Vallée du Rhône : le tourisme fluvial a la cote

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Les escales permettent de visiter les territoires.
Les escales permettent de visiter les territoires. (Crédits : A.T.)
Avec 8500 kilomètres de voies navigables, la France dispose du plus vaste réseau fluvial en Europe. Un secteur en plein essor depuis une quinzaine d'années. Plus de 110 000 croisiéristes découvrent la vallée du Rhône au fil de l’eau chaque année. Et les retombées économiques sont importantes.

Il n'est désormais plus rare de croiser des bateaux de croisière descendre ou remonter le fleuve Rhône. Ceux-ci n'hésitent d'ailleurs point à faire quelques escales à Lyon, ou plus au sud, à Tain-l'Hermitage (Drôme). Le tourisme fluvial est en plein essor. Et la région Rhône-Alpes possède bien des atouts pour y occuper une place majeure.

Un tourisme prometteur

Assez confidentielle dans les années 2000, cette nouvelle offre a aujourd'hui été pleinement intégrée dans les circuits des offices de tourisme. L'axe Rhône-Saône propose 29 sites d'escales (Chalon-sur-Saône, Mâcon, Lyon, Viviers, Avignon, Arles, etc.). Avec deux à trois paquebots par semaine, et près de 110 000 passagers, le tourisme fluvial connait un véritable succès en Rhône-Alpes. Un point d'entrée en France qui permet aux passagers de découvrir la diversité des territoires. Près de 80% d'entre eux sont étrangers, originaires notamment d'Amérique du nord et d'Europe du nord.

"Les paquebots sont des hôtels flottants. Les passagers découvrent alors la nature et le patrimoine. Ils connaissent les vins de Bourgogne, Lyon. Cela leur permet de voir le reste. Ils ont un fort pouvoir d'achat, c'est attrayant pour les collectivités", explique Samuel Cado, (VNF Lyon).

La plaisance privée connait elle aussi un certain intérêt mais le fleuve Rhône n'est pas une zone où il y a le plus de plaisanciers, contrairement aux canaux de Bourgogne, ou plus au sud, en Camargue.

"Les gens viennent avec leurs propres bateaux - quitte à traverser l'Europe - ou en louent un sur place. C'est un trafic saisonnier, dédié au plaisir", poursuit Samuel Cado.

16 appontements de Lyon à la méditerranée

Un tourisme qui bénéficie à l'économie locale. En 2014, il y a eu 14 260 éclusages de bateaux de croisière (14 écluses) entre Lyon et la Méditerranée (+10,2% par rapport à 2013). Dix-sept compagnies naviguent sur le Rhône. Elles sont majoritairement suisses (9), françaises (4) et allemandes (2). Les retombées en terme d'impact économique ont été évaluées à environ 144 millions d'euros en 2014 sur la bassin Rhône Saône, par VNF.

Un résultat lié aux actions déjà menées par différents protagonistes, désireux de valoriser le territoire et proposer des outils de développement touristique. Car pour suivre un secteur en pleine croissance, il faut apporter des investissements conséquents. En septembre dernier, la Communauté urbaine Grand Lyon inaugurait ainsi la nouvelle estacade du port Rambaud. Un projet dont l'investissement s'élève à 4,5 millions d'euros, financé par Voies navigables de France (VNF), avec la participation du Grand Lyon à hauteur de 1 M€ et de la Région Rhône-Alpes pour la partie accueil paquebots (250 000 €). Une étape importante pour Lyon, se positionnant alors comme une véritable "métropole fluviale", tant pour le transport de marchandises que celui de passagers.

1er bassin français en termes de nombre de bateaux accueillis

Il ne s'agit pas de la seule initiative. En 2001, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et VNF avaient signé un protocole d'accord pour l'aménagement et l'exploitation d'appontements pour paquebots (bateau transportant de 50 à 180 passagers, d'une longueur supérieure à 85 mètres). Pour la CNR, il s'agissait aussi de "dépasser les seuls usages industriels du fleuve et de favoriser le retour en bord de Rhône de ses riverains". Outre l'entretien lié à la navigation, la CNR assure également celui des appontements et contribue financièrement à leur modernisation et leur création. Elle a d'ailleurs installé des bornes de fourniture d'électricité à Lyon, Sainte-Colombe (Rhône), Vienne (Isère), Tain-l'Hermitage (Drôme) et Tournon-sur-Rhône (Ardèche). En 10 ans, la CNR a ainsi créé 8 appontements pour bateaux à passagers et en a modernisé 6. Il existe aujourd'hui 16 appontements sur le Bas-Rhône, de Lyon à la méditerranée.

Le nombre d'escales aux appontements a ainsi doublé entre 2003 et 2013. La flotte de paquebots à passagers sur le bassin Rhône-Saône est passée de 4 unités en 1998 à 26 en 2015, ce qui en fait le 1er bassin français en termes de nombre de bateaux accueillis (devant la Seine). Le second en Europe après celui du Danube. Une longueur d'avance que la région compte bien garder, le potentiel de développement étant un véritable levier.

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Commentaires
a écrit le 24/08/2015 à 12:24 :
Pour le voir au quotidien à Vienne, je peux constater :
Que tous ces navires à passagers sont immatriculés dans un pays où ces bateaux n'ont jamais été, et n'iront jamais ! (Pays-Bas, Allemagne... et Suisse !). Pourquoi ?
Que tous ces navires sont quotidiennement approvisionnés par des camions immatriculés en Allemagne ou Pays-Bas, et qui ne déchargent QUE des cartons venant de ces pays ! Même les fruits et légumes semblent venir d'outre-Rhin !
Bien évidemment, tout l'entretien et les réparations sont effectués par des sous-traitants ne parlant pas un mot de français. Il en est de même pour l'ensemble du personnel naviguant (à l'exception de 2 compagnies françaises, qui font exception)...
Question "retombées économiques" , on est loin de bénéficier de tout le potentiel, surtout lorsque les visiteurs sont dirigés au pas de course d'un point à l'autre...

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