Maviflex défend le bonheur au travail auprès d'El Khomri

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(Crédits : Préfecture du Rhône)
La ministre du Travail Myriam El Khomri était, ce vendredi, en déplacement dans la métropole lyonnaise. Elle a notamment visité l'entreprise Maviflex. Un choix motivé par l'originalité de la structure, qui prône le bien-être au travail, alors que la réforme du code du travail que porte Myriam El Khomri est de plus en plus contestée dans la rue.

Quelques minutes avant l'arrivée, ce vendredi, de la ministre du Travail Myriam El Khomri, Elsy Geay, responsable des ressources humaines chez Maviflex, est légèrement stressée. La jeune femme fait les cent pas dans le hall d'entrée. Depuis quatre ans, elle travaille dans cette entreprise familiale au management bien particulier.

"Ici, nous souhaitons mettre l'humain au cœur de nos valeurs", détaille-t-elle.

Surtout, pour elle, la visite de la ministre, qui fait face à une amplification de la mobilisation contre sa loi Travail, permet de montrer "les moyens mis en œuvre par une entreprise de plus de cent salariés afin de garantir la qualité de vie au travail, ce qui n'est pas forcément logique dans le secteur industriel, ni dans une PME."

Bonheur au travail

Le choix de cette entreprise de la région lyonnaise n'est donc pas anodin, puisque la ministre était en déplacement sur le thème de la santé au travail. Une santé qui n'est pas seulement physique, mais aussi psychologique.

Lire aussi : La loi travail "ne livre pas les salariés dans la gueule du loup patronal"

Chez Maviflex, spécialiste de la conception de volets et portes souples, dont le siège social est basé à Décines, le management peut paraître surprenant.

"Au mois de septembre, nous aménageons les horaires de nos collaborateurs ayant des enfants en fonction du rythme de l'année scolaire", explique Anne-Sophie Panseri, présidente de la société, à la ministre du Travail.

Autre innovation managériale majeure :

"Nous favorisons la flexibilité et la souplesse car nous nous sommes rendu compte que parfois nos collaborateurs se sentaient obligés de poser une journée, de peur d'arriver en retard, le temps par exemple de déposer les enfants chez la nourrice s'ils étaient malades. De cette façon, nous avons gagné 117 jours travaillés supplémentaires l'an passé."

Des salariés attachés à l'entreprise

Au pas de course, les deux femmes, la chef d'entreprise et la ministre, arpentent les entrepôts à la rencontre des différents salariés qui travaillent sur les chaînes de production. La discussion s'engage debout, en face à face, de façon informelle.

Chacun est invité à rendre compte de son sentiment sur le fonctionnement de l'entreprise. Visiblement, le concept plaît. "Certains de nos anciens collaborateurs ont même demandé à revenir dans l'entreprise", souligne Laurent Melia, responsable qualité sécurité environnement.

"En améliorant la performance sociale, il est possible d'améliorer celle économique", souligne de son côté Myriam El Khomri.

Du bas vers le haut

Anne-Sophie Panseri a également profité de cette rencontre pour faire valoir les besoins de l'entreprise, et revenir sur les projets de réforme du Code du travail.

"Nous avons une visibilité à trois semaines, l'acte d'embauche est parfois difficile. Nous passons par l'intérim et dès que nous voyons que la croissance perdure, alors nous embauchons."

En outre, pour cette entreprise industrielle, un des principaux enjeux reste l'apprentissage. "Nous allons ouvrir 85 titres professionnels à l'apprentissage, dès le mois de juin", répond Myriam El Khomri à la chef d'entreprise.

À peine le temps d'échanger ces quelques formalités que la ministre doit reprendre la route. "Les politiques devraient plus souvent franchir nos portes", note la présidente de Maviflex. "J'espère que cela va nourrir les discussions politiques. Trop souvent, on part du haut vers le bas".

Dans l'entreprise lyonnaise, ce sont les salariés qui font remonter leurs besoins auprès de la direction, qui les prend en compte. Du bas vers le haut. Une source d'inspiration pour le gouvernement ?

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Commentaires
a écrit le 22/01/2019 à 16:40 :
Ben oui l’entreprise se soucie tellement du bonheur de ses employés qu’elle est depuis plusieurs années en procédure pour harcèlement...

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