Economie : les grands chantiers d’Eric Piolle

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Six mois après son élection, Eric Piolle a présenté son premier bilan.
Six mois après son élection, Eric Piolle a présenté son premier bilan. (Crédits : Marie Lyan)
Il avait pris la tête de Grenoble comme un symbole, le 30 mars dernier, à la barbe des socialistes. Le nouveau maire, Eric Piolle, revient sur les six premiers mois de son mandat à la tête de la ville. Tour d’horizon sur les grands chantiers économiques et promesses de campagne, ainsi que sur les réajustements à venir.

"J'ai fait ma rentrée des classes", a lancé mercredi Eric Piolle, conscient des attentes à l'issue de ces six premiers mois de mandat. "Six mois, c'est à la fois court mais suffisant pour apprécier le changement et l'innovation". Car des projets, le maire écologiste en avait plein les poches : baisse de la rémunération des élus, retransmission en direct du conseil municipal, réduction du parc automobile de la ville, organisation de débats citoyens, augmentation de la part du bio dans les cantines, coup d'arrêt au projet de l'Esplanade...

1 La rationalisation des dépenses

Mesure phare de la campagne, la baisse des indemnités des élus de 25% a entériné dès le premier conseil municipal, faisant ainsi passer l'enveloppe dédiée à la rémunération de 1,1 million d'euros à 864 000 euros, en commençant par le maire (-23%) et ses adjoints (-19%). Suivent ensuite les conseillers municipaux (-9%) et les conseillers sans délégation (indemnité de 304 euros non changée). "Il fallait revenir sur la hausse injustifiée votée en 2008", justifie Eric Piolle.

Afin de "mettre un terme au gâchis coûteux" des équipements en partie inoccupés, le conseil municipal a également voté le passage du Palais des Sports en gestion directe à compter de 2015 -jusqu'ici géré par une association-, ouvrant la voie à l'accueil de nouvelles manifestations. Même esprit avec le Stade des Alpes, où une délibération a acté la cohabitation du FCG et du GF38 au sein du stade tandis que des discussions sont en cours autour du futur d'Alpexpo.

Sur le front de la sécurité, la position du maire avait eu l'effet d'un symbole : "Une partie des 17 caméras de surveillance mises en place durant l'ancienne municipalité seront remplacées par de la présence humaine, tandis que le centre de contrôle des images, qui devait coûter 300 000 euros, ne verra pas le jour", a annoncé l'adjointe Elisa Martin, qui parle d'une mesure pragmatique, et non idéologique. "Il n'est pas certain que notre rôle soit d'être les adjuvants de la justice", affirme-t-elle. Lancée cet été, la patrouille équestre de 2 personnes, "qui a fait preuve de son utilité", sera par ailleurs reconduite l'an prochain.

 2 La révision des projets urbains

S'il s'est défendu d'une "logique de table rase bête et méchante" envers les projets de l'ancienne municipalité Destot, Eric Piolle avait promis la remise à plat de tous les grands projets d'urbanisme... La modification numéro 3 du Plan d'Urbanisme Local (PLU) met en effet un sérieux coup d'arrêt au projet de l'Esplanade, l'un des projets phares de l'ancienne municipalité. "Nous voulons protéger l'Esplanade et en faire un espace ouvert à toute la ville", a estimé Eric Piolle, dont le projet comprend désormais une extension de la zone verte, la préservation de la Grande Esplanade et la construction de 600 logements au lieu des 1200 annoncés.

Le sort de la ZAC Flaubert, qui prévoyait la construction de 2000 logements sur 20 hectares, est désormais lui aussi remis en question, à travers une consultation publique qui doit avoir lieu le 15 octobre prochain et qui prévoit une limitation des hauteurs de construction. Le projet de la Presqu'île, sera également revisité. "Ce projet, bien avancé, accuse déjà un déficit de 280 millions d'euros, dont 100 millions d'euros sont à la charge de la ville. Contrairement à la ZAC de Bonne où tous les réseaux étaient déjà existants autour, cette ZAC est difficile à équilibrer. Nous travaillons donc à des scénarios différents", explique Hakim Sabri, adjoint aux finances, qui rappelle l'importance de dessiner des projets à taille humaine.

Du côté de la création du nouveau pôle d'échanges de la gare de Grenoble à l'horizon 2017, des changements sont aussi à attendre lors de la présentation publique qui aura lieu prochainement. "Nous avons notamment décidé de supprimer une passerelle de plusieurs millions d'euros qui était mal conçue pour la remplacer par un sous-terrain plus accessible", affirme Vincent Fristot, adjoint à l'urbanisme. "Au final, cette décision devrait permettre d'économiser au moins 1 million d'euros".

