Département de l’Isère : pas de hausse de la fiscalité pour le budget 2019

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Le président du Conseil Départemental, Jean-Pierre Barbier, s'est une nouvelle fois engagé à présenter un budget 2019 sans hausse de la fiscalité.
Le président du Conseil Départemental, Jean-Pierre Barbier, s'est une nouvelle fois engagé à présenter un budget 2019 "sans hausse de la fiscalité". (Crédits : ML)
Au menu du budget 2019 du conseil départemental de l'Isère : une enveloppe dédiée aux investissements à la hausse, mais aussi un engagement reconduit de ne pas augmenter la fiscalité. Et ce, malgré la pression du récent contrat financier Etat/Collectivités. Ce budget 2019 sera soumis au vote de l’Assemblée départementale d’ici vendredi 14 décembre.

Un exercice budgétaire "détendu". En temps de restrictions budgétaires et de manifestations nationales autour des revendications sur le pouvoir d'achat des gilets jaunes, le Département de l'Isère a tenu à montrer un signe de confiance à travers la présentation de son budget 2019. Et pour cause : si le montant global de 1,5 millions d'euros reste inchangé, tous les signaux semblent au vert.

"Nous nous sommes engagés depuis trois ans à ne pas augmenter la fiscalité et nous reconduisons cet engagement, car on a bien compris le ras-le-bol fiscal des Français que l'on constate depuis plusieurs semaines. Le budget Investissements se situera à un niveau jamais atteint pour répondre aux besoins des Isérois", assure le président du Conseil Départemental de l'Isère, Jean-Pierre Barbier.

Car si la taxe sur le foncier bâti (15,9%) ainsi que la taxe sur les transactions immobilières de 3,8%, "déjà le taux le plus bas de France" n'évolueront encore pas cette année, le Département pourra compter, pour boucler son exercice, sur le bon dynamisme de l'économie et des ménages isérois, qui lui assureront mécaniquement une légère hausse de ces recettes.

Efforts de réduction des dépenses

Une stratégie qui va de pair avec la poursuite des efforts engagés par la collectivité en matière de fonctionnement.

Si le Conseil Départemental avait tout d'abord été surpris, en octobre dernier, par les exigences du pacte financier, qui souhaitait que les collectivités réduisent leurs dépenses de fonctionnement de 1,2% par an, c'est désormais chose faite.

Lire aussi : "Contrat de confiance" : les collectivités régionales dans la moyenne

Une réduction de 18 millions d'euros a été greffée au budget 2018 en cours, en partie grâce à la réduction naturelle du nombre de bénéficiaires du RSA observée en Isère. Et le Département ne devrait pas se laisser surprendre à nouveau puisque la hausse du budget de fonctionnement sera désormais plafonnée à +0,5% pour le budget 2019, allant de pair avec une réduction des dépenses d'administration annoncée de 2,5%.

"Nous avons réussi à faire une chasse au gaspillage depuis le début de notre mandat, en fermant par exemple un bâtiment de la Caserne de Bonne, qui accueillait les guichets des services sociaux, pour le relocaliser dans des locaux que nous possédions, ce qui nous a permis de générer 500 000 euros d'économies", cite en exemple le président.

Une chasse aux doublons a également été réalisée, comme c'est le cas pour l'AJA (Allocation jeunes autonomie), que le Département a choisi d'arrêter au profit d'une nouvelle aide (Garantie Jeunes) lancée sous les mêmes conditions par l'Etat.

"Ce sont ainsi 2 millions d'euros que nous avons pu réinvestir ailleurs", précise Jean-Pierre Barbier.

Bond des dépenses d'investissement

Résultat ? L'Isère présentera pour 2019 un budget d'investissement de 360 millions d'euros, contre 320 millions d'euros l'an dernier. Une partie de cette somme sera notamment consacrée au chantier de l'installation du Très Haut Débit, qui prévoit le raccordement de 100 000 Isérois supplémentaires en 2019, mais aussi au soutien aux communes et intercommunalités, avec une somme de 37 millions d'euros projetée l'an prochain.

Si l'enveloppe destinée aux politiques sociales et aux personnes les plus fragiles (270 millions d'euros) est globalement en hausse de 8 millions d'euros, sa répartition varie cependant en fonction des thématiques visées.

"Nous avons par exemple choisi d'attribuer +7% à nos politiques vis-à-vis des personnes handicapées, ou +3,9% aux personnes âgées. C'est une question de choix politiques", résume Jean-Pierre Barbier.

Le Département prévoit notamment de "créer une centaine de places supplémentaires pour les personnes âgées à travers un plan EHPAD, et près de 250 places d'ici 2020 à destination des personnes handicapées".

Des travaux à engager

Autre poste de dépenses ? La sécurité et l'aménagement routier, dans lesquels le Département prévoit d'engager 100 millions d'euros pour l'entretien de voies routières, tels que la rénovation du pont de la Buissière ou les travaux de contournement d'Aoste.

La culture ne sera pas non plus oubliée, avec un budget de 30 millions d'euros, soit une légère augmentation de 2 millions d'euros par rapport à l'an dernier. Même si l'exécutif régional préfère mettre en avant un autre chiffre : "Il s'agit presque d'un doublement du budget alloué depuis notre arrivée en 2015, où la culture représentait 18 millions d'euros", précise-t-il.

Un budget qui s'explique par l'initiation de grands chantiers tels que le lancement des travaux du Musée Champollion (Vif), mais aussi du nouveau bâtiment des archives départementales, qui s'établira à Saint-Martin d'Hères, ainsi que d'un nouveau projet pour les locaux de l'ancien Palais du Parlement, situés au centre-ville de Grenoble.

Ce dernier accueillera notamment le transfert du Musée de la Résistance au sein d'une partie de ses locaux, tandis qu'un appel à projets sera confié à un promoteur immobilier afin de réaliser, sur le reste de la propriété, un ensemble de commerces et de logements.

Une opération où le Département relocalisera une partie de ses services Culture et Isère Tourisme pour réaliser des économies d'échelles.

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