Gérard Collomb futur ministre ?

 |   |  665  mots
(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'Economie)
Gérard Collomb, s'il est élu dimanche prochain, peut-il participer au futur gouvernement ?

Comme prévu, lors du premier tour du scrutin municipal, les deux grands vainqueurs ont pour nom abstention et Front national. Comme prévu aussi, la droite républicaine progresse significativement et la gauche décline dans les mêmes proportions. Mais la première n'a pas véritablement triomphé et la gauche ne s'est pas véritablement écroulée. La droite n'a pas triomphé parce que depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, elle s'est employée comme personne à se saborder. Du feuilleton guignolesque de l'élection du président de l'UMP à la série d'affaires de ces dernières semaines en passant par la bataille larvée que se livrent les ténors pour espérer écarter l'embarrassante « icône » Sarkozy et prendre les rênes de la primaire, rien n'aura été laissé au hasard pour s'automutiler et passer au travers de l'incroyable opportunité sécrétée par l'indigente politique élyséenne et gouvernementale.

 

Le jeu des triangulaires

 

Si la gauche ne s'est pas écroulée, elle le doit en premier lieu - et le devra à l'issue du second tour grâce « aussi » au jeu des triangulaires qui, comme à Lyon où le FN se maintient dans 7 des 9 arrondissements, devrait plutôt lui profiter - au bilan que certains maires, notamment de grandes villes, ont pu afficher. Des édiles qui ont mis en œuvre des politiques bien sûr perfectibles et critiquables, mais dans leur ensemble plutôt satisfaisantes malgré un contexte économique qui, par exemple à Saint-Etienne minée par les emprunts toxiques et où Maurice Vincent est en ballotage défavorable, aurait pu les précipiter dans les limbes.

 

Conjurer la sentence

 

« Efficaces dans leur ville, incapables une fois aux commandes de la France ». Cette formule adressée aux socialistes, combien de fois ne l'a-t-on pas entendue ou prononcée... non sans raison ? Pourquoi en effet s'est-il révélé toujours si difficile pour les maires socialistes d'appliquer à l'échelon national certains principes - gestion saine, lucidité budgétaire, accords non partisans, politique de développement, stratégie d'attractivité, proximité avec les entreprises, discours peu idéologique - déployés avec succès dans les communes ? Et c'est d'ailleurs à la conjuration de cette sentence que Gérard Collomb travailla longtemps avec force, proclamant que sa légitimité et son ambition nationales résultaient d'un bilan local dont il voulait s'inspirer. C'était il y a déjà longtemps, après son second sacre conquis au premier tour face à Dominique Perben et qui lui donnait l'espérance d'un destin national. Une espérance que ses oscillations ou voltefaces politiques - tour à tour Royaliste, Strauss-Kahnien, etc. -, sa faible popularité (doux euphémisme) rue de Solférino, la primaire socialiste, la victoire de François Hollande et son application à pilonner l'action du gouvernement et à s'en désolidariser, ont, depuis, enterrée. Mais l'est-elle définitivement ?

 

Irrationnel

 

Certes, combien de fois n'a-t-il pas affirmé que son avenir politique était uniquement au Sénat et entre Rhône et Saône, surtout avec la concrétisation au 1er janvier 2015 de ce qui fut l'un de ses principaux tours de forces : la métropole lyonnaise, née de l'intégration des compétences du Département du Rhône sur le territoire de l'agglomération et élaborée dans le dos du président de la Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne. Mais il est tout aussi incontestable que les maires qui auront gagné dimanche prochain disposeront d'un capital de crédibilité, de légitimité et de... séduction aux yeux du futur Premier Ministre chargé de remanier le gouvernement. Gérard Collomb n'a pas encore conquis le Grand Lyon, il n'est plus jeune, le chantier métropolitain l'accaparera substantiellement, il ne peut revendiquer aucune expérience ministérielle - c'est le cas d'une grande majorité des ministres actuels -, et ses appuis au sein du PS sont rares. Mais en politique tout est si irrationnel. S'il est élu, saura-t-il résister à un prestigieux strapontin ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/03/2014 à 15:25 :
Pour moi, il a le bon profil pour être premier ministre. Il est compatible avec l'orientation sociale libérale de Hollande et me semble le seul à gauche capable de donner un petit coup de pied dans la fourmilière. C'est en entendant Pigasse que 'ai pensé à ce "candidat idéal"
a écrit le 25/03/2014 à 17:12 :
nombreux sont ces ministres qui ont fait preuve de pragmatisme suffisant et d'absence de volonté politique; il faut se définir un cap et s'y tenir. Louvoyer est plutôt un signe de faiblesse et la démonstration en a été faite ces 2 dernières années.
Réponse de le 25/03/2014 à 17:31 :
Pour répondre à Popol17, les 10 ou 15 dernières années serait plus juste ! (Gauche et Droite confondues) Heureusement que certaines forces vives sauront rendre à la société Civile son role et son pouvoir, www.NousCitoyens.fr est en marche, et ça va faire mal tellement c'est plein de bon sens et de bonnes idées, elle s'organise, et les Européennes et/ou les présidentielles pourraient être leurs premières armes...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :