Ils « osent » diriger leur vie

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Les 10 lauréats de la 8ème édition du Prix de l'esprit d'entreprendre, le 3 juin à la CCI de Lyon. Crédits : Laurent Cérino
Les 10 lauréats de la 8ème édition du Prix de l'esprit d'entreprendre, le 3 juin à la CCI de Lyon. Crédits : Laurent Cérino (Crédits : Laurent Cerino)
La 8ème édition du Prix de l'esprit d'entreprendre, organisée par Acteurs de l'économie-La Tribune et le CJD Rhône-Alpes, a distingué dix réalisations entrepreneuriales en Rhône-Alpes. Ou plutôt dix trajectoires de vie qui ont valeur d'exemple.

Chaque année depuis 8 ans déjà, Acteurs de l'économie-La Tribune, en partenariat avec le Centre des Jeunes Dirigeants Rhône-Alpes, récompense l'excellence et l'audace, l'indiscipline et l'innovation, le risque et le partage. Mardi 3 juin à la CCI de Lyon et en présence de 400 personnalités, 10 réalisations entrepreneuriales ont été distinguées.

« La résilience, c'est faire de ses blessures une œuvre d'art »

Dans des secteurs d'activité, des territoires, des dimensions, des vocations extrêmement diverses, leurs auteurs ont su concilier efficacité économique et intérêt général, sens et utilité pour eux-mêmes autant que pour leur écosystème. Dix trajectoires de vie qui ont valeur d'exemple et que les 18 membres du jury, tous professionnels de l'entrepreneuriat, ont distinguées.

8 prix de l'esprit d'entreprendre

La cérémonie s'est déroulée dans la salle de la Corbeille, à la CCI de Lyon. Crédits : LC

Pour Boris Cyrulnik, président de la cérémonie succédant au mathématicien Cédric Villani l'an dernier, entreprendre, c'est refuser de se soumettre. « La soumission est tranquillisante. En me soumettant, je me laisse aller, je n'ai pas à décider, donc je peux dormir tranquille. Par conséquent, si j'échoue, c'est la faute d'autrui, car moi je n'ai fait qu'obéir. » A l'opposé de cette attitude, on trouve les entrepreneurs, dont le rôle est vital : « Ils ont le talent d'innover, ils sont contraints à la créativité, affirme l'éminent psychanalyste, rappelant que l'arme essentielle de la dictature c'est le conformisme ».

La nécessité de rebondir

Pour ce grand spécialiste de la résilience, entreprendre c'est aussi apprendre de ses échecs, inévitables - sinon indispensables - dans le processus de création et d'innovation. Peut-il y avoir un entrepreneur sans échec ? « Il ne doit pas y en avoir beaucoup. On apprend grâce aux pépins de la vie. A force d'échouer, on finit par réussir. La résilience, c'est faire de ses blessures une œuvre d'art. »

Christine Ollier, lauréate du Prix du rebond, est l'exemple même de cette résilience. Simple salariée au sein de l'entreprise Oletal dirigée alors par son époux, elle a décidé de reprendre les manettes de l'entreprise après le décès de celui-ci en 2005. Soutenue par l'ensemble des salariés, cette mère de trois enfants alors très jeunes est devenue en l'espace de deux jours chef d'entreprise. Un choix parfaitement lucide en dépit des circonstances. « C'était un virage capital, se souvient-elle. Très rapidement, plusieurs chemins se sont présentés à moi et j'ai choisi celui de l'entreprise. » Aujourd'hui, le message de cette femme dirigeante tient en peu de mots : « Osez diriger votre vie ! »

Christine Ollier

Christine Ollier, lauréate du Prix du rebond. Crédits : Laurent Cériono

Une réussite toujours collective

Pour Acteurs de l'économie et le CJD Rhône-Alpes, mettre à l'honneur ces femmes et ces hommes qui ont trouvé le courage de créer et d'innover au mépris des difficultés, c'est rappeler qu'il faut aimer ceux qui, jour après jour, ravivent le noble terme « entreprendre ».

Car ces aventuriers du quotidien demeurent souvent mal-aimés au sein de l'opinion publique, toujours méfiante vis-à-vis de la réussite. Et pourtant, il n'existe pas d'économie sans entrepreneurs. L'effort qui reste à faire est donc celui de la pédagogie, car on ne peut légitimement pas assimiler un entrepreneur à un patron du CAC 40. Il est de la responsabilité des médias de dédramatiser la réussite entrepreneuriale - toujours une réussite collective - et de rappeler que l'action d'entreprendre demeure l'un des derniers leviers du « faire ensemble », donc du « vivre ensemble ».

Entreprendre, c'est cultiver du courage et du rêve

Libérer l'esprit d'entreprendre est aujourd'hui une nécessité absolue imposée par la situation économique et sociale du pays. C'est ce à quoi a contribué l'ensemble des personnalités distinguées. Toutes, à leur échelle (micro-locale ou mondiale), ont su créer et innover dans une démarche de progrès altruiste et responsable. Elles sont la preuve qu'entreprendre, c'est cultiver du courage et du rêve, de l'abnégation et de l'inconscience, de la passion et de la vision.

 Alain prost, grand prix

Alain Prost, lauréat du Grand prix du Jury. Crédits : Laurent Cérino 

Lesquels constituent le « moteur » qui a poussé Alain Prost à ressusciter la société Lejaby, sauvant une entreprise plus que centenaire de la liquidation. Lauréat du Grand prix, celui qui revendique un « paternalisme à la française » entend faire de cette marque historique française un « Hermès de la lingerie ». Sa recette ? « Il faut avoir un vrai projet, une vraie vision et le courage d'oser. » Des principes qui font le lien entre des lauréats aussi bien fonctionnaires qu'artistes, chercheurs que capitalistes, managers qu'associatifs.

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