Louis Jézéquel, entrepreneur des labos

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Crédits : Laurent Cérino
Crédits : Laurent Cérino (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Louis Jézéquel est lauréat du Prix chercheur-entrepreneur. Si les vibrations ont presque totalement disparu au sein des habitacles de nos véhicules, si les bâtiments adoptent des formes inimaginables, c’est un peu grâce au chercheur et entrepreneur Louis Jézéquel qu’on le doit.

Fondateur de l'Equipe de Recherche D2S (dynamique des systèmes et des structures) hébergé au sein de Centrale Lyon, Louis Jézéquel vit l'innovation comme un sacerdoce. « Mon but, c'est de faire avancer ma discipline scientifique. Je suis un peu comme un moine », lance-t-il de façon récurrente lorsqu'on lui demande ce qui le motive dans ses recherches depuis 40 ans.

Quand la recherche devient start-up

A cette époque, il travaille principalement sur la mise au point d'outils de simulation numérique. En bon chercheur, Louis Jézéquel a concocté des méthodes qui lui sont propres pour faire avancer les choses. Là où la grande majorité de ses collègues entreprend des travaux financés par les deniers publics, lui va dégoter des subsides auprès des industriels. « J'ai toujours engagé des contrats dont les montants étaient bien supérieurs à mon salaire », claque-t-il. Mais surtout, c'est de ces relations étroites avec les entrepreneurs que lui viennent tous les sujets sur lesquels il travaille. Et trouve. « Je suis la preuve vivante que les bons sujets de recherche viennent de l'industrie et répondent très souvent à des challenges scientifiques. En plus, si le besoin est avéré, vous parvenez à trouver des financements sans trop de mal », modélise le chercheur.

Les problématiques des industriels en lien avec les vibrations, la dynamique des bâtiments et encore l'acoustique ou la tenue des structures n'ont donc guère plus de secret pour lui. Son expertise lui a valu moult propositions d'emplois de la part d'industriels de renom. Toujours déclinées ! Sauf une lui permettant de ne pas totalement quitter son laboratoire. « J'ai accompagné le groupe PSA durant plusieurs années en tant que conseil. » Le sentiment du devoir accompli avec cet industriel comme avec d'autres en ce qui concerne la diffusion des technologies de modélisation numérique, l'un de ses sujets de recherche favori, Louis Jézéquel se tourne vers la conception des objets innovants.

Rapprocher les compétences 

Un champ inépuisable qu'il explore dans un premier temps avec Renault en montant une équipe de recherche technologique, tout en continuant d'animer la première équipe de recherche qu'il a lancée en 1985 à Centrale. Ce faisant, il perçoit très tôt que le potentiel créatif se décale des grands groupes vers les PME. Crise aidant, ces dernières années l'ont donc conduit à multiplier les collaborations avec des structures plus confidentielles et à pousser ses étudiants vers la création d'entreprise, en lançant, non sans mal, une classe entrepreneuriat à Centrale. Ses recherches se transforment donc souvent en startups. D'autres servent à assouvir sa soif d'innovation, car dit-il, la recherche c'est trouver une idée nouvelle dans sa discipline, mais l'innovation c'est tout changer.

Il justifie alors les quelques folies présentes dans son laboratoire : une moto monoroue, des voitures caddy s'emboitant les unes aux autres… « Le but ultime est bien évidemment de créer des entreprises ou de lancer  de nouveaux produits, mais tout chercheur traque aussi les challenges. C'est aussi son image de marque : si vous savez faire ça, vos partenaires potentiels se disent que vous êtes capable de faire autre chose. »

Après près de 40 ans passés à chercher, le prochain challenge de Louis Jézéquel sera de rapprocher. Rapprocher des compétences venues du monde de l'enseignement, de l'entreprise et de la recherche, et s'inspirer de l'expérience conduite à Saclay pour créer sur le Campus Ouest un institut de recherche technologique au service de l'économie numérique. « Les meilleurs de mes étudiants partent là-bas. On va bien arriver à créer un outil aussi novateur et performant à Lyon », promet celui qui a déjà dirigé 125 thèses.

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Commentaires
a écrit le 08/12/2014 à 22:07 :
Et ses élèves disent quoi ?
a écrit le 06/07/2014 à 23:48 :
FELICITATIONS A LOUIS JEZEQUEL

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