Brexit : l'heure n'est plus au débat mais à l'action

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(Crédits : LD)
Après la décision du peuple britannique, l'heure n'est plus au débat mais à l'action. Il s'agit de tirer toutes les conséquences du résultat de ce référendum. Il importe avant tout d'être clair. Il n'y aura pas de nouvelles négociations ni de traitement de faveur. Mais au-delà du sort britannique, il faut se poser les bonnes questions, et ne pas faire de l'Europe un bouc émissaire permanent, mais redonner du sens à cette communauté de destins. Par Françoise Grossetête, députée européenne LR, 1ère Vice-Présidente du groupe PPE au Parlement européen.

Le 23 juin dernier, le peuple britannique a tranché. Après plus de 40 ans d'une relation souvent tortueuse, le divorce est prononcé entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Je regrette cette décision, mais nous devons bien sûr respecter ce choix souverain. Désormais, l'heure n'est plus au débat mais à l'action. Il s'agit de tirer toutes les conséquences du résultat de ce référendum.

Le gouvernement britannique doit être responsable

Il importe avant tout d'être clair. Il n'y aura pas de nouvelles négociations ni de traitement de faveur. La Grande-Bretagne a choisi sa voie. Les négociations de sortie doivent maintenant se faire le plus rapidement possible afin que l'Europe, qui est confrontée à des défis majeurs, ne rentre pas dans une phase de paralysie. Le gouvernement britannique doit être responsable.

Le Parlement européen, dans sa majorité, souhaite être ferme. Le Royaume-Uni restera un partenaire privilégié, mais on ne peut imaginer que les députés européens britanniques continuent à voter des textes qui ne les concernent plus. Toute autre solution ne serait ni démocratique, ni respectueuse de la souveraineté des autres peuples européens.

Remise en question profonde du projet

Sans attendre, l'Europe et la zone euro doivent aller de l'avant. L'Europe a commencé sans la Grande-Bretagne et elle continuera sans elle. Il n'est pas question de s'en tenir à de grands discours ou à des échanges courtois ! Nous ne pouvons pas faire l'économie d'une remise en question profonde du projet que nous voulons porter pour le continent.

La France et l'Allemagne, en particulier, doivent être à la hauteur de ce moment historique pour donner un nouveau souffle au projet européen, montrer un visage de l'Union plus humain, et apporter les réponses concrètes tant attendues par nos concitoyens. François Hollande, qui a cruellement déserté la scène européenne depuis son élection, avec les conséquences dramatiques que l'on voit, doit entendre ce message !

Le marché unique ne suffit plus à rapprocher les citoyens

Les responsables politiques de tous bords, les gouvernements nationaux et les médias portent aussi une responsabilité immense dans l'échec que nous connaissons aujourd'hui. Faire de l'Europe un bouc émissaire permanent est une stratégie dangereuse, qui ne sert que les populistes et les démagogues. Le pari perdu de David Cameron et l'état de déconfiture dans lequel il laisse son pays le montrent ; jouer avec le feu n'est pas sans risque...

Lire aussi : (Br)exit la démocratie participative ? Coup de gueule d'un accro du référendum

Les résultats de ce référendum doivent servir de leçon à tous. Les inventaires à la Prévert sur les avancées du marché unique, qui réduisent nos concitoyens à l'état de consommateurs, ne suffisent plus pour rapprocher les citoyens de l'Europe. Le marché intérieur est certes un acquis considérable, mais il est grand temps de sortir de ces argumentaires technocratiques et de le clamer enfin : l'Europe n'est pas qu'un grand marché, un assemblage de programmes sectoriels, une machine à produire des normes... L'Europe a une âme, une Histoire, une culture !

Communauté de destins

Les Nations du continent sont héritières d'une Histoire millénaire, parfois glorieuse, parfois tragique. Elles partagent ensemble, malgré leurs différences, une culture et des valeurs communes, ancrées dans le christianisme, le respect de l'Humain et de sa dignité, l'État de droit et la liberté. Elles ont en commun une adhésion à l'économie de marché, placée avant tout au service de l'Homme.

Elles se retrouvent, enfin, autour d'une certaine vision de la société, solidaire et veillant à ne pas laisser les plus faibles au bord du chemin. Par-delà nos divergences, beaucoup d'éléments rassemblent les nations d'Europe, les conduisant naturellement à coopérer pour préserver et promouvoir nos valeurs et notre mode de vie dans la mondialisation.

