Municipales 2020 : Lyon (et la Métropole) pourrait définitivement passer au vert

 |   |  1434  mots
(Crédits : Stéphanie Borg)
Le premier tour des élections municipales à Lyon s'achève comme un coup de tonnerre pour Gérard Collomb. Une défaite historique pour le baron lyonnais, à la Ville mais surtout à la métropole de Lyon, qui marque également l'avènement des écologistes. Ils arrivent en tête dans l'ensemble des arrondissements à l'exception du 6e arrondissement et sont en bonne posture pour remporter la présidence de la métropole de Lyon.

Malgré un fort taux d'abstention (61,05%), c'est Grégory Doucet, le candidat EELV de la liste Maintenant Lyon pour tous, qui arrive en tête à Lyon avec 28,46% des votes exprimés.

" Malgré une abstention notable [...] les lyonnais et les lyonnaises ont manifesté qu'ils étaient pleinement conscients de l'enjeu crucial que représentait le destin de notre ville. Ils ont décidés de porter les écologistes tout en haut des suffrages. Je les remercie pour leur confiance et je mesure l'honneur et la responsabilité qui ainsi me revient. Nous ne nous étions pas trompés, Lyon est audacieuse et Lyon a l'âme écologiste. [...] Lyon est prête à répondre à l'appel du climat, il est temps maintenant d'entamer la grande transition écologique dont notre citée a besoin," a réagit Grégory Doucet après l'annonce des résultats.

Etienne Blanc (LR) atteint 17,01% tandis que le dauphin de Collomb, Yann Cucherat (LRM) atteint la troisième place avec 14,92% des votes. Une défaite de taille pour l'ancien maire qui misait sur la marque Collomb pour faire élire l'ancien gymnaste. Les candidats de l'ancien maire de Lyon ne sont arrivés en tête dans aucun des neufs arrondissements de la ville.

Georges Képénékian candidat divers centre (ex-LRM) recueille 11,98% des votes tandis que l'ancienne maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert (LFI) Lyon en commun franchis tout juste la barre des 10% avec 10,06% des votes. Sandrine Runel, la candidate PS atteint 7,01% suivie par Agnès Marion, la candidate du Rassemblement National avec 5,42%. Denis Broliquer (Divers centre) ferme la marche avec 4,15% des votes.

Abasourdi par ces résultats, le maire sortant aurait appelé à l'union avec son ancien adjoint au maire, Georges Kepenekian, sans étiquette.

"Nous avons analysé les résultats sur Lyon. Il y a incontestablement une poussée des verts, mais c'est aussi le fruit de nos divisions. On serait partout en tête si on ajoutait les deux listes, une erreur a été commise. Le problème n'est pas de savoir qui l'a commise, mais de constater que la division ne paye jamais et qu'on en paye les conséquences ce soir", indiquait hier soir Gérard Collomb à nos confrères du Progrès.

Mais Etienne Blanc compte bien jouer sa part. Il poursuit son offensive et sa ligne de conduite : jouer sur la crainte d'une gouvernance non maîtrisée des verts.

"Les lyonnais peuvent faire le choix de l'aventurisme : les verts et les extrêmes peuvent causer des dommages irréparables à Lyon, sur les finances, sur la sécurité, la conduite économique. Ils peuvent aussi faire le choix de la sérénité : plus de sécurité, assumer la transition environnementale. Voter pour nous, c'est assumer un changement dans la continuité", a-t-il réagit sur son compte Twitter.

Percée des verts dans tous les arrondissements

Dans le 1er arrondissement, la liste conduite par les écologistes avec Sylvain Godinot devance l'actuelle maire LFI, Nathalie Perrin-Gilbert avec 31,86% des voix contre 27,06 % pour la candidate insoumise.

Dans le 2e arrondissement, Denis Broliquier, l'actuel maire, termine en troisième position avec 18,71% des votes exprimés, derrière Pierre Oliver (Union de droite) avec 22,67% et Valentin Lungenstrass, le candidat écologiste qui rafle la première place avec 23,52% des voix.

Dans le 3e arrondissement, c'est également la liste des écologistes avec Grégory Doucet qui arrive en tête avec 30,86% des votes exprimés suivi par la candidate d'union de droite, Béatrice De Montille avec 17,74 % suivi de Carole Burillon, la candidate de Yann Cucherat avec 15,25%.

Dans le 4e arrondissement, les écologistes arrivent également largement en tête avec 30,36% des voix pour Rémi Zinck suivi de Sylvie Palomino (sur la liste de Képénékian) avec 18,60% des voix.

