Norbert Dentressangle en piste aux Etats-Unis

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(Crédits : DR)
Le groupe de logistique et transport Norbert Dentressangle, revient sur l'acquisition stratégique de Jacobson, en septembre 2014. Cette nouvelle filiale qui lui apporte 15 % de chiffre d'affaires supplémentaire le rend moins dépendant des marchés européens.

« 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, c'est grand mais cela nous rend tout juste visibles à l'échelle mondiale », modère Hervé Montjotin, président du directoire de Norbert Dentressangle. Ce seuil des 5 milliards le groupe de transport et logistique l'a atteint avec l'américain Jacobson, une acquisition finalisée en septembre 2014 auprès du fonds Aok Hill Capital Partners pour un montant de 750 millions de dollars. « Cette démarche avait été engagée il y a deux ans. Au final, la compétition était vive car nous étions plusieurs sur les rangs », assure le dirigeant. Acteur global de la chaîne du transport outre-Atlantique avec 5 500 salariés et 800 millions de dollars de chiffre d'affaires (2014), Jacobson est stratégique pour le groupe tricolore, désormais « moins dépendant de la conjoncture européenne. Ce qui va nous booster en 2015 », se réjouit Hervé Montjotin.

Une marge plus confortable

Autre enjeu : diminuer rapidement un endettement, néanmoins qualifié de sous contrôle, après cet achat. Pour ce faire, le groupe tricolore compte sur la marge de Jacobson : « autour de 10 % contre 6 % en Europe ». Moyennant quoi la durée de remboursement de la dette nette avec la production de cash pourrait être ramenée « entre 2 et 3 années », à la fin de l'exercice en cours contre  « 3,1 à 3,2 années fin 2014 ». Au plan commercial,  Norbert Dentressangle, fort de 43.000 collaborateurs, a commencé à déployer sa propre marque aux Etats-Unis maintenant qu'il dispose d'un ancrage solide sur le continent nord américain. A ce propos, il voit des opportunités pour développer outre-Atlantique des contrats avec ses propres clients européens - Danone, H & M etc.

 Grande-Bretagne et Espagne

Revenant sur la hausse de 15,8 % (+ 4,1 % à périmètre constant) du chiffre d'affaires 2014 (4,669 milliards) du groupe, le président du directoire a considéré qu'elle « était plutôt correcte dans un environnement pas très dynamique. L'activité a été tirée par la Grande-Bretagne (Ndlr : son premier pays) et l'Espagne. Avec 1 % de croissance, la France est un peu à la peine ». Toujours est il que les trois métiers ont connu une progression organique, l'an dernier : logistique (+ 5,7 %), désormais la première activité, le transport (+ 2,6 %) et « Air & Sea », spécialisé dans l'organisation de transport overseas (+ 2,8 %).

La dérèglementation de 2005

Métier d'origine de Norbert Dentressangle - l'entreprise a démarré en 1979 en transportant, notamment, des pommes entre la France et l'Angleterre- le transport de marchandises en lots complets est le plus chahuté. Pour autant, « pas question d'y renoncer. Il est constitutif de notre activité dans le transport. Mon travail est d'adapter l'entreprise », insiste le dirigeant. L'ouverture à la concurrence européenne, en 2005,  «a provoqué une vague  dont nous n'avions pas imaginé qu'elle serait aussi forte et rapide. La Pologne est devenu le géant dans ce métier. Dans une profession où la main d'œuvre compte pour 30 %, il n'y a plus de conducteurs français pour les longues distances internationales et les échanges transfrontaliers », rappelle Hervé Montjotin.

Activité en Pologne et Roumanie

Aussi, et pour rester résilient dans cette activité en lots complets, Norbert Dentressangle a fait le choix de se doter très tôt de bases propres, à ses couleurs, en Pologne et en Roumanie où il compte 1 300 chauffeurs. «  Nous avons 5 000 conducteurs basés en France. Cette année nous allons en recruter 700 », contre balance le président du directoire. Le  groupe s'est toujours défendu d'enfreindre la réglementation sociale par rapport au cabotage routier.  Toutefois, et comme il est considéré comme un acteur de référence en France, il estime qu'on veut lui faire porter le chapeau de pratiques qui constitueraient des dérives dans un métier difficile à comprendre.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2015 à 6:40 :
Moi je dis en grand bravo à cette entreprise familiale.
Cette boîte fait tout de même tous ce qu'elle peut pour ces salarié lors qu'il y a des fermetures.
Pour avoir travaillé plusieurs années a l'étranger c'est normal qu'ils soient contraint d'engager des chauffeurs en Europe.
C'est une boîte qui promeut aussi beaucoup en interne. J'en suis l'exemple car depuis 18 ans dans cette boîte, j'ai gravi les échelons petit a petit et ce sans avoir d'études comfirmés.
Encore un fois un grand bravo aux équipes Norbert.
Réponse de le 11/02/2015 à 10:32 :
T'en as de la chance, moi on m'a demandé ouvertement de prendre la porte pour embaucher un roumain, qui coûtait moins cher, et ce après 11 ans de bons et loyaux services, pas étonnant que Dentressangle passe en justice au mois de mars pour travail dissimulé et dumping social, c'est le champion pour çà.....

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