UberPop : La Part-Dieu dans l'étau des taxis

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(Crédits : LaurentCerino/ADE)
Les taxis lyonnais ont défilé dans les rues de Lyon, avant de paralyser le quartier de la Part-Dieu ce jeudi, pour réclamer la désactivation de l'application UberPop. Le climat est resté tendu. Si aucun incident grave n'est à déplorer huit personnes ont été interpellées en marge de la manifestation.

Partis jeudi matin de quatre points différents, les taxis ont massivement convergé vers le quartier d'affaires de la Part-Dieu pour faire le siège de la Tour Oxygène, où Uber possède un bureau. 500 véhicules, selon les syndicats et environ 380 à 400 selon la police bloquent depuis 11 h l'accès à l'immeuble et les rues adjacentes, décrétant ne pas vouloir lever le camp tant que l'application UberPop ne serait pas supprimée.

En marge de la manifestation, la police a procédé à au moins huit interpellations, dont six chauffeurs de taxis, notamment trois qui s'en prenaient à des véhicules suspectés d'être utilisés par UberPop. Deux conducteurs de l'application ont également été placés en garde à vue pour exercice illégal de la profession de taxi.

Ambiance très tendue

Toute la journée, l'ambiance est restée particulièrement tendue au pied de l'immeuble. Devant un cordon de CRS, dans les cris, les klaxons et les détonations de pétards, les taxis se sont installés parmi lesquels Zaël, 28 ans, chauffeur depuis 2 ans et demi.

"C'est un ras-le-bol de tout le monde, je suis  à 3 000 voire 4 000 euros de charges par mois. On est endettés sur plusieurs années et à cause d'UberPop, on note une baisse du chiffre d'affaires de 30 à 40 %. Cela fait deux mois que je ne me verse plus de salaire".

Manifestation Taxis

Un blocus qui pourrait durer

"Nous, on reste jusqu'au bout !", scande la foule. Sorties prendre leur pause, des employées de la Tour Oxygène ne s'attardent pas. Une jeune femme déclare, avant de déguerpir, être une "pro UberPop".

"Le service est de qualité, ils offrent une bouteille d'eau, et c'est moins cher. En plus ici Uber possède à peine un bureau, c'est presque une boîte aux lettres" explique-t-elle.

Aucun bus, ni tram ne pouvant circuler, seul le métro permettait d'accéder à la Part-Dieu. À proximité, le centre commercial encaisse mal. Matthieu et Élodie, employés à la boutique Timberland, constatent "déjà 20 % de fréquentation en moins à cause du blocage".

À 17 h, les taxis étaient toujours en place attendant la fin des négociations à Paris avant de décider de la marche à suivre. Le ministre de l'Intérieur doit rencontrer les syndicats à 18h30. "D'ici là on reste", avance, Pascal Wilder, président de la fédération du Rhône des Taxis Indépendants. Mais le nombre de véhicules a diminué dans le quartier. Les taxis n'excluent pas de nouvelles actions s'ils ne sont pas entendus par le gouvernement.

Manifestation Taxis