Dans le 5e arrondissement, Nadine Georgel (EELV) arrive en tête avec 22,71% des voix, elle devance le candidat soutenu par Gérard Collomb, Yann Cucherat qui culmine à 19,85%.

Dans son fief historique du 9e arrondissement, Gérard Collomb est devancé de 8 points par la candidate EELV, Camille Augey qui recueille 30,35% des votes exprimés avec un taux d'abstention à 66,54% dans le 9e arrondissement.

Seul arrondissement a avoir résisté à la vague verte, le 6e arrondissement a voté majoritairement pour Pascal Blache (35,60%) suivi de Florence Delaunay (EELV) avec 21,87%. Les écologistes réussissent une percée impressionnante dans le 7e arrondissement où Fanny DUBOT recueille 33,96% des votes, laissant Jean-Yves Sécheresse loin derrière avec 13,94% des voix. Dans le 8e arrondissement Sonia Zdorovtzoff (écologiste) est en tête avec 26,88% des voix suivi de Charles-Franck Levy avec 19,09% des voix.

A noter, légère déception à Villeurbanne, la seconde agglomération après la ville de Lyon. C'est le candidat de Villeurbanne en commun, Cédric Van Styvendael qui atteint la première place avec 33,29% des voix, suivi par la candidate écologiste Béatrice Vessiller qui recueille 27,48% des suffrages laissant la troisième place à Prosper Kabalo avec 114,90% des voix.

Des résultats encourageants pour la Métropole de Lyon

S'il est plus difficile de faire des pronostics pour les élections métropolitaines, au regard de la règle d'attribution des sièges, les divers résultats confirment la poussée des écologistes au-delà des territoires du coeur de métropole. Ils arrivent en tête devant la droite et la liste sans étiquette de David Kimelfeld. Autre camouflet pour Gérard Collomb qui ne remporte même pas sa propre circonscription.

"Nos résultats sont excellents et même un peu meilleur que ce à quoi on s'attendait. Les électeurs ont fait le choix d'une métropole solidaire, plus respirable. Nous souhaitons rassembler autour de ce projet", indiquait hier soir Bruno Bernard, la tête de liste des écologistes à la métropole de Lyon.

Même si le député européenne Yannick Jadot a demandé le report du second tour, le candidat lyonnais s'est montré moins déterminé.

"Cette crise sanitaire nous inquiète. C'est de la responsabilité du gouvernement, je n'ai pas tous les éléments pour juger", a-t-il poursuivi.

Ils se placent en tête dans 8 circonscriptions sur 14 :

  • Lones et Coteaux : Jean-Charles Kohlhass 20,37% devant la tête de liste LR François Noel Buffet à 19,28% et le candidat de David Kimelfeld Jean-Luc Da Passano à 19,17%)
  • Lyon Ouest : Bertrand Artigny (25,45%) bât le candidat Gérard Collomb de presque deux points à 23,34 % et devant le député Thomas Rudigoz (pour David Kimelfeld) à 19,31%)
  • Lyon Sud : Thomas Dossus 32,68 % devant Christophe Geourjon (LREM) à 17,39% et l'actuelle maire du 7e arrondissement de Lyon Myriam Picot à 15,89% représentante de la liste de David Kimelfeld)
  • Lyon Centre : Fabien Bagnon (27,07%) vient défier le président sortant de la métropole de Lyon David Kimelfeld (20,76%), qui est cependant loin devant le candidat LREM Pierre Chambon (13,22%)
  • Lyon Est : Isabelle Petiot (28,80%) en tête devant la candidate de Gérard Collomb Carole Burillon 20,19 % et Guy Corazzol (14,66%)
  • Lyon Nord : Florence Delaunay (24,62%) vient challenger l'actuel maire du 6e, Pascal Blache (22,38%) qui n'a pas réussi à rassembler au delà de son propre arrondissement, tout comme la maire du 3e arrondissement, Catherine Panassier (14,78%)
  • Lyon Sud Est : Nathalie Devant (26,39%) devance le président de LPA, très proche de Gérard Collomb, Louis Pelaez (23,18%). Ils sont loin devant Michel Le Faou (12,91%), le "monsieur logement" de la métropole de Lyon aux côtés de David Kimelfeld.
  • Villeurbanne : Bruno Bernard, le candidat à la métropole de Lyon est plébiscité dans son fief de Villeurbanne (30,72%) alors même que la candidate LREM à la ville s'est fait distancée. Il précède Cédric Van Styvendael (27,70%) et Prosper Kabalo (soutenu par David Kimelfeld) à 15,15%. A noter que le député Bruno Bonnel, soutenu par Gérard Collomb, n'a pas joué les troubles fêtes ni retrouvé les ressorts de la dernière campagne législative qui lui avaient permis de remporter le siège de député.

