Laurent Wauquiez : faire de la Région la "Silicon Valley européenne"

Par Karen Latour  |   |  668  mots
Laurent Wauquiez a appelé les startuppers et entrepreneurs à "chasser en meute". (Crédits : Karen Latour / ADE)
Mercredi 13 janvier, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s'est rendu dans trois startups numériques lyonnaises. Lors de sa rencontre avec les entrepreneurs, il a affirmé sa volonté de faire du territoire la "Silicon Valley européenne".

Une trentaine de startuppers et d'entrepreneurs se tiennent debout dans la salle de réunion d'Axeleo, startup lyonnaise. Une assemblée presque exclusivement masculine. Seule figure féminine, Juliette Jarry, notamment déléguée au numérique pour la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les conversations vont bon train, ce 13 janvier, quand le nouveau président de la région, Laurent Wauquiez, fait son apparition. Avec sa vice-présidente, ils se placent au milieu de la pièce. Tout proche, Christophe Dumoulin, cofondateur et président du conseil d'administration d'Axeleo. L'accélérateur de startups a déjà accompagné 20 entreprises, dont Tilkee. Alors qu'il présente sa démarche, son fondateur Sylvain Tillon s'avance et offre une peluche renard - logo de l'entreprise - à Juliette Jarry. Le ton est donné. Cette réunion prendra des airs de discussion informelle.

"Nous avons de l'or entre nos mains"

"Je suis venu pour entendre ce que vous attendez", entame le président de la Région, avant d'afficher clairement son objectif :

"Nous devons faire la Silicon Valley européenne en Auvergne Rhône-Alpes."

Pour cela, trois axes de développement doivent être renforcés. La formation, avec une approche plus générale. "Le numérique doit être présent dans toutes les filières, autant dans le droit que dans les sciences." Ensuite, la recherche, à améliorer. Ultime ambition : "Ne pas devenir un supermarché des fonds chinois ou américains." Autrement dit, ne pas perdre les jeunes pousses qui peuvent être capitalisées par les entreprises de la région.

"Je suis prêt à mettre de l'argent", affirme Laurent Wauquiez. Pour lui, le numérique et l'entrepreneuriat sont la vocation même de la Région. "Nous avons de l'or entre nos mains."

Alors que les startuppers sont invités à poser leurs questions, le débat s'oriente sur les interactions entre le privé et le public. Le numéro 2 des Républicains estime qu'il faut "casser ces barrières". Un constat que partage Juliette Jarry :

"C'est l'optique dans laquelle je suis, en tant qu'élue, mais aussi en tant que chef d'entreprise depuis dix ans. Je serai une passerelle. J'ai cette conviction qu'il faut reconnecter les deux secteurs."

Chasser en meute

Outre la création d'un campus numérique, qui devrait s'installer à Charbonnières-les-Bains, à la place de l'ancien siège du conseil régional, Laurent Wauquiez a également affirmé sa volonté d'alléger les démarches administratives des startups qui demandent des subventions, à l'Europe, par exemple. "Quand c'est trop lourd, et trop long, vous n'avez pas le temps. À la Région, nous devrons internaliser cette complexité."

Autre dossier abordé, la nécessité, selon lui, de "chasser en meute" à la manière des Länders allemands, des états américains ou des communautés autonomes espagnoles. Avec pour objectif de peser davantage à l'international. Une des priorités avancée par les entrepreneurs auvergnats comme rhônalpins.

Des paroles et des actes

"Nous avons senti une vraie dynamique", affirme Guillaume Vernat, cofondateur de Coffreo, startup installée à Clermont-Ferrand. Lors de la discussion, il a interpellé Laurent Wauquiez sur la question épineuse des barrières administratives. "Pour obtenir une aide de 4 000 euros, nous devons engager 6 500 euros de frais administratif."  S'il semble satisfait des éléments de réponse apportés par celui qui est également député de la Haute-Loire, "il va falloir attendre pour voir ce qui se passe dans les actes".

Même constat du côté d'Alexandre Vallin, directeur général de Soluti :

"Laurent Wauquiez est un homme politique acteur. J'apprécie cette énergie."

Dans deux mois, une table-ronde sera organisée avec la plupart des acteurs économiques présents. Avec pour objectif de formaliser leurs attentes. Du côté des startuppers, le rendez-vous est déjà pris.