Comment le tourisme s'empare de la réalité augmentée

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L'application Xplora permet d'explorer en réalité augmentée les lieux touristiques, grâce à un système de géolocalisation.
L'application Xplora permet d'explorer en réalité augmentée les lieux touristiques, grâce à un système de géolocalisation. (Crédits : Capture d'écran Xplora)
La réalité augmentée arrive peu à peu dans le tourisme. En Rhône-Alpes, plusieurs applications viennent d'ailleurs de voir le jour, à l'image d'Xplora, développée par une startup grenobloise. Mais certains acteurs du secteur restent plus réticents face à ces évolutions technologiques. Alors, la réalité augmentée est-elle un simple gadget ou une véritable plus-value touristique ?

Imaginons. Aux colonnes du Palais de justice de Lyon viennent se superposer celles du bâtiment qui occupa cette même place au XVIIIe siècle. Une possibilité rendue possible grâce à une application téléchargée sur son smartphone ou sa tablette. Une nouvelle façon de voir la ville, de la visiter. Mais cette idée est déjà une réalité. Elle a même un qualificatif : la réalité augmentée.

C'est un projet presque identique que développe la startup grenobloise Xplora. "Nous nous sommes rendu compte qu'il existait une véritable demande dans le secteur du tourisme", explique le co-fondateur Michael Lafrasse.

Temps réel

Avec Arthur Song, ce diplômé de l'Ensimag a imaginé une application qui permet de connaître en temps réel les informations, historiques comme pratiques, du lieu ou du bâtiment qui se trouve face à soi. Au début uniquement présents à Grenoble, ils se trouvent désormais dans la Drôme, dans le Rhône mais aussi en Île-de-France et viennent de se déployer vers les Savoies.

A l'image d'Xplora, les applications de réalité augmentée se développent en Rhône-Alpes, pour améliorer l'expérience touristique. A l'image de Paradiski Yuge lancée lors de cette saison d'hiver. Elle permet au skieur de connaître en temps réel la météo sur les sommets, ou le tracé de la piste sur laquelle il se trouve.

Ski et traboules

A Lyon, c'est l'application Traboules qui illustre le phénomène. "Elle répond à une question très simple, que l'on nous pose souvent : où se situent les traboules ?", raconte amusé Olivier Occelli, directeur marketing de l'Office de tourisme de Lyon. En 2010, l'organisme prend donc l'option de développer une application payante (0,99 centimes), en partenariat avec l'agence Mon UniVert.

Le principe ? Pouvoir géolocaliser ces fameux passages cachés qui traversent les cours d'immeubles. L'application propose aussi une partie en réalité augmentée. Mais malgré les 77 000 téléchargements en six ans, Olivier Occelli y croit peu.

"Il s'agit d'un gadget supplémentaire. D'expérience, nous voyons plus souvent les visiteurs regarder leur téléphone en bas plutôt qu'en haut."

Autrement dit, ils surfent davantage dessus qu'ils n'imaginent le passé du lieu grâce à l'application. Pour lui, cette l'explication est à trouver dans le profil du touriste lyonnais : contrairement à celui balnéaire, il n'est en ville que pour des séjours relativement courts, des "city break". "Il est là pour se reposer, en profiter, et déconnecter."

Une plus-value

Un constat que ne partage en aucun cas Antoinette Martin Lise, directrice de l'école de tourisme IEFT. Si elle ne croit pas à une substitution, pour elle, "la réalité augmentée propose un élargissement de l'offre, à la fois ludique et pédagogique." Elle voit même une multiplication des possibles dans l'avenir, avec par exemple l'envoi de push quand une personne se trouve à proximité d'un lieu.

Autre raison pour laquelle cette nouvelle forme de consommation du tourisme pourrait bien séduire, l'aspect démocratisant de la culture.

"Cela va générer plus de trafics sur les sites. Je vois mal des lieux se priver d'une telle opportunité, à des frais plutôt raisonnables."

De fait, lors de l'évolution du programme de l'IEFT il y a deux ans, un zoom sur l'e-tourisme a été intégré dans la formation. Dans le même sens, un master Innov'action vient d'être créé à l'Université Lyon 2. Lancé à la rentrée 2016, il traitera notamment des usages technologiques du mobile dans le secteur du tourisme, le m-tourisme.

Plus largement adaptée au tourisme depuis deux ans, la réalité augmentée "a connu vrai rebond suite au CES de Las Vegas" qui s'est tenu en début d'année, souligne Antoine Matin Lise. Cependant, les initiatives restent encore isolées en Rhône-Alpes.

Augmentée ou virtuelle ?

Si la réalité augmentée séduit peu Olivier Occelli, il voit un plus grand impact de la réalité virtuelle, qui se développe notamment dans les agences de voyages. "Elle peut vraiment séduire les voyageurs, et les inciter à partir." Une analyse cette fois-ci partagée par la directrice de l'IEFT.

"Est-ce que cela va venir changer les comportements d'achats ? C'est difficile à dire, mais très certainement."

Pour l'heure, l'expérience n'en est qu'à ses premiers balbutiements, suite à la démocratisation d'outils technologiques comme les oculus rift, ces masques sur lesquels sont placés des écrans et qui offrent une vision à 360° pour une immersion grandeur nature. L'agence Thomas Cook a ainsi décidé d'équiper des agences pilotes, en Angleterre notamment, de ces masques en plusieurs dimensions. Un avant-goût du voyage.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2016 à 9:44 :
Dans la revue des solutions RA pour le tourisme , je mettrais également
la réalité Superposée tprésentée par sky-boy.com
https://youtu.be/lcOqzNxED0c
Cdlt

BErnard Gazet
a écrit le 26/05/2016 à 8:20 :
Alors que les gens sont de plus en plus déconnectés des réalités, on les transforme en zombies virtuels. Ou est le bonheur de la vraie vie ?

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