Les jeunes sont oubliés de la présidentielle

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(Crédits : Laurent Cerino / ADE)
Priorité de François Hollande, la jeunesse est absente des débats pour cette élection présidentielle estime Marie Trellu-Kane, présidente d'Unis-Cité. Pourtant, les jeunes s'engagent sur le terrain, ils sont engagés et solidaires. Preuve en est, leur implication dans le service civique.

Si François Hollande avait annoncé en 2012 vouloir faire de la jeunesse sa priorité, la campagne de 2017 semble peu s'intéresser aux jeunes. Or nous le voyons au quotidien : la jeunesse de France est là et compte bien faire entendre sa voix...

Les jeunes s'engagent sur le terrain

Que ce soit à travers le bénévolat (AFEV, FAGE, Animafac, MRJC...), ou encore le service civique (comme à Unis-Cité depuis 20 ans...), les jeunes s'engagent sur le terrain. Ils créent des entreprises sociales, se passionnent pour l'économie solidaire, se mobilisent pour exprimer leurs points de vue. Si le Forum Français de la Jeunesse a d'ores et déjà partagé ses 22 propositions aux candidats, le Forum Européen des Jeunes Engagés d'octobre 2016, a permis à 300 jeunes de tous horizons d'échanger et de faire leurs propres propositions.

Avec Kawaa, des centaines de jeunes d'Unis-Cité et de l'Afev, notamment, ont été formés à l'organisation de Polkas, ces débats politiques accessibles aux jeunes ayant moins l'habitude de donner leur avis... Le #VoxeTour permet à 40 jeunes de sillonner la France du 25 mars au 19 avril dans le but de faire remonter les propositions des jeunes. Quant à la Zone d'Expression Prioritaire, dispositif media porté par des journalistes professionnels, elle dédie un espace permanent de parole aux jeunes et organise avec l'Afev le 3 avril prochain un rassemblement sur le thème "Présidentielle : c'est par où la jeunesse ?".

Service civique

Les jeunes sont souvent perçus comme individualistes, ou résignés. Ce que nous voyons nous au quotidien, ce sont des jeunes engagés et solidaires. A titre d'exemple absolument révélateur : le service civique. Créé par une loi  de mars 2010 à la quasi-unanimité des parlementaires, le service civique a mobilisé, depuis, plus de 200 000 jeunes qui ont accepté de donner 6 à 12 mois de leur vie à une mission d'intérêt général. Des jeunes du bac-5 au bac+5, des villes et des campagnes, des cités comme des centres-villes... Suffisamment long pour permettre aux jeunes d'apprendre et être réellement utiles, véritable étape de vie de citoyenneté active, de mixité sociale et d'ouverture sur le monde, le service civique a aujourd'hui fait la preuve de son efficacité, et il devient urgent d'en faire une proposition d'engagement accessible à tous nos jeunes :

- Il participe à renforcer la cohésion sociale et la mixité dont notre pays a plus que jamais besoin. 89%[1] des jeunes en service civique se sentent utiles à la société et 93% d'entre eux estiment avoir pu rencontrer des personnes d'horizons totalement nouveaux. 57% des jeunes qui n'étaient pas inscrits sur les listes électorales avant leur service l'ont fait depuis ou ont l'intention de le faire, et 80% comptent aller voter aux prochaines élections. Sans parler de ces jeunes qui, grâce à leur service civique, ont "pour la première fois, eu le sentiment d'être vraiment Français...".

- Le service civique permet à notre jeunesse de contribuer à relever les défis sociaux et environnementaux du pays : ils rendent visite à des personnes âgées isolées, sensibilisent les populations aux éco-gestes, soutiennent la lutte contre l'échec scolaire, vont soutenir des familles frappées par le handicap... Autant d'actions essentielles, sur lesquelles leurs forces vives sont plus que précieuses.

- Parce qu'il est long, intense, indemnisé et accompagné, le service civique permet à nos jeunes de développer des compétences transversales précieuses pour leur future insertion professionnelle. Il est la pause, voire la bouée de secours, dont beaucoup ont besoin pour rebondir et/ou entrer dans la vie active. Il permet à chacun de prendre conscience de ses capacités, et de renforcer voire de regagner la confiance en soi nécessaire à tout projet d'insertion.

67% des jeunes se déclarent aujourd'hui prêts à s'engager dans ce service civique "gagnant/gagnant". Nous n'avons entendu aucun candidat nous dire ce qu'il comptait dire à ces 500 000 jeunes prêts à donner 6 à 12 mois à des causes solidaires qui leur tiennent à cœur... Nous sommes impatients de les entendre !

[1] Toutes les données et tableaux sont issus des récents sondages IFOP et Kantar-Sofres diffusés par l'Agence du SC.

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Commentaires
a écrit le 04/04/2017 à 10:22 :
En effet tout comme le chômage et la croissance qui ont disparu des débats, à part de nous promettre du sang et des larmes les trois poulains de l'oligarchie que sont le pen macron et fillon n'ont aucune volonté d'améliorer notre quotidien bien au contraire.

IL faut que nous nous saignons pour que les milliardaires gagnent encore plus de milliards et que nous la fermions.
a écrit le 03/04/2017 à 19:59 :
Pour ne pas être oublié il est indispensable de faire parler de soi , pour cela il faut constituer des groupes de pression ( lobby) et communiquer à l'excès en harcelant les médias et les réseaux sociaux , comme le font les politiques, les syndicats , les médecins, agriculteurs, les pilotes d'air france etc...et pour vous en convaincre lisez la presse ,bon nombre d'articles proviennent des services de communication d'organismes, instances etc....
a écrit le 03/04/2017 à 10:42 :
Oui les jeunes sont oubliés car ça coûte beaucoup moins au gouvernement que de payer des retraites ! !!
Travailler plus longtemps = moins de travail pour les jeunes...
Réponse de le 03/04/2017 à 20:01 :
Sauf que les emplois des jeunes ne sont pas les mêmes que ceux de leurs aînés .

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