Hôpitaux de Lyon  : les suppressions de postes de trop

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(Crédits : Reuters)
Les Hospices civils de Lyon prévoient encore 129 suppressions de postes au sein du personnel non médical, en 2015. Des mesures refusées par les syndicats qui dénoncent des conditions de travail devenues insupportables.

La journée de mobilisation sociale contre la réforme des 35 heures à l'AP-HP (hôpitaux) de Paris, ce jeudi, doit être suivie de près par la direction générale des Hospices civils de Lyon (HCL). « Ce sujet n'est pas du tout évoqué aux HCL. Toucher à l'accord sur les RTT déclencherait un casus belli. Celui que nous avons signé localement est remarquable. Il est favorable aux salariés tout en offrant une grande souplesse dans l'organisation des services. Il est encadré par un comité spécifique paritaire associant la direction, la Cfdt et l'Unsa », avertit Olivier Brun, délégué Cfdt ». Dans le deuxième CHU de France le mécontentement se cristallise sur la poursuite des réductions de postes au sein du personnel non médical : 129 encore prévues en 2015 selon les orientations budgétaires présentées en avril dernier devant le Comité technique central d'établissement (CTCE), de sources syndicales.

Retour à l'équilibre à l'horizon 2017

Et précisément le bilan des 147 postes supprimés en 2014 (ramenant le nombre d'ETP non médicaux à 14.319) figure à l'ordre du jour du CTCE réuni ce jeudi matin. «  Les conditions de travail sont déjà à la limite du supportable. Les plannings de base de fonctionnement sont construits avec des lignes manquantes. Ces compressions dans les effectifs se renouvellent d'année en année. Nous disons stop. Ce n'est pas tenable », tonne le syndicaliste. Cette centrale qui réfléchit à la meilleure forme d'actions dit avoir la volonté de travailler en intersyndicale.

Ces nouvelles coupes sombres parmi les agents sont la variable d'ajustement dénoncée par les syndicats pour remplir le contrat de retour à l'équilibre des comptes des hôpitaux lyonnais imposé par la tutelle à l'horizon 2017. Il avait été, un temps, fixé à 2013. « Si rien ne change au niveau du mode de financement, le déficit sera éternel », soupire Olivier Brun. Les pertes  2014, au titre du budget principal, se sont établies à 22 millions d'après un communiqué de la direction publié en février dernier.

52 millions à économiser

Pour l'exercice en cours les HCL devront dégager 52 millions d'euros d'économies contre 34 millions l'an dernier. Des économies sont recherchées dans les achats gérés par une direction ad hoc. « Mais après cinq ans d'essorage des prix il ne reste plus beaucoup de centimes à gagner. Et les fournisseurs ne vendront pas à perte », observe Olivier Brun. Il voit des marges de progrès du côté de la consommation des « 4000 unités fonctionnelles ». Le redressement des comptes passe également par l'augmentation des recettes. Et, en particulier, de l'activité. «Les plans d'actions proposés par la direction vont dans le bon sens puisqu'ils visent à accroire l'accès de la population aux soins publics. Tout repose sur le corps médical », 5000 professionnels "qui individuellement sont impliqués dans leur travail", poursuit l'élu Cfdt.  Toutefois, il déplore un « problème majeur de management médical. Qui valorise les meilleurs et qui aide les autres à progresser ?».

Vote du budget en juillet

Contacté par Acteurs de l'économie, Dominique Deroubaix, dg des HCL, a fait savoir qu'il préférait attendre que l'EPRD 2015 (Etat prévisionnel des recettes et dépenses), en d'autres termes le budget) soit totalement finalisé pour nous répondre. Il devrait être soumis au vote du conseil de surveillance présidé par Gérard Collomb, le 3 juillet prochain

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