Grenoble Alpes Métropole : un budget 2019 placé sous le signe de l’investissement

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(Crédits : Marie Lyan)
Un niveau d’investissement en hausse de 21%, avec, en parallèle, toujours l’engagement de ne pas augmenter la fiscalité. Alors qu’elle sera soumise cette année encore à une nouvelle baisse des dotations de l’Etat de 1,45 millions d’euros, Grenoble Alpes Métropole s’apprête à présenter ce vendredi, lors de son conseil métropolitain, un budget primitif pour 2019 qui compte faire la part belle aux investissements. Un exercice périlleux, mais qui prend également en compte les transferts de compétences amorcés depuis 2015 à l'égard de la métropole.

Son président, Christophe Ferrari, parle d'un "niveau investissement record". En effet, le budget attribué aux investissements de Grenoble Alpes Métropole devrait atteindre en 2019 la barre des 218 millions d'euros (contre 180 millions lors de l'exercice précédent). Son budget de fonctionnement s'affiche lui aussi en légère hausse, à 422 millions d'euros (contre 405 millions en 2018), pour près de 450 000 habitants et 49 communes.

"La métropole confirme ainsi son statut de premier contributeur local à l'activité de la région grenobloise. Car entre 2014 et 2020, ce sont près de 850 millions d'euros qui auront été investis sur le territoire", rappelle Christophe Ferrari.

Et pour cause, puisque le périmètre de la métropole grenobloise ne cesse d'évoluer :

"Nous avons encore reçu le transfert du service topographique de la ville de Grenoble, ainsi de la compétence emploi-insertion, qui va nous permettre d'être plus en lien avec la stratégie de développement économique", souligne son président.

Depuis le début du mandat de l'élu en 2014, le périmètre global de la métropole a doublé, passant ainsi de 800 à 1700 salariés, en vertu du passage au statut de métropole, mais surtout des transferts de compétences réalisés.

Avec, comme exemples, les transferts de compétences communales enregistrés en 2015, les transferts d'équipements d'intérêt métropolitain (MC2, Hexagone et Vélodrome), les transferts de compétences du Département de 2017 tels que la voirie et la prise de compétence de la Gestion des milieux aquatiques et préventions des inondations (Gemapi) en 2018.

Une fiscalité qui demeure inchangée

Malgré tout, cette hausse de 21% des investissements n'en représente pas moins un effort pour la métropole, dans un contexte toujours plus contraint par la baisse des dotations de l'Etat.

"On annonçait une forme de stabilité du financement des collectivités au niveau national, mais ce n'est pas vrai pour nous, puisque nous perdrons cette année encore 1,4 millions d'euros au titre de la réduction de sa dotation globale de fonctionnement de 2%. Depuis 2014, cela représente tout de même une ponction de près de 87 millions d'euros", rapporte Christophe Ferrari.

D'un autre côté, "la Métro" s'est engagée une nouvelle fois à ne pas toucher à la fiscalité à l'égard des ménages.

"L'ensemble des taux restent inchangés depuis 4 ans, à l'exception de la taxe sur l'enlèvement des ordures ménagères (à 8,3%), que nous avons dû augmenter en début de mandat afin de préparer de futurs investissements dans le cadre de notre schéma directeur sur les déchets à l'horizon 2030, avec un projet de centre de tri, d'incinérateur et de composteur", annonce l'élu.

Grenoble Alpes Métropole devrait donc afficher, l'an prochain encore, un taux de 8,56% pour sa taxe d'habitation, de 1,29% pour le foncier bâti, de 6,86% sur le foncier non bâti, et de 31,09 % pour la Cotisation foncière des entreprises (CFE).

Des investissements regroupés sous l'égide de la transition énergétique

Sur les 218 millions d'euros annoncés au rang des investissements en 2019 sur ce budget primitif, près de 70% de cette somme (soit 150 millions d'euros) seront attribués à des projets en lien avec la transition énergétique. "Soit l'habitat, la mobilité, le plan déchets, l'eau, et l'énergie", liste Christophe Ferrari.

Avec, parmi eux, le développement du réseau de chaleur avec la nouvelle centrale à bois Biomax, le remplacement de ses anciennes bennes à ordures par des véhicules roulant au GNV, ou encore le développement de la mobilité douce avec le déploiement du réseau Chronovélo à l'échelle de l'agglomération.

"Pour nous, il s'agit d'une approche transversale. La métropole est l'un des acteurs majeurs de la transition énergétique car elle peut agir sur les principaux puits de carbone, que sont l'habitat et les mobilités", indique le président.

A ce titre, l'institution a notamment mis en place une série d'actions qu'elle souhaite reconduire telles que le dispositif Mur-Mur, qui deviendra à compter de 2019 un programme permanent afin de soutenir les travaux d'isolation thermique des logements.

"Et nous pourrions faire plus si la fiscalité écologique nous était réservée en partie. Ce sujet est clairement positionné dans le débat national, puisque le gouvernement refuse pour l'instant de renvoyer cet argent vers les territoires alors que les enjeux climatiques y sont particulièrement palpables", estime-t-il.

L'aide aux communes sera quant à elle maintenue à un niveau de 123 millions d'euros, "ce qui place Grenoble comme la 4e métropole au rang national", souligne son président, qui rappelle ainsi que la métropole poursuivra le versement de la dotation de solidarité communautaire (DSC) de 23,5 millions d'euros, et remboursera également 7,7 millions d'euros de dette des communes sur les 37,4 millions d'euros dus à la suite des transferts de compétences.

Autre poste majeur d'investissement : le développement économique, qui bénéficiera d'une enveloppe de 32 millions d'euros, tandis que 25 millions seront attribués à la cohésion sociale.

Vers une stratégie pluriannuelle

Dans un tel contexte, comment « la Métro » parviendra-t-elle à augmenter son budget d'investissement ?

"Nous avons mis en place un plan d'investissement et de dépenses de fonctionnement pluriannuel, ce qui nous permet de mieux mutualiser nos politiques afin de gagner en efficacité", souligne Christophe Ferrari.

Grenoble Alpes Métropole est également à l'affût de nouveaux modes de financement, dont des appels à projets provenant de l'Etat, voire de l'Europe.

"Nous sommes l'une des seules métropoles à avoir amélioré sa note auprès de l'agence Standard & Poor's, ce qui nous permet aussi d'aller chercher des emprunts verts en fonction de la nature des investissements réalisés", glisse également son président.

La collectivité travaillera également encore en 2019 à la maîtrise de ses dépenses en matière de masse salariale, qui s'élèveront à 96 millions d'euros.

"Nous avons encore besoin d'avoir les bonnes personnes à la bonne place, notamment dans notre action de proximité sur les territoires, dans des domaines tels que la voirie, les déchets ou les espaces publics", concède Christophe Ferrari, sans pour autant évoquer de chiffres précis.

Du côté de la dette (772 millions d'euros), la métropole confirme qu'elle enregistrera en 2019 une nouvelle baisse de son niveau d'endettement de 12 millions (contre 15 millions en 2018). Sa capacité de désendettement sur le budget principal passera ainsi de 10 à 9 ans (contre 7 ans pour l'ensemble des budgets), "alors que le seuil jugé critique est fixé à 12 années".

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