"L’Europe est le nouvel eldorado des pôles de compétitivité" (Jean-Eric Michallet, Minalogic)

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(Crédits : DR)
Fraîchement nommé à la tête du pôle de compétitivité du numérique Minalogic, Jean-Eric Michallet croît à un avenir qui passe, pour les pôles de compétitivité, par des débouchés avec l’Europe.

Jean-Eric Michallet vient de poser ses valises au sein du pôle Minalogic, alliant les micro-nano-technologies, le logiciel, la photonique et les contenus et usages, après une carrière de 20 ans au sein de la firme IBM qui l'a conduit à travailler à l'international, suivie d'un passage tourné au sein du service de valorisation de l'université de Lyon, puis en tant que directeur commercial du CEA Leti.

Cet ingénieur en microélectronique, titulaire d'un MBA de Paris Dauphine, a été également membre du conseil d'administration de Manesman Business Angels, un réseau d'investissement pour les startups high-tech à Paris.

"Nous avons fait un peu de la deep-tech avant l'heure, puisque nous avions réuni une trentaine d'investisseurs pour créer un réseau de business angels afin d'investir sur des entreprises naissantes", se souvient-il.

A compter de 2011, Jean-Eric Michallet s'était également retrouvé à la manœuvre, au sein des services de transfert de l'université de Lyon, lors de la préfiguration des SATT. "Pendant deux années, j'ai travaillé sur le sujet de la SATT et de la fusion entre Lyon Sciences Transfert et Créalys". Un parcours qui l'a conduit à développer une vision, quant à l'avenir d'une structure comme celle de Minalogic.

"Depuis plusieurs années, je connaissais bien le pôle et Isabelle Guillaume à travers mes fonctions au CEA Leti et j'étais moi-même en recherche d'un nouveau challenge".

Lire aussi : Minalogic : mouvement à venir à la tête du pôle

Une innovation nécessaire

Entré officiellement en fonction ce 1er octobre, le regard de Jean-Eric Michallet est déjà tourné vers la phase IV des pôles, tout juste actée. Dans sa politique présentant les grandes orientations de sa politique d'innovation, le gouvernement français avait en effet appelé les pôles de compétitivité à recandidater en vue d'une nouvelle labellisation pour quatre ans.

Lire aussi : Fusion des pôles de compétitivité : comment Minalogic compte tirer son épingle du jeu

Minalogic a ainsi fait partie des 56 pôles à obtenir ce label, début 2019, qui visait notamment à mettre en avant des pôles capables de porter une ambition de dimension européenne, tout en préservant les acquis de la politique tels que "l'usine à projets" et de "l'usine à produits".

"Cette nouvelle phase préfigure une ouverture vers l'Europe, et un certain nombre de challenges opérationnels à relever. Il va falloir innover, à la fois dans les business models des pôles, ainsi que dans les relations institutionnelles, avec des comités de filières qui se mettent en place", indique le directeur général, qui se montre confiant quant à la place que pourrait prendre un pôle comme Minalogic.

Créé en 2005, le pôle, qui a déjà labellisé 586 projets (pour 881 millions d'euros de subventions publiques), rassemble désormais plus de 400 adhérents, dont 350 entreprises, au sein de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Et compte encore s'élargir pour atteindre les 600 adhérents en renforçant ses missions :

"L'engouement que l'on connait aujourd'hui pour les deep-techs est en lien avec ce que fait Minalogic depuis 15 ans. Sans compter que nous sommes dans une région qui a toutes les ressources pour bien figurer dans la course", ajoute-t-il.

Des pôles tournés vers l'international

"Nous avons des bureaux à Grenoble, Lyon et Saint-Etienne et nous avons la chance d'être positionnés dans la première région industrielle de France en termes d'emplois, marquée par la présence de grands industriels", illustre-t-il.

Jean-Eric Michallet prendra donc les rênes de la stratégie du pôle, dont les grandes orientations venaient d'être en partie définies lors de son dossier de candidature à la labellisation. Avec, parmi elles, l'ambition déjà annoncée de renforcer la présence de ses adhérents au sein des salons internationaux, d'accroître ses activités de montage de projets collaboratifs en matière de R&D, ou encore de travailler à la mise en place d'un service de cascade funding en lien avec la Commission Européenne en vue de pouvoir redistribuer des fonds à destination de PME locales portant des projets innovants.

"L'écosystème doit aujourd'hui aller au-delà de l'Isère, car toutes les technologies développées à Grenoble peuvent trouver des applications avec des industriels de la région".

L'un de ses objectifs sera donc de développer l'offre ainsi que les services rendus aux membres, "en leur permettant par exemple d'accéder à une visibilité plus forte au niveau régional et national et de les accompagner sur de grands événements aux Etats-Unis, en Asie ou en Europe".

Et l'Europe constituera justement une part importante de son programme pour assurer l'avenir de Minalogic.

"L'Europe est le nouvel eldorado des pôles, car il existe encore une vraie volonté de la part de nos partenaires, que sont des clusters allemands, belges, espagnols, etc, de coopérer sur des innovations technologiques", affirme-t-il.

Faire en sorte que l'Europe soit au service des politiques régionales d'incitation à l'investissement, tel est donc l'objectif du nouveau délégué général de Minalogic. Un axe de développement qui s'inscrit dans la droite ligne de la phase IV des pôles, et qu'il résume par une devise : "Think global, act locally".

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Commentaires
a écrit le 05/10/2019 à 10:04 :
l'innovation et le souci du client ne faisant pas partie du vocabulaire de beaucoup d'entreprises
la competitivité n'est pas pour demain
a écrit le 03/10/2019 à 14:05 :
Quel meilleur échappatoire que de dire ma masure est trop petite, déménageons au Château de Versailles! La compétitivité est une excuse!

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