[6/7] Voiron veut maintenir sa vitalité

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(Crédits : Office de tourisme Pays Voironnais / Adayg)
222. C'est le nombre de petites et moyennes villes retenues dans le cadre du plan national "Action cœur de ville" présenté par le gouvernement fin mars 2018. Ce plan de 5 milliards d'euros mobilisés sur 5 ans vise à redonner de l’attractivité et du dynamisme aux centres de ces villes. Dès ce printemps, elles devront mobiliser les acteurs de leur territoire pour proposer un projet transversal, intégrant toutes les dimensions de revitalisation des centres-villes (habitat, commerce, transports, etc.) et ainsi pouvoir signer la convention qui leur permettra d'accéder aux précieux fonds. Parmi les villes sélectionnées, 24 sont implantées en Auvergne-Rhône-Alpes. A l'heure de l'état des lieux et des diagnostics indispensables, zoom sur quelques cités emblématiques, plus ou moins touchées par un commerce moribond, un habitat déserté et une offre globale de services inadaptés aux besoins actuels. Aujourd'hui, Voiron, dans l'Isère. Sixième volet de notre série consacrée à la revitalisation et l'attractivité des centres-villes de la région.

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Pour le maire de Voiron, Julien Polat (LR), l'engagement de l'Etat aux côtés de la municipalité résonne comme une bonne nouvelle.

"Face aux évolutions des modes de vie et à la concentration des activités dans les métropoles, il faut que les villes péri-métropolitaines de taille moyenne arrivent à maintenir la vitalité de leurs commerces".

Avec près de 530 commerces, Voiron possède un tissu économique dynamique qui concourt à son identité, d'après l'édile. "Si la ville perdait cela, c'est comme si elle perdrait un peu son âme".

C'est pourquoi après la piétonnisation et la requalification du centre-ville engagée par ses prédécesseurs, Julien Polat a poursuivi à travers une modification du règlement de stationnement, tout en investissant chaque année 150 000 euros dans l'achat de nouvelles caméras de surveillance près des commerces.

"Nous avons investi 600 000 euros l'an dernier pour moderniser notre politique de stationnement et créer 100 nouvelles places en ville. C'est une convergence des politiques publiques qui vont dans le sens d'un renforcement de l'attractivité", note le maire.

« Un sentiment de dévitalisation »

Mais des défis sont encore présents : la ville de 20 000 habitants affiche un taux de vacance de ses locaux commerciaux de 7%, principalement sur des zones situées en périphérie immédiate de son centre historique.

"L'équipement commercial est fragilisé par une forte représentation des services non-commerciaux à proximité de l'hyper-centre et des principaux axes routiers de la ville, tandis que le linéaire commercial n'est pas toujours continu et les interconnexions entre les différents secteurs commerciaux restent floues", estime la ville.

Dans son courrier de candidature adressé à l'Etat en date du 6 février dernier, l'élu n'hésite pas à parler d'un "sentiment de dévitalisation" généré par l'ensemble de ces facteurs.

C'est pourquoi la municipalité a récemment sollicité l'aide de la Caisse des dépôts pour l'accompagner dans son diagnostic, à travers la réalisation d'une étude visant à identifier et réorganiser les polarités commerciales.

"L'étude vient d'être rendue et nous permettra d'alimenter la stratégie que nous poursuivons avec l'Etat, afin de rentrer dans une logique projet", indique Julien Polat, qui n'est pas encore en mesure d'en dévoiler les premières conclusions.

Mais autant dire que le programme Action Cœur de ville arrive à point nommé : "On avait beaucoup d'idées mais nous n'étions pas capables de tout faire seuls", glisse Julien Polat.

Des projets dans les cartons

Le maire a cependant déjà esquissé les grandes lignes de son plan d'attaque dans sa lettre d'intention adressée à l'Etat. Y figure notamment l'idée d'instaurer une taxe pour limiter les vacances de locaux commerciaux et de renforcer le dialogue entre les preneurs et les bailleurs avec la mise en place d'un négociateur, mais aussi l'instauration d'un nouveau plan de stationnement pour favoriser la rotation des véhicules, la création d'un poste de manager du centre-ville, ou encore le développement d'une plateforme collaborative de e-commerce (ledeclicvoironnais.com) pour les acteurs du centre-ville...

Selon la ville, le diagnostic en cours devrait permettre de "définir les facteurs de commercialité des lieux clés" et de "proposer des typologies des commerces à accueillir".

Mais la mairie note également que ce travail ne portera ses fruits que s'il est accompagné d'une réflexion conjointe en matière de logement :

"En règle générale, les locaux sont vacants car ils ne sont pas modernes et que leurs loyers est trop élevé. On retrouve aussi cette problématique dans les logements, dont les performances énergétiques et la configuration ne sont pas toujours bonnes. Il faut avoir une stratégie d'ensemble et ramener des habitants en centre-ville, qui peuvent aussi devenir des consommateurs", annonce Julien Polat, qui rappelle à ce titre que 3 des 5 milliards promis par l'Etat seront affectés à des actions liées au logement.

Mais avant cela, la ville de Voiron attend justement des précisions de la part de l'Etat concernant l'affectation des fonds du programme "Action Cœur de ville".

"Une grande partie des conditions reste encore à écrire. On connait l'enveloppe globale et on sait que 222 communes peuvent y prétendre, mais la répartition exacte n'a pas été précisée", ajoute le maire de Voiron.

Deux premières rencontres avec la préfecture de l'Isère, qui sera chargée de chapeauter le dossier au niveau local, sont prévues les 27 avril et 1er juin prochain. "On est partis pour un travail échelonné sur plusieurs années", affirme l'édile.

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