L'équation vie privée-vie professionnelle se complique

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Selon l'enquête de l'Anact, 55 % des parents estiment qu'ils ne s'occupent pas de leurs enfants comme ils le souhaiteraient. ©doble.d-fotolia.com
Selon l'enquête de l'Anact, 55 % des parents estiment qu'ils ne s'occupent pas de leurs enfants comme ils le souhaiteraient. ©doble.d-fotolia.com (Crédits : doble.d-fotolia.com)
Concilier vie privée et vie professionnelle est une aspiration forte des salariés quels que soient leur âge et la taille de l'entreprise. Or, selon une enquête sur la qualité de vie au travail réalisée par TNS Sofres pour l'Anact, et publiée lundi, cette équation se révèle de plus en plus complexe.

 « Nous n'avions aucun a priori sur ce que pensaient les salariés. Cela nous conforte dans l'idée que c'est un sujet important », analyse pour Acteurs de l'économie, Dominique Vandroz, directeur général adjoint de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) basée à Lyon. « Concilier vie privée et vie professionnelle », tel est le thème de l'enquête dévoilée ce lundi 16 juin, en ouverture de la onzième édition de la Semaine pour la qualité de la vie au travail, organisée par cet organisme et le réseau des 26 Aract (agences régionales).

Des questions posées par TNS Sofres auprès d'un échantillon de 1026 salariés, de 18 ans et plus, il ressort que pour 75 % d'entre eux un bon équilibre entre ces deux vies est « un élément essentiel de la satisfaction au travail ». De prime abord, « 76 % » des personnes interrogées jugent relativement aisé de concilier les deux vies, mais la réalité est autre. En effet, « 55 % des parents estiment qu'ils ne s'occupent pas de leurs enfants comme ils le souhaiteraient et 49 % éprouvent des difficultés à passer suffisamment de temps avec leur conjoint ».

Sentiment de dégradation des équilibres.

Interrogés sur leur activités associatives, sportives ou artistiques, facteurs d'équilibre personnel, « 27 % des salariés s'en disent privés et 37 % déclarent compliqué de trouver des plages horaires à leur accorder ». En poursuivant la lecture de l'enquête, on découvre que « 34 % estiment consacrer trop de temps au travail ». De plus « les préoccupations professionnelles, voire le travail à la maison, affectent fréquemment 26 % des salariés » et « 38 % parmi les cadres ». Inversement, la vie privée empiète sur la vie professionnelle « pour 39 % » des personnes ayant répondu à l'enquête.

Enfin, elles sont « 1 sur 10 » à dire qu'elles ne parviennent pas à prendre tous leurs congés en invoquant leur charge de travail. Et cette proportion grimpe à « 20 % pour les cadres et 19 % pour les salariés travaillant 40 heures ». «Lors qu'on les interroge sur l'évolution de la qualité de leur équilibre vie professionnelle, vie privée, les salariés français sont plus nombreux à rendre compte d'une dégradation (34 %) que 'une amélioration (21 %) », peut on lire.

Compromis entre 4 temps

Ces résultats peuvent étonner alors que le temps de travail s'est réduit avec la mise en place des 35 heures, alors que l'on ne s'est jamais autant préoccupé, semble t-il, de cette question du mieux être au travail et que les colloques se multiplient à ce propos. « De fait, la base de temps de travail est plus réduite et cette préoccupation monte », reconnaît Dominique Vandroz. Hypothèse avancée ? « Les salariés sont confrontés en permanence à un compromis temporel », de plus en plus compliqué à atteindre autour de quatre points.

  • contraintes de temps liées au marché dans une compétition exacerbée
  •  rythmes et horaires de travail propres à l'entreprise  temps privé du salarié
  • temps du territoire 
  • transport, accès ou non aux services publics.

De plus, »auparavant, le temps de travail et le temps personnel étaient mieux dissociés car les salariés étaient moins connectés », ajoute le dg adjoint de l'Anact.

Et maintenant que faire ? « Cette conciliation des temps est ressentie comme un facteur important de la qualité de vie au travail. La question ne peut pas être traitée au cas par cas. Cette problématique doit être posée de façon globale au niveau des différentes instances de concertation des entreprises (comité d'entreprise, CHSCT ndlr). Nous sommes prêts à accompagner certaines d'entre elles qui veulent expérimenter des solutions innovantes », répond Dominique Vandroz. Aménagements des horaires et modalités de travail  sont les pistes préférées des salariés interrogés.

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