Villa Gillet : le rapport définitif de la Chambre des comptes confirmerait les critiques

Par Acteurs de l'économie  |   |  397  mots
(Crédits : Ville de Lyon)
Gouvernance défaillante, salaires et primes, passivité des financeurs publics...La chambre des comptes régionale épingle la gestion de la Villa Gillet.

Le rapport définitif de la Chambre régionale des comptes accable la Villa Gillet. La gestion de cet espace d'échanges multiculturels, installé dans le parc de la Cerisaie à Lyon, est épinglée par les magistrats, comme le révèle la presse lyonnaise. De son côté, la Chambre régionale des comptes insiste sur le fait que le document ne sera rendu public que début février. Il manque, notamment, la réponse des collectivités, de l'Etat et de la Villa Gillet.

Parmi les reproches détaillés par nos confrères : une gouvernance défaillante, sans réel contrepoids démocratique au sein de cette association, notamment car l'ensemble des membres du Conseil d'administration sont membres, également, de l'Assemblée générale. "Les administrateurs se donnent en fait eux-mêmes quitus de leur gestion, ce qui est difficilement concevable", détaille le rapport.

Passivité des financeurs

Les finances sont également épinglées par le document. Alors que 90 % du budget de la Villa Gillet (2013), soit 2,6 millions d'euros, est alimenté par les subventions publiques (Région, Métropole...), la Chambre pointe le manque de regard et de suivi de ces deniers publics. Le suivi d'activité n'est pas toujours assuré, et parfois pas conforme à la loi. Dans Tribune de Lyon, le directeur Guy Walter s'expliquait sur le sujet, après la révélation du rapport provisoire début janvier : "les tutelles ont nos budgets prévisionnels, nos budgets réalisés et on a des réunions techniques administratives avant, pendant et après."

La Chambre note également que "l'association a reçu des subventions publiques supérieures à ses besoins annuels".

Six recommandations

Dans le collimateur des rapporteurs, le directeur, Guy Walter. Déjà fortement critiqué lors d'un précédent rapport concernant Les subsistances, qu'il dirige également, la Cour estime que son contrat de travail relève d'un "manquement très important". Ni sa rémunération, ni son format n'ont été formalisés. A un salaire brut de 8 800 euros, s'ajoutent diverses primes, pas toujours validées par le Conseil d'administration relaye Le Progrès. Ses notes de frais sont aussi épinglées.

Au terme de son audit, la Chambre préconise six recommandations, notamment basées sur un respect des status de l'association, la diffusion des chiffres de fréquentation, et l'application de la convention collective du secteur de l'animation.