Prix Révolutionner : Léna Geitner, l’activiste

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(Crédits : DR - ADE Laurent Cerino)
Elle révolutionne son monde à sa manière, portant le message qu’entreprendre différemment n’est pas impossible. Léna Geitner est le reflet d’une jeunesse qui souhaite s’épanouir dans un monde meilleur, loin des systèmes politico-économiques vieillissants. Animée par une sensibilité utopique, sa révolte est désormais plus pragmatique. Elle est lauréate du 10e Prix de l'esprit d'entreprendre dans la catégorie Révolutionner.

Entre la politique et l'entrepreneuriat, Léna Geitner a fait son choix. Ce sera la seconde voie, préférant mettre les "mains dans le cambouis" pour entamer sa (propre) révolution. Déçue de la politique, la Drômoise de 26 ans, petite-fille d'immigrés polonais, fidèle à ses valeurs, opte pour l'entrepreneuriat social et solidaire.

"C'est par ce biais que je peux faire bouger les choses, à mon échelle", reconnaît-elle.

S'engager en politique, elle y a néanmoins songé. Plus jeune, d'un naturel utopique, marquée par un caractère "altermondialiste", Léna Geitner ressentait cette "profonde" envie de "changer le monde". Au fil des années et des expériences, ce sentiment a évolué et laissé place à un engagement ancré dans le réel.

Volonté farouche

Après une prépa littéraire pour concourir à l'entrée de Sciences Po, mais dépourvue de "l'esprit de synthèse requis", Léna Geitner choisit une orientation pouvant paraître surprenante : l'école de commerce 3A (tournée vers le développement responsable, l'humanitaire et l'international), à Lyon.

"J'y suis allée pour comprendre les mécanismes économiques, le monde dans lequel nous vivons et pour pouvoir appliquer certaines méthodes au service des autres."

L'international ? "J'ai eu une petite expérience, mais il y a tellement de choses à faire en France." L'humanitaire ? "Cela ne me correspondait pas." Léna Geitner se confronte au monde de l'entreprise et acquiert ses codes. À la fin de ses études, elle choisit de créer sa propre structure, avec la volonté toujours farouche d'aider les autres.

Moins naïve

En 2014, elle fonde Ronalpia, l'un des premiers incubateurs d'entreprises sociales et solidaires de la région Rhône-Alpes. Une association de trois salariés, dans laquelle sont incubées pendant 18 mois des startups (21 à ce jour). Directrice de la structure, Léna Geitner mobilise, fédère, impulse sa dynamique et sa vision. Le propre de tout entrepreneur. Sa pensée évolue en parallèle.

Une révolution pragmatique en somme et qui prend une forme "beaucoup moins naïve qu'auparavant".

"Pierre par pierre, nous impulsons un changement, juge-t-elle. Ce changement, je l'observe autour de moi. Je constate une plus grande bienveillance, une envie de créer très forte et des profils d'entrepreneurs plus variés. C'est en partie à cause du ras-le-bol général et de la crise."

Responsabilisation

Créer sa structure, elle ne l'aurait sans doute pas imaginé il y a encore quelques années. Léna Geitner y voit un moyen de faire évoluer les mentalités à sa manière, entourée d'une communauté tout aussi engagée dans cette volonté de changement et de responsabilisation.

"Entreprendre autrement, avec des modèles économiques se substituant aux subventions, en gagnant de l'argent et le redistribuant intelligemment, c'est possible. La preuve, nous créons des emplois, de la richesse", affirme-t-elle.

Sa révolution, Léna Geitner la mène en essayant d'insuffler une nouvelle idée de l'entrepreneuriat et, indirectement, en portant un message d'optimisme face à "l'indifférence générale".


La phrase : Céline et Philippe Bossanne, Huttopia (Lauréats 2011)
Révolutionner, c'est vouloir renverser l'ordre établi. C'est donc avant tout une volonté mais aussi une inconscience, une révolte, un rêve, forcément difficile. Comme entreprendre."

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