3 Un budget 2015 à bâtir

Des économies dont la ville aura bien besoin pour boucler son budget 2015. Car après avoir parlé d'un "héritage contraignant" et "d'une gestion approximative des finances de la ville", Eric Piolle s'attaque désormais à la préparation du prochain budget, qui sera co-construit lors de discussions publiques préalables avec les citoyens, dont 150 ont reçu une première formation à la lecture d'un budget municipal en juin dernier. Evoquant une ancienne municipalité "prisonnière de ses fantasmes", concernant notamment "les projets de la Rocade Nord, de l'accueil des Jeux Olympiques, ou encore de tours de 200 mètres de haut", le maire rappelle que les dotations de l'État à la ville baisseront de 5 à 7 millions d'euros en 2015, idem en 2016 et 2017.

Un manque à gagner qui s'ajoute à la baisse déjà actée de 2 millions d'euros pour le budget 2014. "Cela correspond à la construction d'une école en 2015, puis de deux écoles à partir de 2016", ajoute le maire, qui table sur un redimensionnement des projets pour y parvenir. "Le budget que nous présenterons sera pour la ville au quotidien, 100% au service de la population, et non pas pour une ville fantasme", s'engage-t-il. Rendez-vous à l'automne pour les premiers débats d'orientation budgétaire.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2014 à 23:27 :
Itam a raison. Rien n'ai fait pour améliorer le réseau autoroutier grenoblois à 2x2 voies. Résultat depuis 10 ans, des bouchons records (hors Paris) qui rappellent ceux des pays du tiers monde. Vous en voulez la preuve ? Alors regardez le site de bison futé aux heures de pointe et vous pourrez comparer les 15 plus grandes villes française en 1 min.
a écrit le 09/10/2014 à 20:55 :
La question de gestion des finances publiques est certes intéressantes, mais comme toute dépense publique, il faut savoir chiffrer les bénéfices, ce que ne fait ni l'article, ni Monsieur le Maire Piolle:
- En prenant des postures sur le non élargissement de l'A480,
- en refusant de voir des "Tours" business à Grenoble,
- en freinant le développement de nouvelles zones d'habitats,
On réduit les dépenses certes, mais on ne fait pas rentrer non plus de bénéfices !

Quid par exemple des investisseurs qui étaient prêts à s'installer dans la tour de l'esplanade qui ne verra pas le jour ?
Quid des salariés payés dans les tortueux bouchons de l'A480 sans qu'ils soient vraiment à leur poste de travail ?
Quid des entreprises de BTP qui avaient misé sur Grenoble intramuros pour développer une offre de logements dignes de GIANT ou des pôles d'innovation ?
Quid donc des salariés employés dans ces grands chantiers ?
Quid des recettes fiscales dégagées par ces activités !!!!

Bref, avoir dans le viseur la dépense brute n'a jamais été ce qui a conditionné le fruit de la croissance, surtout lorsque l'on sait qu'environ 75% de l'investissement en France vient des collectivités territoriales.

Attention donc à ces visions journalistiques qui traitent les sujets à partir de communiqués de presse bien huilés par les cabinets politiques de Monsieur le Maire, sans bien mesurer les externalités négatives dans positions pour le moins étranges au sens économique...
Décidément la déception se fait sentir plus rapidement que prévue, car bien évidemment les visions populistes de police à cheval ou le développement de vélos en ville n'appartient pas à la vision EELV mais à une tendance sociétale, mais ce ne sont pas ces actions qui créent de l'emploi et de l'attractivité des territoires.
a écrit le 03/10/2014 à 17:29 :
Toujours des promesses ; à quand les actes ? il ne faut pas se payer de mots !pour l'instant , ville sale , explosion du nombre de clochards en ville , "tranquillité publique "loin d'etre assurée : la communication ne remplace pas les actes , et il ne suffit pas de remplacer "sécurité" par "tranquillité" !discours pour le moins terne en l'honneur de François Suchod : il vous faut trouver une plume Mr le Maire et votre adjointe également ...à propos , y-a-t-il à la mairie le quota légal de personnel en situation de handicap ??
Réponse de le 06/10/2014 à 0:01 :
Oh oui, des handicapés, ça, on peut dire que c'est pas ce qu'il manque au sein de la ville ....
a écrit le 03/10/2014 à 10:34 :
est-ce du journalisme de retranscrire sans analyse les dire des responsables ???
Je suis surpris de l'acceptation mot pour mot des déclarations des politiques (et Eric Piolle, n'en déplaise à ses propres déclarations relayées sans vergogne par les "journalistes" est un pur politique) sans aucune analyse critique
Réponse de le 03/10/2014 à 17:28 :
Tout à fait d'accord avec vous ! Non mais c'est quoi, un budget "co-construit" ?! Et en quoi la sécurité publique d'une villle de 160 000 habitants est-elle améliorée par deux fonctionnaires à cheval?
Réponse de le 06/10/2014 à 0:03 :
Le cheval permet d'avoir une herbe moins haute, moins de risque de chute et autres glissade ! ce dont les grenoblois ont bien besoin dans les parcs !
Réponse de le 27/11/2014 à 13:22 :
Vive les chevals!
Réponse de le 22/03/2015 à 13:53 :
On dit chevaux quand il y a plusieurs chevals.

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