Bruno Bonnell (LREM) souhaite faire de 2020 l'année de la robotique en France

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Le député (LREM) Bruno Bonnell a présenté, au salon Sido qui se tient jusqu'à ce soir à la Cité Internationale de Lyon, un rapport qui vise à "faire de la France un champion international de la robotique et des systèmes intelligents". Car, si la France accuse actuellement un retard dans le développement de la robotique, l'ancien entrepreneur estime que le pays dispose des atouts pour mettre en place une stratégie de conquête de leadership mondial sur ce marché en émergence.

C'est un fait : la France accuse un retard en matière de robotisation de son industrie. Avec 132 robots pour 10 000 ouvriers, le pays ne se classe qu'au 18e rang mondial, loin derrière l'Allemagne (plus de 300 robots pour 10 000 ouvriers) ou le leader japonais (plus de 600 robots pour 10 000 ouvriers).

A la traîne, la France l'est aussi avec une croissance annuelle du secteur de la robotique de 16% seulement, contre 30% au niveau mondial. Et le territoire ne compte qu'une entreprise dans le top 10 de la robotique industrielle, Staubli, détenue par des fonds suisses.

"Il ne faut pas s'arrêter à ce constat déceptif car nous avons des atouts majeurs, à commencer par plus de 150 PME-PMI robotiques innovantes qui ont le potentiel pour devenir des leaders mondiaux dans leur domaine. La France peut devenir un leader mondial de la robotique", assure le député et ancien entrepreneur de la robotique Bruno Bonnell, co-auteur d'un rapport qui a pour objectif de " faire de la France un champion international de la robotique et des systèmes intelligents ".

2020, année de la robotique en France ?

Outre un état des lieux, ce rapport rédigé à partir d'une « centaine d'entretiens » avec des spécialistes s'articule autour de 10 propositions qui ont pour objectif de proposer "une stratégie politique volontariste qui se décline en propositions d'actions de court, moyen et long-terme".

Des préconisations qui balayent un large spectre, de l'inscription de la robotique dans le fonds Deep Tech (les innovations issues du monde de la recherche), à l'éducation et la formation pour "habituer les enfants aux métiers de demain", en passant par une véritable diplomatie industrielle, notamment avec le Japon ou la Corée du Sud.

Proposition la plus concrète pour le grand public, le député souhaite "faire de l'année 2020 l'année de la robotique en France" à travers l'organisation, par la filière, de conférences, animations, compétitions...

"L'idée est d'acculturer les Français à la robotique pour susciter des vocations, déclencher de nouveaux réflexes et faciliter l'appropriation des robots", avance Bruno Bonnell.

"Une nouvelle inflexion du monde"

Chantre de ce qu'il nomme la "robolution", le co-fondateur de l'ancien géant du jeu vidéo Infogrames estime que le développement de la robotique " tout autant politique que technologique, pourrait définir les bases d'un nouveau contrat social en réponse aux défis du siècle ".

"Nous vivons avec la robotique une nouvelle inflexion du monde. On entre dans une nouvelle ère, avec une nouvelle sémantique (IoT, IA...). Nous sommes encore un peu perdu et c'est normal : il faut se dire que nous sommes, pour comparer, un peu comme dans les trois ou quatre années qui ont suivies l'invention de l'automobile au XIXe siècle. Le vocable de l'automobile est désormais rentré dans les mœurs, ce sera pareil avec la robotique" , affirme-t-il.

Et ce dernier de poursuivre sur l'exemple asiatique qui compte, aujourd'hui, la moitié des 10 premiers constructeurs mondiaux de l'automobile (Toyota, Renault-Nissan-Mitsubishi, Hyundai, Honda, Suzuki). Une façon de dire que le retard pris par la robotique française est largement rattrapable.

"D'autant que la robotique est encore principalement dans une phase de prototypage et pas encore d'industrialisation", poursuit Bruno Bonnell.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2019 à 11:58 :
Super projet de Bruno Bonnell ! son expérience de serial entrepreneur au service de l'industrie
a écrit le 12/04/2019 à 10:03 :
LE problème actuel, après deux ans de désastre de gouvernance LREM c'est que c'est pas facile d'assumer l'étiquette hein de grands bavards impénitents qui adorent s'écouter parler.

Du coup il est indispensable d'essayer d'être deux fois plus convaincants si on est un temps soit peu crédible bien entendu...

Parce que de s’être précipité vers les LREM pensant que c'était de la nouvelle politique alors que la pire oligarchique qu'il soit relève d'un manque de clairvoyance gênant quand on veut faire passer un message.

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