Erasmus : L'Université Savoie Mont Blanc, un exemple français

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L'USMB accueille des établissements étrangers durant sa Semaine inernationale pour mieux faire connaître ses filières.
L'USMB accueille des établissements étrangers durant sa Semaine inernationale pour mieux faire connaître ses filières. (Crédits : Didier Gourbin/Chambéry Métropole)
L'Université Savoie Mont Blanc se place à la première position des universités françaises pour l'envoi d'étudiants à l'étranger via le programme européen Erasmus, comparativement à sa population étudiante. Et l'université savoyarde affiche des ambitions encore plus grandes, notamment vers le Canada et les Etats-Unis.

Alors que le programme Erasmus fête ses 30 ans cette année, un établissement français est en pointe. Chaque année, 6% des étudiants de l'Université Savoie Mont Blanc (USMB) partent continuer leurs études dans un établissement hors des frontières nationales. C'est quatre fois plus que la moyenne nationale (1,5%) des universités françaises. "Cette année encore, nous dénombrons 850 étudiants en mobilité sortante, incluant les stages", précise Laurence Vignollet, la nouvelle vice-présidente en charge des relations internationales à l'USMB., qui a succédé à Thierry Villemin au début de l'année.

"Si un étudiant veut partir, il partira !"

Loin d'être une exception, l'USMB truste cette première place nationale depuis 2008. Mme Vignollet met notamment cette performance de la modeste université savoyarde sur le compte du maillage étroit tissé dans chaque composante de l'université. Dans chaque département, un enseignant-chercheur est référent Erasmus.

"Les enseignants-chercheurs ont de nombreuses relations informelles au sein de leurs projets de recherche internationaux, ce qui facilite les opportunités de développer des échanges", observe Mme Vignollet.

 Ce maillage est complété par la division internationale de l'université, soit dix personnes, qui veille à la bonne intégration des échanges Erasmus dans le cursus des étudiants de l'USMB.

"Il y a une vraie dynamique en interne pour faciliter les dossiers, assure la vice-présidente en charge des relations internationales. Si un étudiant veut partir, il partira!"

Tradition d'ouverture

Parmi ses atouts, l'USMB peut aussi compter sur sa longue tradition d'ouverture vers l'étranger. "C'est une valeur que nous défendons", souligne Laurence Vignollet. C'est ainsi que l'USMB compte des accords Erasmus avec pas moins de 230 établissements en Europe et ailleurs. Le chiffre est à comparer avec la population de 14 239 étudiants inscrits à l'université savoyarde.

La première destination des étudiants de l'USMB est le Canada (14% des échanges sortants). "L'Amérique attire beaucoup, mais il est plus facile d'envoyer un étudiant au Canada qu'aux États-Unis", précise Mme Vignollet.

Attirer davantage

La performance de l'USMB demeure toutefois moins bonne quant à l'accueil d'étudiants étrangers. L'université savoyarde compte 1416 étudiants de nationalité non française cette année, soit 10 % de ses effectifs. Mais seuls 339 d'entre eux sont arrivés dans le cadre d'un programme d'échanges. La majorité est donc inscrite librement.

Parmi les arrivants Erasmus, l'USMB compte 40 % d'étudiants venus de l'Italie, toute proche. Ainsi, l'USMB accueille 87 étudiants de l'Université du Val d'Aoste, qui viennent suivre leur deuxième année de Langes étrangères appliquées (LEA) en Savoie.

Mais ils sont très peu à venir de la Suisse, toute aussi proche, malgré les liens tissés avec la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HESSO), l'Université de Lausanne et l'Université de Genève. La raison de ces moindres échanges avec la Suisse réside dans la complexité à faire reconnaître un double diplôme avec ce pays.

Développer l'offre de cours en anglais

Affichant fièrement sa première place pour la mobilité sortante, l'USMB souhaite désormais améliorer sa performance en accueil.

"Nous visons à attirer de bons étudiants qui finiront par faire un doctorat chez nous, explique Laurence Vignollet, qui mise aussi sur l'apport d'étudiants étrangers pour créer un mélange enrichissant au sein des filières".

Pour améliorer les échanges Erasmus entrants, l'USMB développe l'offre de filières et de semestres dispensés en anglais, un argument jugé stratégique pour attirer davantage d'étudiants étrangers. Avec la possibilité de double diplôme et le cadre de vie attractif des deux Savoie, l'université mise aussi sur le développement d'offres nichées.

Ainsi, l'USMB cherche à augmenter les échanges avec les États-Unis, destination prisée des étudiants savoyards, en intégrant l'International Student Exchange Program (ISEP). L'USMB se place déjà en première position des établissements français pour ce programme qui permet une réciprocité des échanges.

Depuis plusieurs années, l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de l'USMB intègre le parcours European Master of Business Studies (EMBS), qui permet à une trentaine d'étudiants de passer successivement un semestre à Trento (Italie), un à l'USMB, un à Kassell (Allemagne) et un autre à Leon (Espagne). Tous les cours sont donnés en anglais, mais les étudiants suivent à chaque étape des cours de la langue du pays d'accueil.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2017 à 17:42 :
Noter que les universités suisses francophones ont de moins en moins de considération pour nos baccalauréats , les plus visés étant le bac L et surtout l'ES. De là à déconsidérer nos universités...

A moins que l'USMB les aident à retrouver du crédit à Bruxelles.
a écrit le 23/02/2017 à 11:52 :
"Mais ils sont très peu à venir de la Suisse, toute aussi proche, malgré les liens tissés avec la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HESSO), l'Université de Lausanne et l'Université de Genève. La raison de ces moindres échanges avec la Suisse réside dans la complexité à faire reconnaître un double diplôme avec ce pays"......

Je pense que c'est avant tout parce que la Suisse possède des universités autrement mieux réputées que l'USMB. Les Suisses n'ont aucun intérêt à fréquenter cette université...
Réponse de le 25/02/2017 à 9:58 :
En effet, la Suisse possède des universités réputées. Mais la France possède également des établissements qui développent des secteurs de haut niveau, que les universités suisses viennent parfois visiter.
Enfin, dans le cas précis de cet article, l'USMB occupe la première place en Auvergne-Rhône-Alpes pour les projets Interreg et développe des relations, en recherche et en formation avec des établissements suisses, y compris les plus prestigieux.
Mais une source des problèmes qui s'oppose au développement des flux tient aux contraintes textuelles, les deux pays fonctionnant, notamment dans le domaine de la formation, sur des logiques différentes. Souhaitons que les autorités suisses et françaises auront à coeur de lever ces freins au développement de relations qui s'opèrent sur un même bassin de vie où les uns et les autres parlent la même langue.

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