Comment les stations de ski veulent débloquer leur croissance

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« L'accessibilité aux stations n'est pas une menace aujourd'hui, mais elle constitue un frein pour attirer de nouveaux clients », affirme Agnès Pannier-Runacher.
« L'accessibilité aux stations n'est pas une menace aujourd'hui, mais elle constitue un frein pour attirer de nouveaux clients », affirme Agnès Pannier-Runacher. (Crédits : Wikimedia Commons)
Le marché du tourisme international aura presque doublé au cours des quinze prochaines années. Mais les stations de sports d'hiver doivent lever plusieurs freins pour pouvoir profiter de cette manne potentielle, préviennent plusieurs acteurs du secteur réunis au salon Alpipro les 23 et 24 avril à Chambéry (Savoie).

D'ici 2030, le nombre de touristes internationaux passera de 1 milliard à 1,8 milliard selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). Mais dans le même temps « l'offre touristique va tripler », prévient Agnès Pannier-Runacher, directrice générale déléguée à la Compagnie des Alpes, qui exploite 11 domaines skiables en France (Tignes, Méribel, Val d'Isère, Les Arcs...).

Face à la concurrence internationale, les stations françaises doivent lever plusieurs freins à l'accueil de nouveaux visiteurs, afin de donner à une clientèle potentielle « la capacité de projeter un moment exceptionnel dans les Alpes françaises comparativement à d'autres pays », ajoute Mme Pannier-Runacher.

Éviter les routes engorgées

Les images du dernier samedi de l'année 2014, avec 15 000 automobiles bloquées sur les routes de Savoie, sont encore dans toutes les têtes. « L'accessibilité aux stations n'est pas une menace aujourd'hui, mais elle constitue un frein pour attirer de nouveaux clients », souligne Mme Pannier-Runacher.

Pour éviter de telles situations, il faut permettre aux touristes de bénéficier d'un transport intermodal leur apportant un confort tel qu'ils se sentiront mieux que dans leur automobile. « Aujourd'hui, les transports sont encore trop problématiques, surtout les connexions SNCF », relève Philippe Cordon, le maire de Chamrousse (Isère), qui a réaffirmé son souhait de voir une liaison par câble entre Grenoble et sa commune.

Simplifier l'organisation du séjour

Les stations de sports d'hiver françaises ne sont pas intégrées, contrairement à leurs concurrentes américaines et autrichiennes, où un seul exploitant gère l'ensemble d'une même station. En France, la multitude d'acteurs (exploitant du domaine skiable, commerçants, hébergeurs...) oblige les touristes à multiplier les démarches pour organiser leur séjour : l'horaire des navettes, la récupération des clés de l'hébergement, du forfait, du matériel,etc.

À Val d'Isère, la Compagnie des Alpes a lancé Val Digital, un prototype de ce que pourrait être la station du futur. Ainsi, des bornes d'informations informent les voyageurs sur l'ouverture des pistes, les temps forts de la semaine, les conditions d'enneigement. Les touristes peuvent ainsi réorganiser leur journée, par exemple en rechargeant leurs forfaits de ski sur ces mêmes bornes.

L'exploitant a même lancé une formation ouverte à l'ensemble des acteurs de Val d'Isère destinée à perfectionner leurs connaissances numériques. Ce Digital Day a rassemblé une quarantaine de professionnels, qui ont été sensibilisés aux réseaux sociaux et à l'e-réputation en vue de mieux projeter l'image de la station vers l'extérieur.

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Commentaires
a écrit le 09/05/2015 à 13:41 :
Pour débloquer leur croissance les stations doivent proposer une offre ayant un rapport qualité/prix irréprochable quelque soit le niveau de prestations.
Aujourd'hui ce service est majoritairement rendu à partir des niveaux 3 étoiles, mais certaines offres en restauration et hébergement ont des tarifs exorbitants au regard des produits proposés.
Les tarifs de haute saison sont délirants et aucune station ne fait 100% de remplissage même en vacances de février zone de Paris ou semaine du 1er janvier.
La gouvernance des station étant en panne, il faut repartir des produits et de la satisfaction client pour garder les clients d'aujourd'hui.
Il ne suffit pas de rêver au flux de clients asiatiques pour sauver l'économie des stations, il faut revoir une bonne partie de l'offre et les manières de les vendre.
a écrit le 27/04/2015 à 12:44 :
Il faudrait surtout que les stations se mettent à faire du MARKETING et pas simplement de la Communication et de la Promotion (à travers des stagiaires), sachant que 95% des stations ont exactement le même positionnement et ne se différencient que par leurs infrastructures, d'où une surenchère à l'investissement !
a écrit le 27/04/2015 à 10:20 :
L'initiative de la Cie des Alpes à Val d'Isère va dans le bon sens. Sensibiliser et former les professionnels aux outils et aux contenus permettant de faciliter l'accès du client à l'information recherchée est essentiel. Rassembler 40 acteurs pour parler de l'e-réputation est également un bon début. Mais il y a 715 établissements inscrits au RCS à Val d'Isère. La route est donc encore longue. Il faudrait que ce petit noyau grossisse rapidement et pour cela maintenir une mobilisation sans faille dans la durée. Ces réunions devraient aussi être l'occasion pour les participants d'échanger et de mieux se connaître, préalable indispensable à une nouvelle gouvernance fondée sur un socle minimum de valeurs et d'objectifs partagés.

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