Une communauté de destins au service des peuples du continent et des valeurs qu'ils partagent. C'est cela que doit aspirer à devenir l'Europe post-Brexit.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2016 à 18:52 :
elle ne peut pas dire autre chose sur l'Europe , c'est son fond de commerce mais pour nous citoyens ou sont l'harmonisation fiscale et sociale dans cette couteuse institution qui ne fait vivre grassement que des élus et fonctionnaires
a écrit le 29/06/2016 à 17:25 :
J'aurais croisé dans la rue Mme Françoise Grossetête que je ne l'aurais pas reconnue, n'ayant aucun souvenir d'avoir voté pour elle, ignorant même qu'elle s'était présentée à la députation européenne puis, élue! Je serai bien en mal de citer quel est le député européen de ma circonscription (elle?) et les actions qu'il a pu mener au Parlement Européen. Voilà donc en quelques mots un des défauts de l'Europe lointaine actuelle, parmi d'autres. Au delà des généralités louables qu'elle exprime, what's next?
a écrit le 29/06/2016 à 16:13 :
Venant d une elue d un parti qui a longtemps ete anti europeen (le RPR), dont le candidat probable (Sarkozy) n a jamais ete tres interessé par l europe (les madats de deputes europeens de son parti sont des lots de consolation comme pour Rachida Dati) ca manque pas de sel...
Hollande est nul mais notre prochain president issu du parti de cette brave dame (que ca soit Sarkozy ou Juppe) sera pas meilleur.
Juste pour le fun, madame etes vous prete a accepter de redeployer les credits englouti pour subventionner vos amis de la FNSEA (la PAC c est quand meme 40 % du budget de l UE) pour les utiliser dans un projet d avenir (je vous laisse le choix de celui ci) ?
a écrit le 29/06/2016 à 15:49 :
On a bien du mal à comprendre le pourquoi des structures européennes qui justifieraient seulement le marché unique. Une fois cela décrété, y-a-til encore quelque chose à faire? la réalité, c'est que l'Europe et ses décisions techniques ne se sont pas substituées aux règles nationales, la plupart du temps toujours en place, mais qu'elles se sont ajoutées. idem pour les structures. Y-a-t-il ou non une Agence française du médicament? Pourquoi gardons-nous cette agence si le travail doit se faire à Bruxelles (j'ai du mal à croire qu'un belge doit se soigner différemment d'un luxembourgeois..). Par ailleurs, on ne compte plus le nombre d'intervention allant dans le sens d'appliquer, ou non, les règles décidées à Bruxelles... Encore une fois, il s'agit d'aller vers plus d'intégration et de convergence, ou opter pour la désintégration.. soyons logiques.
Réponse de le 29/06/2016 à 16:59 :
Je suis d'accord avec ce que vous dites, sauf sur la conclusion. À mon sens, la France doit garder son agence et l'Europe supprimer la sienne. le problème est justement que l'Europe s'est progressivement donné le rôle d'un État supranational, sans en être un. L'Europe doit se contenter d'être un espace de discussion commun. Elle collecte des fonds, établit des Politiques communes, distribue ses fonds dans les pays pour favoriser la mise en œuvre de ces politiques. Et puis c'est tout. Les lois, les règles, les institutions, les normes, les actions, la justice relèvent des États uniquement. Chaque état est souverain, l'Europe n'est qu'un forum.
a écrit le 29/06/2016 à 15:04 :
On ne fait pas de l'Europe un bouc-émissaire puisqu'il s'agit de "l'UE de Bruxelles" dont il est question et, qui se permet de mettre notre destin en communauté dans un sens unique non désiré!
a écrit le 29/06/2016 à 12:43 :
On a pensé à l'économie de marché avec toutes les règles qui ne s'adressaient aucunement à l'ensemble des citoyens sauf pour les contributions imposables . Personne ne croit plus dans le projet Européen car il amène pauvreté et précarité au plus grand nombre et richesse à l'élite .
Réponse de le 29/06/2016 à 14:02 :
Pauvreté et précarité pour le plus grand nombre : cela c'est plus l'effet de la mondialisation que de l'appartenance à l'Europe. La France n'appartiendrait pas à l'Europe et surtout à la zone Euro, nous en serions à notre cinquantième devaluation du Franc et paierions le litre d'essence 20 Francs voire plus !! Les Grecs ne s'y sont pas trompés, ils ont préférés rester dans l'Europe et dans l'Euro plutôt que de revenir à la drachme.
a écrit le 29/06/2016 à 12:21 :
" il faut se poser les bonnes questions, et ne pas faire de l'Europe un bouc émissaire permanent, mais redonner du sens à cette communauté de destins"

Donc vous avouez bien que l'europe a, si ce n'est tous les torts, une grosse part de responsabilité dans le désaveu de plus en plus grandissant des citoyens européens ?

" l'Europe n'est pas qu'un grand marché, un assemblage de programmes sectoriels, une machine à produire des normes..."

Il faudrait déjà savoir si l'europe des marchés a réellement motivé, à un moment, les peuples européens, disons qu'on pensait que c'était lié, qu'il fallait en passer par là, les gens ont bien plus de sagesse que ce que les décideurs aiment penser, par contre on ne pensait pas que cela deviendrait une obsession permanente, et même une priorité pour l'oligarchie européenne, maintenant comme ce sont ces derniers à gouverner et comme ils ne pensent qu'à leurs propres intérêts ils gouvernent également pour leurs propres intérêts, logique mais dramatique.

"L'Europe a une âme, une Histoire, une culture !"

C'est bien pour cela que je rêvais d'une europe des peuples pour ma part que je l'attendais avec impatience même, mais au lieu de ça nous n'avons qu'un machin difforme à l'unique service de quelques uns, ceux qui en ont le moins besoin.

Si j'ai voté non au référendum de 2005 c'est pas parce que je suis un facho nationaliste comme l'affirmaient les médias "de gauche" de l'époque, c'était bel et bien parce que pour moi l'intérêt de l'europe était d'abord d'unir les peuples et non de les diviser voir de les sacrifier au nom du dogme néolibérale et sa concurrence exacerbée qui dérive en véritable massacre entre peuples.

Nos dirigeants ont perdu la raison, voilà la cause principale du rejet exponentiel de l'idée européenne.
a écrit le 29/06/2016 à 12:10 :
C'est beau comme de l'antique, mais concrètement, que proposez vous?

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