Tout reste à jouer pour les circonscriptions restantes : d'un côté la droite pourrait jouer les arbitres à Plateau Nord Caluire où Philippe Cochet (39,24 et réélu dans sa mairie de Caluire au premier tour) devance la candidate écologiste Séverine Hemain (19,07%), à Porte des Alpes (Gilles Gascon LR à 29,20% devant Izzet Doganel (18,57%) et à Rhône Amont où Christophe Quiniou (22,74%) devance la maire de Vaulx-en-Velin à 17,65%. De l'autre côté, la liste de David Kimelfeld remporte la circonscription de Val de Saône (l'une des plus importante en nombre de sièges) grâce au soutien de Marc Grivel (25,07%).

Reste que les candidats, dans l'attente de savoir si le deuxième tour va bien avoir lieu, commencent les négociations. La Gauche unie, dont le candidat Renaud Payre n'a fait que 5,79% dans sa circonscription) semble, selon Lyon Capital, un allié naturel. Mais il reste encore d'autres combinaisons possibles.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/03/2020 à 19:57 :
Merci pour votre intéressant article sur les municipales et métropolitaines. J'aurais aimé connaître le taux de participation selon l'âge, qui n'est pas analysé par commune ou par circonscription, mais qui l'a peut-être été en certains lieux (Paris ?), au niveau des sondages sortis des urnes. Auriez-vous des informations ?
Je me pose cette question, parce que, intuitivement, je pense que le taux de participation a beaucoup moins souffert de l'ambiance Covid-19 chez les jeunes que chez les plus âgés, et que cela a eu une influence non négligeable sur les résultats de notre métropole.
En clair, la crise sanitaire a probablement favorisé à Lyon le vote écolo (plus de 28 % des inscrits) par rapport aux votes Collomb (15 %) et Képénékian (12%), qui sont tous les deux des septuagénaires)
Mais quoi qu'il en soit les écarts sont tellement conséquents, que la perte de confiance des électeurs en Collomb est évidente.
Elle est flagrante si l'on compare Collomb et Kepenekian.
L'écart entre les deux : 15 - 12 n'est que de 3 points, alors que la moyenne des 3 sondages publiés le 1er mars dans Le Progrès donnait 23 % à Cucherat/Collomb
et 7 % à Képénékian, soit 23 - 7 = 16 points d'écart !
Sa tendance à vouloir tout commander d'une part, et son entêtement pour son projet 2012 de périphérique
autoroutier à l'Ouest ( dit "Anneau des Sciences") n'y sont certainement pas pour rien.

CE COMMENTAIRE ANNULE ET REMPLACE MON COMMENTAIRE DE 19H36, qui est parti malencontreusement avant que je ne l'ai terminé.
a écrit le 20/03/2020 à 19:36 :
Merci pour votre intéressant article sur les municipales et métropolitaines. J'aurais aimé connaître le taux de participation selon l'âge, qui n'est pas analysé par commune ou par circonscription, mais qui l'a peut-être été en certains lieux (Paris ?), au niveau des sondages sortis des urnes. Auriez-vous des informations ? Je me pose cette question, parce que, intuitivement, je pense que le taux de participation a beaucoup moins souffert de l'ambiance Covid-19 chez les jeunes que chez les plus âgés, et que cela a eu une influence non négligeable sur les résultats de notre métropole.
En clair, la crise sanitaire a probablement favorisé à Lyon le vote écolo (plus de 28 % des inscrits) par rapport au vote Collomb (15 %) et Képénékian (12%), qui sont tous les deux des septuagénaires)
Mais les coBon courage pour votre travail malgré les difficultés liées à la crise sanitaire actuelle, et à bientôt j'espère
a écrit le 18/03/2020 à 14:24 :
L’aveugle, le narcissisme des 3 sortants, qui ont capitalisé sur les ambitions népotiques de Gege vont « permettre » au courant écologique, légitime dans ses aspirations, de prendre un pouvoir ayatholesque et, de plus inexpérimenté. Je VEUX espérer que, sans dogmatisme ET en intégrant ce que les aspirations écologiques des citoyens ont de légitime, les politiques de (presque) tous bords oseront proposer une équipe honnête, responsable, pour un mandat de transition courageux

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :