Grand Lyon : réduction de 40 % des investissements sur le mandat

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©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie
©Laurent Cerino/Acteurs de l'économie (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Lors du précédent mandat, la Communauté urbaine de Lyon avait fortement accru ses investissements. Ils seront ramenés autour de 250 millions, en moyenne annuelle sur la mandature qui démarre.Taxe d'habitation et fiscalité des entreprises devraient augmenter.

La potion est connue. L'Etat fait des économies pour réduire le déficit de la Nation. L'effet sur les collectivités se traduit par une diminution des versements. « De 367 millions en 2011, la dotation globale de fonctionnement (DGF) sera ramenée à 228 millions en 2016 pour le Grand Lyon. C'est une baisse drastique », a reconnu une nouvelle fois Gérard Collomb, le président socialiste de l'institution communautaire, ce lundi, lors de la présentation du compte administratif 2013. Face à ces « gros nuages », selon l'image évoquée par Richard Brumm, vice président en charge des finances, quelles sont les marges de manœuvre de la Communauté urbaine ?

« L'ajustement se fera plutôt par des choix au niveau du Plan pluriannuel d'investissements », a précisé Gérard Collomb. Lors du mandat 2009/2013 le budget annuel moyen consacré aux investissements ressort à 450 millions d'euros. Il sera ramené autour de 250 millions pour les cinq prochaines années, soit une coupe de 40 %. « Nous reviendrons au volume des années 2002-2008 », a relativisé l'édile.

Le levier de la fiscalité

Parmi les opérations d'infrastructures incontournables : des travaux, toujours couteux, de mise aux nouvelles normes de sécurité, des tunnels du périphérique Nord et Fourvière et la fin du chantier du Pont Schumann. Des répercutions sont en revanche attendre sur d'autres dossiers, en procédant à des phasages, notamment l'Anneau des Sciences (périphérique Ouest). La réponse sera connue lors de la présentation du PPI (plan quinquennal d'investissement) en septembre ou octobre. Pour compenser l'amputation des dotations de l'Etat, le Grand Lyon utilisera le levier des impôts : taxe d'habitation et fiscalité des entreprises. « L'augmentation sera légère », a assuré Gérard Collomb. Par ailleurs, des financements seront recherchés, entre autres, auprès de Bruxelles, que la Communauté urbaine considère ne pas avoir sollicité autant qu'elle l'aurait pu, en particulier pour les grands ouvrages, comme l'Anneau des Sciences.

Les enjeux futurs

En attendant, Gérard Collomb et Richard Brumm se sont dits satisfaits des comptes 2013. L'autofinancement s'est élevé à 363,3 millions, en hausse de 4,4 % versus 2012. Cet accroissement « est dû, en grande partie, à l'évolution favorable des recettes fiscales », a expliqué le vice président aux finances. Ainsi, la fiscalité des entreprises a rapporté 359,1 millions d'euros (+ 8,3 %) et celle des ménages 137,9 millions (+6,5), largement liée au dynamisme démographique. Le vice-président Brumm a également insisté sur la bonne maîtrise de l'évolution de la dette atteignant 1,493 milliards d'euros (fin 2013). Quant à la capacité de désendettement (temps nécessaire pour la rembourser en utilisant l'épargne) elle n'est que de 4,1 années.

« Elle se dégradera un peu les années qui viennent, mais nous ne savons pas encore de combien », a reconnu Gérard Collomb. Reste aussi à réussir la création de la Métropole avec ses enjeux humains : de 4822 le nombre des agents sera porté autour de 8000 au 1er janvier 2015.

 

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Commentaires
a écrit le 25/06/2014 à 0:39 :
Curieusement aucun commentaire sur les dépenses de fonctionnement, probablement tout est parfait ... Il n'y a aucun doute l'organisation est efficace et très productive avec une très forte valeur ajoutée et une grande capacité à l'exportation. Comme tout le monde le sait c''est la voie de l'Excellence.
a écrit le 23/06/2014 à 19:09 :
Ainsi donc au lieu d'une diminution des dépenses, la création de la Métropole, apparemment échelon supplémentaire au gouffre sans fin du fameux mille-feuilles, va induire de nouvelles
dépenses,avec un doublement des agents payé par le contribuable.
Et pour quel résultat?
Réponse de le 24/06/2014 à 15:57 :
Malgré tout le mal que l'on peut penser d'une telle baisse de l'investissement public, il est impossible de laisser passer une erreur aussi grossière.
La Métropole lyonnaise = Communauté Urbaine du Grand Lyon + Département du Rhône (sur le territoire du Grand Lyon)
Le département du Rhône disparaîtra tout simplement, il n'est pas question de rajouter un échelon, mais d'en supprimer un.
Les fameux agents supplémentaires sont seulement issus d'un transfert d'une collectivité à l'autre.
Résultat des courses : une seule collectivité au lieu de 2, mais autant de compétences à gérer, donc autant d'agents territoriaux probablement.
La création de la Métropole ne va peut-être pas permettre de réduire les dépenses, sauf quelques doublons de compétences; elle va en tout cas gagner en lisibilité pour les citoyens.
Réponse de le 25/06/2014 à 8:03 :
simple transfert d'agent? ça c'est la théorie .
La réalité montre que les "collectivités locales" sont surtout douées pour embaucher de nouveaux fonctionnaires et accroitre la fiscalité. G collomb en est un bon exemple jusqu'à maintenant mais j’espère me tromper pour l'avenir

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