Alexandre Maulin (DSF) : "La montagne attend toujours de la visibilité"

 |  | 1454 mots
Lecture 8 min.
Selon Alexandre Maulin, les stations de ski auraient déjà enregistré près de 1,6 milliards d'euros de pertes mais réouvrir début janvier représenterait déjà un signe d'ouverture. Il faut désormais redonner de l'espoir aux gens et générer à nouveau des réservations, estime le président de DSF.
Selon Alexandre Maulin, les stations de ski auraient déjà enregistré près de 1,6 milliards d'euros de pertes mais "réouvrir début janvier représenterait déjà un signe d'ouverture. Il faut désormais redonner de l'espoir aux gens et générer à nouveau des réservations", estime le président de DSF. (Crédits : DR/Tiphaine Buccino)
INTERVIEW. Pourra-t-on dévaler les pistes en janvier ? Alors que le gouvernement français avait évoqué une possible réouverture des remontées mécaniques à compter du 7 janvier, le président de Domaines skiables de France (DSF), Alexandre Maulin, déplore toujours, en cette rentrée, un manque de visibilité de la part du gouvernement. Malgré les pertes abyssales qui se dessinent pour le secteur, il veut cependant encore croire à un démarrage de saison sous peu.

LA TRIBUNE AUVERGNE RHONE-ALPES. La fermeture des remontées mécaniques durant la période des fêtes décidée par le gouvernement français en vertu de la situation épidémique avait suscité une vague d'incompréhension et de protestation de la part des acteurs de la filière montagne. À l'issue de ces fêtes de fin d'année particulière, quel le premier bilan dresse-t-on au sein de la profession ?

ALEXANDRE MAULIN. "Cette période a été très mal vécue par les exploitants de domaines skiables car ils étaient fermés.

On avait tous rêvé de passer un jour Noël à la maison, compte-tenu de notre métier, mais nous ne sommes pas prêts de le souhaiter une nouvelle fois.

Tous les chiffres qui sortent aujourd'hui sont clairs et témoignent d'une baisse de fréquentation de l'ordre de -70 % : ce chiffre reste inégal en fonction des massifs, avec certaines stations qui s'en sont légèrement mieux tirées, étant donné leur spécialisation dans le ski de fond par exemple, tandis que d'autres, plus alpines, sont plus proches des -80 %."

A quel niveau évaluez-vous les pertes déjà encourues à ce stade ?

"Nous avions estimé que le chiffre d'affaires réalisé, durant les quinze jours des fêtes de fin d'année, équivaut déjà à 2 milliards d'euros : cela représente donc près de 1,6 milliards d'euros d'activité en moins.

C'est donc une catastrophe pour l'économie de l'ensemble des territoires de montagne au sens large, avec une absence de consommation auprès des magasins de sport, des restaurants, des domaines skiables..."

Comme dans toute crise, certains massifs ont-ils toutefois réussi à tirer leur épingle du jeu ? Des tendances sont-elles apparues ?

"La situation peut varier entre -50 % et -80 % en fonction des...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/01/2021 à 21:57 :
La "montagne" doit se poser la question de savoir comment elle, et les sports d’hiver en stations, ont pu passer du statut d’activités de plein air toniques, saines à la mauvaise saison, publiquement promues (plan neige par ex., JO,...), à celui de loisirs festifs sinon teufeurs, à risque sanitaire, brocardés, mis à l’index, devenus sujet de contentieux puis, finalement, tenus à l’arrêt indéterminé ?
Réponse de le 06/01/2021 à 9:06 :
Vous généralisez le cas de quelques grandes stations connues, alors que la Montagne ce sont aussi de petites stations, familiales , sans boite de nuit ni " teufeurs" , des gens qui sont là pour profiter du plein air et du ski en famille! Je vous invite à chercher des teufeurs à Auris en Oisans, vous allez avoir du mal à les trouver!
a écrit le 05/01/2021 à 12:35 :
Un désastre qui coûte des milliards, des dizaines de milliers d'emplois et à la sortie des milliers de faillites et des endettements colossaux.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :