Crise des éleveurs : les Boucheries André, un modèle à suivre ?

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(Crédits : DR)
Tandis que la crise des éleveurs s'enlise, certains acteurs tentent de recréer du lien dans une filière en difficulté. À Lyon, les Boucheries André font ce pari. Cette PME vient en aide à certains exploitants en investissant dans leur cheptel. Un modèle à suivre ?

D'une petite boucherie artisanale des années 1930 à une PME pesant aujourd'hui 52 millions d'euros, les Boucheries André ont bien grandi. Et si le groupe emploie 260 personnes, dispose de 12 sites sur la région, et transforme 4 000 tonnes de viande par an, sa démarche artisanale reste identique.

"Nous conservons ce même savoir-faire", rappelle Alexandre Baronnier, troisième génération à la tête de l'entreprise familiale depuis sa reprise en 2011. L'entrepreneur entend développer à la fois une activité économique viable tout en inscrivant les Boucheries André dans une démarche de proximité.

"Depuis 1933, nous développons nos propres élevages et sélectionnons d'autres animaux directement auprès des producteurs. Nous réalisons ensuite l'abattage, la découpe, la transformation et la fabrication, et enfin la vente directe aux consommateurs", détaille le PDG.

Boucheries andré

Création d'une filière intégrée

Longtemps, l'exploitation familiale approvisionnait seule une partie des produits. Ces dernières années, les Boucheries André ont entrepris de développer un petit réseau local d'élevages. Une filière qui compte, désormais, trois autres fermes, installées dans le département de l'Ain et produisant les races charolaise et black angus.

Deux  appartiennent au responsable de la filière Jérôme Curt, ancien dirigeant de l'abattoir Prés Verts, situé également dans l'Ain, dont Boucheries André est devenue actionnaire auprès de la Compagnie d'abattage de Bourg.

Enfin la quatrième, celle des Comdamines, bénéficie du soutien de la PME. Boucheries André apportent ainsi les outils d'organisation et de structuration, jusqu'au financement du cheptel. Travaillant alors en direct avec l'éleveur.

"La situation étant catastrophique, nous essayons de développer un modèle respectant simplement les fondamentaux. Il n'y a pas un tas d'intermédiaires. Nous souhaitons que l'éleveur reste propriétaire, afin qu'il possède un modèle durable de sa société", souligne Alexandre Baronnier ajoutant : "On vient de plus en plus nous voir pour soutenir des exploitations comme celle-ci."

Boucherie André

Alexandre Baronnier, PDG de Boucheries André

Investissements à venir

Cette initiative est une manière pour l'entreprise d'apporter son soutien et de valoriser une filière en crise. Boucheries André assure également l'achat de la viande au kilo, jusqu'à 5 % plus élevé que le cours du marché.

Une volonté clairement affichée par son PDG qui veut prouver la virtuosité de son modèle en le montrant au plus grand nombre. Début février, il avait ainsi convié la classe politique et des acteurs de la profession à une journée de sensibilisation de la filière bovine pour partager sa vision du circuit court.

"Mes préoccupations sont à la fois mon entreprise, la valorisation de la filière et manger mieux. Donc si je peux être utile, je serai ravi de faire avancer les choses", souligne-t-il, espérant être entendu.

À ce jour, ce réseau d'élevages représente 20 % du total de la viande vendue dans ses boutiques, le reste provient des 180 éleveurs-partenaires. Dans le futur, les Boucheries André souhaitent continuer d'investir dans de nouvelles fermes - aussi dans de nouvelles boutiques -, soutenant des éleveurs en difficulté, tout en élargissant peu à peu son maillage territorial.

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Commentaires
a écrit le 09/03/2016 à 13:53 :
"les Boucheries André "

...et les chaussures Charal

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