[Ce qui m'inspire 4/5] Patrick Grand’Eury, Cluster Montagne : "L’intelligence collective"

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(Crédits : DR)
Cet été, La Tribune interroge des figures entrepreneuriales régionales autour du concept de l'inspiration. Dans cet épisode, Patrick Grand’Eury, directeur général de Lumiplan Montagne, et président du Cluster Montagne, la grappe de l’aménagement de la montagne, partage sa vision de la motivation.

La Tribune : Quel est votre moteur au quotidien ?

Patrick Grand'Eury : J'ai toujours été un accro de l'entreprise, depuis mes premiers postes comme consultant en en stratégie, en marketing et en développement d'entreprises, jusqu'à mes fonctions de dirigeant d'entreprise.

Entreprendre, c'est refuser la routine, en assumant ses choix. Ce n'est pas de l'instabilité. C'est la même différence qu'entre prendre des risques et être casse-cou.

À la tête d'une entreprise, il faut que cette dynamique soit communicative. Ce n'est pas seulement un plaisir personnel. Cela passe par le leadership et le management, pour qu'entreprendre permette d'amener des solutions utiles et innovantes aux clients, dans lesquelles ils trouvent de la valeur.

Comment vous est venue cette envie d'entreprendre ?

C'est peut-être un côté un peu rebelle. Je n'ai pas été un étudiant modèle. J'ai toujours eu une envie d'indépendance, de garder une forme de liberté. Je tiens peut-être cela de mon père, qui était pilote de chasse, sans être un fou de discipline.

Comment transposez-vous cette motivation à la présidence du Cluster Montagne?

J'ai eu un vrai coup de coeur pour cette filière de l'aménagement de la montagne. C'est un secteur qui n'est pas facile, en raison de la pression des saisons et des enjeux de plus long terme qui nous amèneront à réinventer la montagne de demain. Mais c'est aussi un milieu attachant, où il y a de nombreuses innovations à engager.

Et ces défis se réfléchissent ensemble, avec une intelligence collective qui me motive moi-même. Dans ce monde qui se virtualise, les acteurs de la montagne savent encore se retrouver ensemble pour partager leurs questionnements, en gardant un contact humain.

Quel enjeu collectif vous anime le plus ?

Nous devons réinventer la montagne de demain, c'est un fait. Et nous ne le ferons pas tout seuls. Nous devons nous réunir entre acteurs de l'écosystème économique de la montagne. Même quand on est inspiré, on doit connaître son terrain et son marché, mais aussi savoir ce qui se fait ailleurs, puis travailler avec les autres acteurs.

Se réinventer ne veut pas dire tirer un trait sur le ski, ni opposer aménagement et écologie. On peut aménager de façon respectueuse et durable. Nous les aménageurs, nous aimons nous poser sur un sommet vierge et nous nourrir du paysage! Quant au ski, il n'est pas fini, mais il faut inventer autre chose à côté. 25% des touristes qui viennent en stations durant l'hiver ne skient pas.

En plus de ces enjeux, nous avons à faire face aux considérables changements climatiques en moyenne altitude. Faut-il assumer la décroissance ou se spécialiser sur de nouvelles pratiques ? Nous n'en savons rien aujourd'hui. L'évolution climatique nous lance un défi hors du commun. Pour y répondre, nous ne devons pas le subir, mais l'anticiper. Nous devons construire ensemble le futur, avec nos différences et nos contradictions.

La contradiction est-elle source de motivation?

Les contradictions sont le moteur du changement. Quand tout va bien, on n'a pas envie de changer. On ne veut pas se remettre en cause. Mais j'ai vu trop de dirigeants d'entreprises appeler au secours quand il était trop tard.

Il faut oser modifier les organisations quand tout va bien. Pour réussir un changement, cela prend du temps et des moyens financiers... ce qu'on n'a pas quand la situation est déjà dégradée. Le dirigeant a un devoir d'anticipation à moyen terme, même si ce n'est pas facile quand on est happé par le quotidien

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