French Tech : le label renforce les ambitions de Lyon

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(Crédits : Reuters)
Sans surprise, Lyon est labellisée French Tech. Désormais "ville française du numérique", la capitale régionale souhaite s'appuyer sur cette dynamique pour devenir l'écosystème numérique de référence en Europe.

Les acteurs du numérique lyonnais n'en doutaient pas. C'est désormais officiel. Ce mercredi, la métropole lyonnaise a été choisie, avec huit autres pôles français, pour porter le label French tech. "Cette reconnaissance doit être considérée comme un point de départ. On peut faire de Lyon une grande place du numérique à l'international", se félicite Gérard Collomb, président du Grand Lyon. "Nous sommes extrêmement satisfaits. Ne pas être sélectionné aurait vraiment été une surprise", ajoute Sylvain Iafrate, chef de projet Image et Numérique à la communauté urbaine.

Reconnaissance et visibilité

Depuis l'automne 2013 et la venue de Fleur Pellerin alors ministre du Numérique qui a lancé l'initiative French Tech, l'écosystème digital du Grand Lyon n'a cessé de s'organiser et de travailler ensemble pour cette candidature. "La labellisation est l'aboutissement de nombreuses heures de travail entre les différents acteurs", se réjouit Thierry Alvergnat du Cluster édit Lyon. "L'enjeu premier était de galvaniser l'écosystème et de le coordonner. Cet objectif a été rempli. Le label, c'est la cerise sur le gâteau", analyse-t-il.

Dynamique dans le domaine du numérique et de l'informatique depuis plusieurs années, grâce à un écosystème solide composé de PME (Esker), grands groupes (Cegid), startups (DigiSchool), laboratoires de recherche, clusters (Cluster Edit), fonds d'investissement etc., le tampon French Tech va permettre au Grand Lyon de passer un cap.

Lyon souffrait d'un manque de visibilité. Le label est le bon moyen pour matérialiser cette activité. C'est la reconnaissance officielle de la place de Lyon sur la scène nationale, estime Sylvain Iafrate.

15 tech-champions d'ici 10 ans

Une enveloppe gouvernementale de 15 millions d'euros à partager entre les lauréats, en plus des 200 millions d'euros pour soutenir les startups, est prévue pour développer la communication de chacun. Pour le Grand Lyon, le dessein est de devenir l'écosystème de référence en Europe pour innover et entreprendre.

Pour cela, l'objectif du Grand Lyon est de présenter 100 nouvelles startups chaque année dans un dispositif d'accélération, d'ici 3 ans. Et d'ici 10 ans, le but est de voir émerger 15 nouveaux tech champions sur le territoire. Le potentiel d'emploi de la filière numérique est d'environ 20 000 emplois.

Organiser la gouvernance

Contrairement à Grenoble qui a déjà défini la stratégie de sa gouvernance, les acteurs lyonnais du label doivent s'organiser autour d'une structure fédératrice, actuellement en cours de réflexion. Selon Guilhem Bertholet, les protagonistes avaient décidé, dès la première réunion et de façon consensuelle, d'éviter le sujet jusqu'aux résultats. "L'essentiel était ailleurs", confie l'intéressé.

Ainsi, la gouvernance devrait prendre une forme plus informelle, dans l'esprit des startups. "L'idée est d'avoir un dispositif qui permet d'animer et de coordonner l'ensemble des initiatives sans que celui-ci soit tutélaire", développe le fonctionnaire du Grand Lyon. "On peut imaginer une instance qui permet d'échanger et de définir les grandes lignes communes", explique pour sa part Thierry Alvergnat. Quelle que soit l'organisation choisie, "le cœur du projet restera la base, c'est-à-dire les startups et autres accélérateurs", rassure Guilhem Bertholet.

Un lieu totem

Parmi les autres grands chantiers à venir en écho direct au label French Tech, le lieu totem de la Halle Girard devrait voir le jour au second semestre 2016, pour un montant de 10 millions d'euros. La région Rhône-Alpes pourrait participer à hauteur de quatre millions d'euros au financement.

C'est un endroit qui va faciliter les rencontres offline. Il permettra la mise en contact entre les acteurs du numérique entre eux, mais aussi avec les agents plus traditionnels qui cherchent à se rapprocher des startups, explique Guilhem Bertholet de la Cuisine du Web.

La Halle Girard bientôt reconvertie

La future halle Girard dans le quartier de la Confluence. (Crédit DR)

Accélérateur de projets internationaux

La certification peut également mettre un coup d'accélérateur à certains projets internationaux, à l'instar du rapprochement entre Boston et Lyon au sujet du MassChalenge. Mais le dynamisme du territoire se construit également par les porteurs de projets, comme les accélérateurs et autres lieux d'innovations. "C'est l'endroit naturel de cet écosystème", explique Sylvain Iafrate.

L'équipe de Lyon French Tech Lyon a néanmoins eu quelques frayeurs dans la dernière ligne droite, en raison d'un courrier adressé en octobre par Jean-Louis Gagnaire à Axelle Lemaire, secrétaire d'État en charge de l'économie numérique. Le vice-président de Rhône Alpes en charge du développement économique reprochait à ce label de favoriser "la compétition entre les métropoles et les territoires rhônalpins" et non leur "émulation".

"Nous sommes bien sûr favorables à des mutualisations à l'échelle des territoires. Il y a eu un problème de timing sur la réaction de Jean-Louis Gagnaire", estime Karine Dognin-Sauze, vice-présidente du Grand Lyon chargée de l'innovation et du développement numérique.

"Nous avions peur que cela fasse douter les services d'Axelle Lemaire, quant à la pertinence des candidatures des métropoles de Rhône-Alpes".

Enfin, au niveau régional, l'échec du voisin stéphanois, qui était dans la liste des 15 candidats officiels, pourrait engendrer un rapprochement entre Lyon et Saint-Etienne. "Il existe des synergies évidentes entre les deux villes. Mais ce sont aux acteurs de Saint-Etienne de décider", estime Thierry Alvergnat.

Article actualisé à 17:30 et 19h04

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