Quel management en 2030 ?

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Pascal Gustin, président d'Algoé.
Pascal Gustin, président d'Algoé. (Crédits : DR)
La quatrième révolution industrielle s'apprête à bouleverser les codes du management, tel que nous le concevons aujourd'hui. La désintermédiation ainsi que de l'automatisation vont changer la structure et l'organisation des entreprises. Pour Pascal Gustin, président d'Algoé, le "management doit évoluer et s'adapter".

Que sera le management dans quinze ans ? Bien difficile de répondre à une telle question quand on connaît le peu de pertinence des prédictions en la matière. La question mérite pourtant d'être posée, car les modes de management ont profondément évolué depuis trente ans. Nous sommes loin des quatorze pratiques de management d'Henri Fayol et de l'École des Relations humaines : pour faire face à des environnements incertains et mouvants, les managers ont eu recours à l'analyse systémique, à la contingence ou à l'approche par les processus.

Management solidaire

Mais la mondialisation n'a pas abouti à l'émergence d'une forme de management globale et homogène. Bien au contraire, elle en a souligné les disparités culturelles. Dans un cadre professionnel de plus en plus numérisé, propice à l'éloignement des individus, il a fallu redonner sa place à l'humain et à la relation.

De stratégique, le management est devenu plus opérationnel avec le développement du management de proximité. Ces années de crise qui exacerbent les tensions donnent, en revanche, du poids et de la valeur à un management plus solidaire et porteur de sens. Les dirigeants ont dû faire preuve d'un sens aigu de la communication pour entraîner et rassurer des salariés démotivés.

Moins d'emplois salariés

Au dernier Forum de Davos, le gratin de l'élite mondiale dans les champs économique et entrepreneurial a annoncé que la quatrième révolution industrielle, déjà commencée, va de nouveau profondément modifier la nature du travail et la relation à l'entreprise. Deux mécanismes particuliers vont se conjuguer et diminuer drastiquement le nombre d'emplois salariés.

La désintermédiation, d'une part, provoque une augmentation massive du nombre de travailleurs indépendants (free-lances), libres de toute structure, dans des emplois précaires. Ce phénomène va modifier le rapport au travail dans bon nombre de secteurs, du fait de la transformation du modèle économique et social impliqué. Dans cette première tendance, perçue comme étant la plus immédiate et impactante à court terme pour le marché de l'emploi, le travailleur indépendant subit, en direct, le risque des fluctuations de l'activité économique.

L'automatisation, d'autre part, va conduire à la destruction d'emplois par la montée de l'intelligence artificielle, de la robotique et de la numérisation. De nouveaux emplois, en nombre plus réduit, géreront l'interface homme-machine.

De nouveaux managers

Pour répondre à ce changement profond de la structure et de l'organisation des entreprises, le management doit évoluer et s'adapter. Le management de 2030 devra ainsi être en capacité de manager des ressources internes fortement déstabilisées, mais aussi des prestataires externes à l'entreprise (travailleurs non-salariés) dont il faudra s'assurer de la qualification, de la compétence et de la disponibilité. De plus, dans un fonctionnement en mode projet, il sera plus difficile de construire des relations dans la durée. Ce sera la capacité à rassembler rapidement et de manière répétée qui sera la qualité première de ces managers, qui devront faire preuve d'un fort charisme pour donner du sens à cette fragmentation du travail.

Repérer, former et accompagner ces nouveaux managers sera un challenge. Cultiver et préserver leur motivation sera essentiel, car qui voudra assumer de telles responsabilités dans un environnement aussi dur, contraint et risqué ?

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