abus des Gafas (Google, Apple, Facebook, Amazon), des spécialistes du domaine ont échangé au cours d’une conférence-débat organisée le 7 novembre par Acteurs de l’économie-La Tribune à l’INSEEC U. Lyon, en partenariat avec le Groupe SFC.

"Les datas, c'est de l'or", pose Christian Borel, en charge des questions relative au nouveau règlement général sur la protection des données (RGPD) au sein du cabinet Jakubowicz. De l'or pas toujours utilisé "à bon escient", selon l'avocat.

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

Les "datas" ou données numériques, dont nos données personnelles font parties, ont envahi toutes les sphères de la société. Ce flux continu d'informations venu d'internet (web, messageries, réseaux sociaux...) permet aujourd'hui d'établir le profil de n'importe quel citoyen. Des millions de données qui représentent un intérêt financier considérable pour les entreprises - afin de cibler au plus près leurs utilisateurs par exemple.

Le RGPD, un pas en avant pour protéger les données personnelles

Face aux dérives et aux abus de certaines entreprises, une réglementation européenne a été mise en place pour protéger les données personnelles.

Le RGPD, voté en 2016 et appliqué depuis le 25 mai 2018, encadre le traitement, la collecte et la commercialisation des données personnelles. La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) doit s'assurer que les entreprises respectent cette réglementation sous peine de sanctions.

"Nous ne sommes qu'aux prémices de la réglementation sur l'utilisation des données personnelles. L'objectif est d'essayer de rattraper notre retard et d'empêcher les abus", affirme Me Borel.

"Le RGPD constitue un pas en avant pour nous prémunir des abus des géants numériques ou des Etats", estime Clément Levallois, professeur associé à l'emlyon business school, responsable du Data R&D Institute.

"Ce règlement pourra protéger les plus fragiles, ajoute quant à elle Léthicia Rancurel, directrice du TUBA, secrétaire nationale de Cleantech mobilité. "Il est bon d'ouvrir nos données à condition de les ouvrir à des tiers de confiance dont on sait l'usage qu'ils vont en faire", précise-t-elle.

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

Si le RGPD pose un cadre aux entreprises européennes, son application s'arrête cependant aux frontières de l'Union européenne. Denis Jacquet, président de l'Observatoire de l'Ubérisation, craint que cette réglementation ne profite qu'aux géants américains et chinois du numérique, qui y échapperont de facto.

"Ce règlement va se retourner contre nous ! A moins d'avoir nos propres champions du numérique, ce qui n'est pas le cas", prévient l'entrepreneur.

"Quand on fait le choix d'une application, on fait le choix d'un modèle économique"

Pour lui il faudrait s'affranchir des géants du numérique :

"La première chose à faire, c'est supprimer Google. Je ne dis pas cela parce que je suis antiaméricain mais parce que quand on fait le choix d'une application, on fait le choix d'un modèle économique. Il existe des alternatives, comme Qwant, un moteur de recherche français qui préserve les données personnelles. Quand vous choisissez Deliveroo ou Amazon, vous vous dites, c'est génial, c'est pas cher, mais en fait, si ce n'est pas cher, c'est parce qu'au bout de la chaîne, le livreur est payé 8 ou 9 € de l'heure et il ne cotise pas pour sa retraite."

Construire des modèles alternatifs

Se protéger des géants du numérique passerait donc par l'éducation des générations futures et par les initiatives citoyennes :

"Il faut fonder une vision, construire des modèles alternatifs et de confiance. Je crois en la capacité des gens qui se rebellent et proposent autre chose", plaide Denis Jacquet.

"Les organisations citoyennes comme La quadrature du net se donnent pour mission d'être les chiens de garde du RGPD pour aller attaquer les Gafas. Elles ont un rôle à jouer dans la détection et la correction des abus", ajoute Clément Levallois.

"Nous sommes dans la guerre froide de la donnée. L'éducation est l'une des clés. Il faudrait apprendre aux jeunes à coder dès la primaire pour qu'ils maîtrisent cette donnée numérique plutôt que de la subir", conclut Léthicia Rancurel.

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

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Commentaires
a écrit le 10/11/2018 à 11:49 :
""Quand on fait le choix d'une application, on fait le choix d'un modèle économique""

Ouais ben dites ça à Roger, ouvrier à l'usine, qui fait 2h30 de trajet aller-retour par jour pour aller bosser, qui fait des heures sup pour survivre et qui a certainement vachement le temps d'être un "conso'acteur"...

N'importe quoi.
a écrit le 09/11/2018 à 17:45 :
le pb c'est que les gens sont vaccines au tout gratuit
ne pas laisser ses donnees, et payer pour des services, ca n'interesse personne...... quand a l'argument sur le livreur a 9 euros, il fait sourire!
tout le monde est contre les bas salaires, surtout quand on est concerne a titre personnel, mais quand il faut faire un choix, ca va quand meme au moins disant ' car je n'en n'ai pas les moyens moi'
pf drucker disait ' la fidelite du consommateur s'arrete a une reduction de 1 cent'
he ben la c'est pareil

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