Fontanille : de la lingerie au pansement sur mesure

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(Crédits : DR)
La PME Fontanille, installée en Haute-Loire, travaille depuis plusieurs mois sur une dentelle capable de régénérer les récifs coraliens. Prochaine étape : une impression en 3D pour des pansements personnalisés à chaque corail mais aussi à chaque humain.

Elle avait failli disparaitre en 2012. Une quarantaine de ses 70 salariés s'étaient alors réunis pour constituer une SCOP et reprendre cette PME altiligérienne vieille de plus de 150 ans. Sept ans plus tard, elle est à un tournant de son destin.

Historiquement positionnée sur la fabrication de textiles destinés aux bas lingerie auto-fixants et aux bas médicaux de contention, elle envisage de se lancer prochainement dans la fabrication de pansements sur mesure en impression 3D. Une diversification qui la ferait basculer dans l'industrie 4.0 et dans une progression significative de son chiffre d'affaires. L'enjeu financier est d'importance pour les salariés, tous sociétaires, même si depuis la reprise, Fontanille parvient à maintenir l'équilibre financier et à investir (un million d'euros en six ans).

Artefact, un projet écologique et économique

L'entreprise de Haute-Loire avait fait un pas hors de son sentier historique, dès l'année dernière, en se lançant dans le projet baptisé Artefact. Son dirigeant, Rolland Arnaud avait alors accepté de recevoir en résidence l'artiste Jérémy Gobé, pour décorer l'Hôtel de ville de Clermont-Ferrand.

L'artiste, déjà spécialisé dans le corail, avait alors été immédiatement frappé par la dentelle en points d'esprit de Fontanille. La similitude étant presque parfaite avec la structure microscopique du corail. Il s'était alors rapproché d'une pointure scientifique spécialisée dans le corail, Isabelle Domart-Coulon (Muséum National d'Histoire Naturelle). Depuis, les scientifiques, l'artiste et la PME de Haute-Loire planchent sur le développement d'un substrat en dentelle permettant de développer des boutures de corail et de les implanter sur les récifs décimés. Comme un pansement pour les coraux.

" Nous avons retravaillé le point d'esprit et la matière, les réussites de régénération ont largement progressé", s'enthousiasme Rolland Arnaud.

Après des tests de validation dans les aquariums de la Porte dorée à Paris, les protocoles sont en cours d'écriture par les scientifiques pour des essais grandeur nature, en mer.

Nouvelle étape : la 3 D

C'est dans le cadre de ce projet Artefact, dont les enjeux économiques et écologiques sont colossaux, que la PME s'est intéressée à l'impression 3D, notamment pour des supports de développement du corail.

Un investissement de 200 000 euros sera nécessaire pour se lancer. "Nous travaillons sur le financement avec BPI, notamment". En attendant, la PME s'est rapprochée des fablabs auvergnats pour réaliser ses tests.

L'idée du pansement en impression 3D s'est glissée peu à peu au milieu des réflexions. Car, du pansement pour les coraux aux pansements pour les humains, il n'y aurait qu'un pas.

"Chaque blessure est différente, chaque personne est différente. L'impression 3D des pansements permettrait d'apporter le dosage exact nécessaire".

Fontanille annonce avoir d'ores et déjà d'autres projets dans sa besace, probablement aussi étonnants.

"Ce n'est pas parce que nous avons repris une entreprise qui avait telle ou telle activité que nous ne pouvons pas faire autre chose ! Et ce n'est pas parce que nous avons un chiffre d'affaires modeste, 3 millions d'euros, que nous ne pouvons pas faire de grandes innovations", sourit Rolland Arnaud.

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