Lyon, Grenoble et Saint-Etienne n'échappent pas à la zone d'alerte maximale

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Le ministre isérois de la santé, Olivier Véran, doit réaliser un nouveau point d’étape ce jeudi soir, avec, à la clé, le sort de plusieurs villes de la région comme son ancien fief, Grenoble, mais également les villes de Lyon et Saint Étienne, où le virus circulerait toujours activement.
Le ministre isérois de la santé, Olivier Véran, doit réaliser un nouveau point d’étape ce jeudi soir, avec, à la clé, le sort de plusieurs villes de la région comme son ancien fief, Grenoble, mais également les villes de Lyon et Saint Étienne, où le virus circulerait toujours activement. (Crédits : POOL)
L'annonce était pressentie depuis ce matin. Dans son nouveau point d'étape, le ministre de la santé, Olivier Véran, a confirmé que plusieurs villes de la région (Lyon, Grenoble et Saint Étienne) basculent dès ce soir en zone d’alerte maximale à compter de samedi, à l’image de Paris et Marseille. En conséquence, le groupe lyonnais GL Events annonce, en parallèle, l'annulation de son salon Equita Lyon et sa transformation en neuf journées de compétitions à la jauge limitée.

(Publié à 12:00, réactualisé à 18:25)

C'était, à nouveau, une annonce très attendue par les professionnels du territoire. Classée jusqu'ici en zone d'alerte renforcée, la région lyonnaise basculera finalement, comme ses voisins Grenoble et Saint-Etienne, en zone d'alerte maximale dès ce samedi. Une autre métropole d'Auvergne Rhône-Alpes, Clermont-Ferrand (ainsi que Dijon) passe quant à elle en zone d'alerte renforcée.

Sept jours après les premiers entretiens réalisés entre le Premier Ministre, Jean Castex, et les élus du territoire -le maire EELV Grégory Doucet ainsi que le président de la métropole, Bruno Bernard-, la situation en région lyonnaise ne se sera pas suffisamment améliorée au goût du gouvernement.

Cette annonce, dont les modalités doivent être encore être détaillées de vendredi matin par le préfet de Région, Pascal Mailhos, devrait entraîner la fermeture des bars ainsi que la mise en place de protocoles sanitaires plus stricts au sein des restaurants. Un nouveau coup dur pour le secteur de l'hôtellerie restaurant, ainsi que pour l'événementiel, déjà profondément touché par les restrictions sanitaires depuis mars dernier.

En même temps, le ministre de l'économie Bruno Le Maire a annoncé un élargissement du fonds de solidarité, qui a déjà été utilisé par près de 150.000 entreprises, à 75.000 nouveaux établissements de moins de 50 salariés (fleuristes, blanchisseries, bouquinistes, arts de la table, etc) ainsi qu'une prise en charge des mesures de chômage partiel à 100% par l'Etat pour les professions de l'événementiel, de la culture ou encore du sport jusqu'à la fin de l'année.

Première conséquence directe : le groupe GL Events vient d'annoncer l'annulation de son salon Equita Lyon et sa transformation en neuf journées de compétitions, à la jauge limitée (1.000 personnes par compétition). Une première pour ce salon européen de la filière équine, qui avait accueilli un record de 175.000 visiteurs lors de son édition 2019.

Le sort de trois villes de Rhône-Alpes en suspens

Comme l'avait souligné le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son intervention télévisée ce mercredi en évoquant le sort des régions françaises touchées par la Covid-19, "il y a des situations où c'est l'accalmie et d'autres où ça s'accélère. La carte va donc évoluer". Ce dernier a appelé à aller vers plus de restrictions dans les zones où le virus "circule trop vite".

"Si la situation venait à se dégrader, nous pourrions être conduits la semaine prochaine de placer ces territoires (notamment Lyon) en zone d'alerte maximale", avait prévenu la semaine dernière le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Et c'est toujours du côté de trois villes de la région Auvergne Rhône-Alpes (Lyon, Grenoble, Saint Étienne) ainsi que de la région lilloise (Hauts-de-France) que les voyants semblaient demeurer au rouge ce jeudi.

Alors que les dernières données concernant l'évolution de l'épidémie devraient être détaillées ce soir, l'heure ne semble cependant pas encore à une courbe descendante au sein de ces quatre métropoles, contrairement à Nice ou Bordeaux, qui semblent bénéficier d'une décélération de la circulation du virus.

Des chiffres locaux qui évoquent un plateau

D'après les derniers chiffres recueillis à Lyon, le taux de patients Covid-19 en réanimation dans les hôpitaux aurait atteint, au cours de cette semaine, un plateau avec un taux d'occupation de 30%. Aux Hospices civils de Lyon (HCL)-148 lits de réanimation, avec un plan de montée à 199 lits-, une quarantaine de patients étaient hospitalisés en réanimation ce mercredi, soit "à peu près le niveau observé depuis 5 à 7 jours". Reste qu'avec les patients Covid, le taux d'occupation global des lits en réanimation atteignait les 90 et 95 % au sein des HCL...

Le basculement de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne, dans la catégorie des zones d'alerte maximale dès samedi devrait entraîner des mesures plus drastiques, comme une fermeture complète des bars, à l'image de Paris ou Marseille. De nouvelles limitations dans les déplacements seraient toutefois exclues par l'exécutif, pour lequel "nous ne sommes pas, et nous ne serons pas pour plusieurs mois dans un temps normal", et qui préfère privilégier "la responsabilisation des citoyens".

Les premières réactions lyonnaises

Interrogé hier par l'un de nos confrères, le maire de Lyon, Grégory Doucet, estimait quant à lui qu' "à la vue des dernières données, il me semble que nous sommes encore en capacité de faire face à l'épidémie (...) On est en train de prendre, me semble-t-il, les bonnes mesures complémentaires", affirmait l'élu EELV, en référence aux dispositifs mis en place cette semaine concernant les aînés et les jeunes. Un maire qui ne souhaitait pas que de nouvelles mesures n'entraînent dans sa ville la fermeture des bars et des restaurants.

De son côté, Laurent Duc, président du l'UMIH du Rhône et propriétaire exploitant de l'hôtel Ariana à Lyon, ne cachait pas ses inquiétudes pour la profession, qui représente 2.500 établissements à l'échelle de la métropole lyonnaise. Joint par la Tribune ce jeudi après-midi, il regrettait : "Nous avons proposé un grand nombre de choses afin d'éviter justement le passage en zone rouge. Et lorsqu'on voit les chiffres des hospices civils de Lyon et de l'ARS, on se rend compte qu'il n'y a qu'un cas de réanimation supplémentaire par rapport à la semaine dernière".

Le représentant de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie dénonce au passage le mode de calcul utilisé : "Lorsqu'on voit que Lyon est la ville de France qui teste le plus, et que nos résultats comprennent aussi ceux de Vienne et de Bourgoin, je me demande de quoi l'on parle". Le président du l'UMIH 69 rappelle que la profession avait proposé la mise en place de plusieurs types de mesures additionnelles à la Préfecture du Rhône, même si la plupart d'entre elles n'étaient pas simples à instaurer :

"Nous étions prêts à mettre en place des cahiers électroniques, voire même à tester la température de nos clients à l'entrée, même si l'on sait que le plus gros problème demeure les cas asymptomatiques".

Le président de l'UMIH 69 craignait ce jeudi après-midi qu'en cas de fermeture des bars, près de 10.000 emplois à l'échelle de la métropole ne soient directement menacés à l'échelle de la métropole.

(A suivre)

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