La Métropole dévoile les premiers éléments de sa politique d'insertion

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(Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Avant une grande concertation sur l'insertion qui débutera fin avril, la métropole de Lyon a cadré ses attentes. Elle souhaite notamment rapprocher l'économie des personnes en difficulté. Mais certains acteurs restent vigilants sur la prédominance de la question du travail par rapport à d'autres vecteurs, comme le logement.

Depuis la fusion du Département et du Grand Lyon sur le nouveau territoire de la Métropole, cette dernière est en charge de la politique d'insertion. Et pour mettre en place la stratégie autour de cette nouvelle compétence, la collectivité va engager une large concertation à partir du 28 avril. Avec pour mot d'ordre d'établir "une dynamique entre le développement économique et l'insertion", souligne David Kimelfeld, 1er vice-président de la métropole de Lyon délégué à l'économie.

Rapprochement avec les entreprises

Le but est de favoriser les passerelles entre l'insertion et les entreprises afin de faciliter le retour à l'emploi. Pour cela, la collectivité souhaite s'appuyer sur son expérience : "nous avons montré, sur de nombreux grands projets, notre capacité à mettre les différents acteurs autour de la table", soutient le vice-président.

Des dispositifs, tournés vers les entreprises, devraient être mis en place. Il s'agit aussi de poursuivre le développement des clauses d'insertion dans les marchés publics, comme pour le chantier du Grand stade. La logique de filière pourrait être privilégiée, "permettant ainsi de réduire le grand écart qui existe dans certaines d'entre elles entre le besoin de main-d'œuvre et celle disponible." Les filières visées seraient notamment celles qualifiées "d'importantes" dans le développement économique de la Métropole (clean tech, sciences du vivant, etc.)

Logique de filières

Outre l'aspect social, il s'agit également pour la collectivité d'effectuer des économies. Chaque mois, 36 000 allocataires du RSA, sur les 46 000 que compte la Métropole, sont indemnisés par cette dernière. "Il est question d'équilibre budgétaire", estime David Kimelfeld.

Certains acteurs de l'insertion, qui saluent la mise en place d'une concertation, ne cachent pas pour autant leurs inquiétudes, si la politique d'insertion est uniquement tournée vers la question de l'emploi. "Le retour au travail constitue pour certaines populations un objectif à long terme. L'accès à l'emploi est un des vecteurs pour favoriser l'insertion, mais ne peut pas constituer l'ensemble de cette politique. Il faut prendre en compte les différents paramètres de la personne, et donc les différents freins qu'elle rencontre", explique Jeanine Chapot, directrice générale de l'Institut de Formation Rhône-Alpes (IFRA).

Inquiétudes des opérateurs

Les inquiétudes planent également sur les moyens alloués à cette politique. Dans un contexte où le budget de la Métropole est en recul de 7 %, les protagonistes demandent "de la visibilité". Du côté de la collectivité, "ce budget est stable en 2015", assure David Kimelfeld. Mais rien n'est décidé pour les années à venir.

Parmi les autres axes de développement de la politique d'insertion, la Métropole va revoir ses outils d'évaluation et modifier la gouvernance afin de gérer  avec "une plus grande efficacité" les fonds européens.

Cette concertation, qui devrait réunir 145 acteurs, sera synthétisée au mois de juillet. Les propositions seront élaborées au mois de septembre, avant l'adoption, d'ici le mois de novembre, du plan d'insertion de la Métropole.

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