Budget 2020 : Grenoble Alpes Métropole poursuit ses investissements

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(Crédits : ML)
La métropole grenobloise présentera son projet de budget primitif 2020 au vote ce vendredi en conseil communautaire. Un nouvel exercice à travers lequel la collectivité se fixe une nouvelle fois des dépenses d’investissements en hausse et des taux d’imposition qui demeurent inchangés, tout en améliorant sa capacité de désendettement.

Malgré un contexte économique toujours contraint, avec le désengagement progressif de l'État enregistré au cours des dernières années, mais aussi des transferts de compétences successifs menés vers les métropoles, la collectivité Grenoble Alpes Métropole, présidée par Christophe Ferrari, a présenté un projet de budget 2020 tourné, cette année encore, vers l'investissement.

Selon les données présentées ce mardi à la presse, le budget primitif 2020 de la collectivité, qui regroupe 49 communes et près de 450 000 habitants, et qui doit encore être voté en conseil communautaire ce vendredi, s'établira ainsi à 740 millions d'euros, dont 232 millions d'euros seront consacrés aux dépenses d'investissement. Alors que ce poste s'établissait déjà à un seuil record de 218 millions d'euros l'an dernier (contre 180 millions d'euros en 2018), l'exercice 2020 signerait ainsi une nouvelle fois une hausse de 6% des investissements de la collectivité grenobloise. Et ce, tandis que les dépenses de fonctionnement atteindraient près de 423 millions d'euros, un chiffre quant à lui sensiblement similaire à l'an dernier (422 millions d'euros).

Avec, parmi les principaux secteurs où la métropole compte orienter ses efforts, la transition énergétique (investissement dans la création d'une chaudière à bois Biomax, développement du réseau de pistes cyclables Chronovélo, généralisation du dispositif d'aide à la rénovation énergétique des logements privés Mur-Mur, etc) mais également le champ du développement économique et de l'attractivité (création d'un centre des sciences à Pont-de-Claix, programme de modernisation de l'espace des congrès Alpexpo, ou encore de son soutien au développement de programmes tels que Nano 2022, etc).

On retrouvera également, au programme, des actions de la métropole sur le champs de la cohésion sociale, avec le soutien à la production neuve de logement sociaux à hauteur de 10 millions d'euros en 2020, l'accompagnement aux grands programmes de développement urbains de l'ANRU (Villeneuves de Grenoble et Echirolles, Champberton-Renaudie à Saint-Martin-d'Hères, Mistral-Lys Rouge à Grenoble), ainsi que d'opérations de réparations sur des ouvrages d'art qualifiées d'"urgentes" pour 20 millions d'euros.

Une stratégie d'investissement assumée

"Ces investissements sont la condition sine qua non de l'attractivité économique du territoire, et donc de la création d'emplois et de richesse", estime la collectivité, dans son communiqué de presse, qui rappelle que ces prévisions se situent dans lignée de sa programmation pluriannuelle d'investissement (PPI).

Un document qui prévoyait notamment "près de 850 millions d'euros investis sur le territoire entre 2014 et 2020". La métropole estime qu'elle a d'ailleurs déjà réalisé près de 84 % de cette programmation (soit 714 millions d'euros) à la fin 2019, et anticipe même un dépassement de cette enveloppe à partir de la fin 2020.

Pour cela, elle mise notamment sur sa capacité à "dégager cette année une épargne brute", qui lui permettrait ainsi de continuer à mettre la main à la poche, mais également d'afficher des taux d'imposition qui demeurent inchangés pour ses habitants, sans pour autant en détailler l'origine. En 2020, la Métropole améliorera ainsi une nouvelle fois sa capacité de désendettement à 6,7 ans (contre 9 ans l'an dernier pour son budget principal et 7 ans pour l'ensemble de ses budgets l'an dernier).

Pour autant, la collectivité devrait à nouveau subir, en 2020, une réduction de sa dotation globale de fonctionnement de la part de l'Etat (estimée à 2,2 %), ce qui représentera une nouvelle diminution de 1,6 millions d'euros par rapport au montant encaissé l'année précédente.

"En cumulé, les ressources de la Métropole auront donc été ponctionnées de 111 millions d'euros entre 2014 et 2020", indique la collectivité grenobloise, qui affirme que "cette baisse sévère de recettes impose de poursuivre les importants efforts de maîtrise de ses dépenses".

Un contexte qui demeure contraint

D'autres recettes dont elle bénéficiait jusqu'ici sont également appelées à disparaître dès l'an prochain, à l'image de la taxe d'habitation sur les résidences principales, que les collectivités ne pourront plus recueillir à compter de 2021.

"Si des mesures de contreparties sont prévues pour les communes et les intercommunalités (transfert de la taxe du foncier bâti des départements pour les unes, reversement de la TVA nationale pour les autres), il n'en reste pas moins que les premiers impacts budgétaires vont se ressentir dès cette année", estime Grenoble Alpes Métropole, non sans regretter que cette réforme fasse "perdre aux collectivités une partie de leur souveraineté financière" face à l'Etat.

D'un autre côté, la Métro a accueilli, depuis 2015, un certain nombre de transferts de compétences liés à son statut : avec l'arrivée, sous son égide, d'équipements d'intérêt métropolitain (MC2, Hexagone, Vélodrome...) en 2016, de la compétence voirie en 2017, de la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations en 2018, ou encore du champs emploi et insertion en 2019... En 2020, ce sera encore le cas puisqu'elle prendra la responsabilité des sites du Col de Porte et du Sappey-en-Chartreuse (à l'exclusion des remontées mécaniques), ainsi qu'en matière d'hébergement et d'accompagnement vers l'emploi pour les plus démunis.

En 2020, la métropole reversera également 119 millions d'euros aux communes, dont 23,5 millions d'euros dans le cadre de la dotation de solidarité communautaire (DSC),  "reconduite à l'identique depuis 2014". Elle restituera également plus de 3 millions d'euros de son produit de taxe d'aménagement aux communes ainsi que 7,6 millions d'euros de dette des communes en 2020 suite aux transferts de compétences réalisés.

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